Les ogres de barbarie…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’oxymoron et du pudding aux carottes réunis, bonjour! Nous sommes le samedi 29 novembre 2014, 9è jour de frimaire dédié au genièvre. Cette boisson à base d’alcool de grain était très consommée au siècle dernier notamment dans 220px-La_maison_du_peketle Nord de la France. Au Québec cette boisson est appelée gros gin…d’où l’expression gros gin comme devin; mais naaaan, j’rigole! C’est l’effet du genièvre. Nos amis belges eux, disent Peket: Le mot peket signifie « piquant » en vieux wallon. Il provient sans doute du mot wallon « pèke » qui, dans certaines régions de Wallonie, signifie baies de genévrier. Il s’agit en fait d’un alcool fabriqué à base d’eau-de-vie de grains (orge maltée, blé, seigle, parfois avoine) aromatisée à l’aide de baies de genévrier. Il existe d’ailleurs à Liège, une maison du Peket.

Je méditais dernièrement sur le qualificatif de « barbare » régulièrement employé pour qualifier les actes du soit disant Etat Islamique au Levant (DAESH) ou encore des représentants en boucherie de Boko-Haram. Il y a quelques décennies, les barbares étaient d’un autre camp. Tenez, par exemple, il y a exactement 150 ans, de l’autre côté de l’Atlantique. Le massacre de Sand Creek est un évènement des guerres SandCreek_Posterindiennes aux États-Unis qui s’est produit le 29 novembre 1864, lorsque la milice du territoire du Colorado a attaqué un village de Cheyennes et d’Arapahos installé sur les plaines orientales (à l’est des montagnes Rocheuses). Le colonel John Chivington et ses 700 cavaliers attaquèrent le camp indien qui comptait 500 personnes, guerriers mais aussi femmes, vieillards et enfants. Au terme des combats, près de 150 Amérindiens furent massacrés. Selon les termes du traité de Fort Laramie de 1851, conclu entre les États-Unis et sept tribus amérindiennes dont les Cheyennes et les Arapahos, le gouvernement des États-Unis reconnaissait à ces dernières la propriété d’un vaste territoire englobant les terres comprises entre les rivières North Platte et Arkansas et s’étendant depuis l’est des montagnes Rocheuses jusqu’à l’ouest du Kansas. Cette région incluait ce qui forme aujourd’hui la partie sud-est du Wyoming, le sud-ouest du Nebraska, la plupart de la région sud-est du Colorado, et l’extrême ouest du Kansas. Cependant, la découverte d’or en novembre 1858 dans les Montagnes Rocheuses du Colorado, conduisit à la ruée vers l’or de Pikes Peak. Les autorités territoriales du Colorado firent pression sur les autorités fédérales afin que soient redéfinies les limites des terres indiennes.

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Le 18 février 1861, six chefs Cheyennes du sud et quatre Arapahos signèrent le traité de Fort Wise avec les États-Unis, par lequel ils cédaient la plupart des terres qui leur avaient été concédées par le traité de Fort Laramie. Les chefs Cheyennes étaient Black Kettle, White Antelope, Lean Bear, Little Wolf, Tall Bear et Left Hand; les Arapahos Little Raven, Storm, Shave-Head, et Big Mouth. La nouvelle réserve, qui représentait moins d’un treizième de celle concédée en 1851, était située dans l’est du Colorado entre les rivières Arkansas River et Sand Creek.  Les Cheyennes opposés au traité  soldat bleuprétendaient qu’il avait été signé par une petite minorité de chefs sans le consentement ni l’approbation des autres tribus, que les signataires n’avaient pas compris ce qu’ils signaient, et qu’ils avaient été corrompus par une large distribution de cadeaux. Après plusieurs années de conflit entre blancs et indiens dans le Colorado, une troupe d’environ 800 Cheyennes et leur chef Black Kettle se rendent à Fort Lyon afin de négocier un accord de paix. En compagnie d’indiens Arapahos commandés par le chef Left HandIls, ils s’installent ensuite dans un campement à Sand Creek.

En novembre 1864, partant de Fort Lyon, le colonel Chivington et 800 hommes mènent un raid sur le campement indien. Dans la nuit du 28 novembre, les soldats et miliciens s’enivrent aux alentours du camp. Le lendemain matin, Chivington ordonne à ses troupes d’attaquer.  Sans égards pour le drapeau des États-Unis flottant sur le camp, ni pour un drapeau blanc qui est brandi peu après les premiers coups de feu. Les soldats de Chivington massacrent la plupart des indiens présents, souvent désarmés.  Les estimations des pertes indiennes sont de 150 à 200 morts, principalement des femmes et des enfants. Bon nombre des cadavres sont chargemutilés, et pour la plupart ce sont des femmes, des enfants et des vieillards. Chivington et ses hommes coiffent leurs armes, leurs chapeaux et leur équipement de scalps et différents morceaux humains, y compris des organes génitaux, avant d’aller afficher publiquement ces trophées de bataille à l’Apollo Theater et au saloon de Denver. Plus tard, Chivington sera condamné pour sa participation à ce massacre, mais il a déjà quitté l’armée, et l’amnistie générale qui succède à la guerre de Sécession fait que des accusations criminelles ne peuvent être déposées contre lui. Toutefois, un juge de l’armée déclare publiquement que Sand Creek est « une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l’indélébile infamie, et de honte et d’indignation le visage de chaque américain. » L’indignation publique est intense face à la brutalité des massacres et la mutilation des cadavres, et aurait peut-être incité le Congrès des États-Unis à rejeter l’idée d’une guerre généralisée contre les Indiens du Midwest. Peut-être avez vous vu le magnifique film de Ralph Nelson Soldat bleu (1971) qui fait explicitement référence à cet épisode.

Voilà, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

    • erwandekeramoal

      Justement parce que il n’y a rien de plus humain que la barbarie… Merci d’être passé par ici.

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