Ainsi soit-elle…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Et bien voilà, à force d’en parler ça devait finir par arriver, nous sommes le lundi 3 novembre 2014, treizième jour monet-topinambours-1du mois de brumaire consacré au Topinambour. Curieuse plante à la vérité qui doit son nom à celui d’une tribu brésilienne dont certains membres furent amenés en France au début du XVIIè, les Topinamboux (tupinambas) ce qui amena Carl Von Linné à croire en l’origine brésilienne de la plante. On la nomme aussi artichaut de Jérusalem; cela viendrait là encore d’une déformation linguistique de l’Italien Girasol, le topinambour appartenant à la même famille que le tournesol. Admirez ces fleurs de topinambour magnifiées par le pinceau de Monet.

Cela n’a rien à voir avec ceci mais, le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce texte devait être présenté à de Gougesl’assemblée Nationale le 28 octobre de la même année. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa Déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et est morte guillotinée le 03 novembre 1793, ce qui justifie après coup qu’on en parle ici…

Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques. Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout Olympepour ses positions d’avant-garde, courageusement exprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes. Il a fallu attendre que les grandes questions de société sur les femmes, le racisme et les minorités se posent avec une nouvelle acuité au lendemain de la seconde guerre mondiale pour mettre enfin en lumière le souvenir tragique de de Gouges. Cette déclaration est sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et resta à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soit publiée, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult.

On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe est resté sur son petit nuage en attendant que ces messieurs groultdaignent se rendre compte que les femmes sont des hommes comme les autres. Le terme anglo-saxon de Human Right semble plus approprié en parlant de droits humains. Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque « expulsé » puisse nous donner de ses nouvelles.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. babelouest

    Vivent les femmes de caractère ! Il est arrivé à ma copine Chantal, il y a des années maintenant, de côtoyer Benoîte à la Section des Écrivains Socialistes en 1973, en vue des législatives : faute de candidats, Chantal s’est retrouvée trésorière de ce groupe qui comprenait François-Régis Bastide, Georges Conchon, Clara Malraux, Michel Bataille, Claude Manceron….

    Chapeau bas à Olympe de Gouges !

  2. Zap Pow

    Le français est, je crois, la seule langue où on parle de Droits de l’Homme, les autres parlant de droits humains (pas seulement l’anglais, mais aussi l’espagnol, le portugais…).

    Saluons Olympe de Gouges, anti esclavagiste, que l’abbé Grégoire a inscrit dans sa Liste des Hommes Courageux, femme libre qui disait du mariage religieux qu’il était le tombeau de la confiance et de l’amour, républicaine qui dénonça la dictature, humaniste qui voulut défendre le roi (comme beaucoup de républicains à l’époque, même si ça semble contradictoire).

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).