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Cochon qui s’en dédit…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du porc-no-chic et des pieds paquets réunis, bonjour!  Nous sommes le mardi 25 novembre, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du cochon… On dit qu’il y en a un qui sommeille en chaque homme… Dans le cochoncalendrier des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine; ce qui me fait me souvenir que j’ai promis à ma fiancée de planter un lilas… Et comme le disait mon aïeule: pour la Ste Catherine, le porc couine! J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à ma neveuse Katell. Oui, à l’Ouest du Pécos Couesnon, on dit Katell plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, ils faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine…Ma doue beniget!

Bon, c’est pas tout ça, j’ai un billet à écrire moi. Il me revient en mémoire le magnifique film militant de Jean-Louis Le Tacon, sous la direction de Jean ROUCH, c’était en 1979 je crois. Le titre: Cochon qui s’en dédit est à lui seul tout un programme. L’histoire: Cela fait trois ans que Maxime Duchemin essaie de faire vivre sa porcherie. Pour monter cet élevage hors sol, il s’est endetté auprès des banques et tout le travail qu’il produit ne lui sert qu’à rembourser les intérêts de ces emprunts. Maxime est devenu une machine, un esclave de cochon qui s'en déditl’élevage. Il passe son temps à nourrir les porcs, à les faire se reproduire, à les castrer, à couper les incisives, les queues, à nettoyer les excréments qui s’amoncellent, à gaver les bêtes d’antibiotiques et de compléments nutritifs… Il est pris dans une spirale dont il n’entrevoit pas le bout. L’élevage le submerge totalement : il occupe toute sa vie, ses pensées et même ses rêves.. Ce pamphlet d’une rare violence nous fait ressentir physiquement de quoi est faite la machine capitaliste de production. Maxime produit à partir du vivant qui n’est plus ici considéré que comme de la matière première malléable, transformable à volonté. Les syndicats agricoles s’arrangent pour que ce soient des jeunes qui s’occupent des élevages hors sol afin que toute la tradition du métier soit oubliée, perdue, et qu’aucune voix contestant le bien-fondé des techniques employées ne puisse s’élever. La quantité de travail à fournir est telle, pour simplement rembourser les emprunts, que l’éleveur devient à son tour une pièce de la machine productiviste. Maxime sait qu’il n’est qu’une pièce parmi d’autre, que le système lui a volé sa vie.
A l’ère des nitrates et de l’azote, et des fermes aux mille vaches il peut être bon de revoir ce film; je crois qu’on le trouve en DVD.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.