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De Cézembre à Sesimbra…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et du calamar à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 15 novembre 2014, 25è jour de brumaire dédié au faisan. Comme tous les retraités je suis très occupé et aujourd’hui j’ai fort affaire. Ceci pour vous expliquer pourquoi je poste ce billet déja paru ici même.

Avant d’ériger une statue à St Goldman-Sachs, par chez nous, c’est le jour où on célèbre St Malo. Dans les années 480, un 29 mars, aux environs de trois heure vingt, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez st malomais ça fait un peu moquette. C’est l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…), Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains, ces maudits païens qui continuaient à vénérer le grand Cornu au fond de forêts mystérieuses et à confectionner des drôles de mixtures à peine légales dans des chaudrons d’occasion…

Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? Une petite ile en face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée au Sud me répétait le père « La rouille » quand il m’emmenait relever ses casiers. Tiens, pour les férus d’étymologie: « On peut sans doute reconnaître dans la finale -bre le celtique -briga, « hauteur, forteresse ».    Quand Briga clôt un mot composé il se réduit à bre inaccentué ( comme dans Vinsobres dans la Drôme), l’accent se portant alors sur le premier terme du mot. Briga, que l’on peut rapprocher de Ben 02l’irlandais bri, du gallois bre ou du breton bre, « mont », est issu de la même racine indo-européenne que l’allemand berg. Il désignait chez les Celtes une hauteur plus ou moins fortifiée, servant de refuge en cas de danger, et sera par la suite supplanté par dunum. Le premier élément du nom de Cézem-bre provient, lui, de l’adjectif celtique segisama formé sur sego , « fort, puissant » Là aussi, la perte du -g- intervocalique a joué son rôle et réduit ségisama à sésam. Nous voilà donc en possession du prototype de Cézembre ( dont on s’aperçoit qu’il vaudrait mieux l’écrire Sézembre) : il s’agit de  *Segisamabriga qui signifie donc « la hauteur fortifiée la plus puissante». Notons, pour être complet, qu’il existe un cap Cézambre en Méditerranée face à Sainte -Maxime, ainsi qu’un petit port au sud de Lisbonne appelé Sesimbra, tous deux de même étymologie. » Sources:

Ah, les pique-niques à Cézembre avec… Oui bon, c’est une autre histoire! Revenons à notre ami Malo. Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire Cézembreet il devient l’évèque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les recettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt ; il venait d’inventer le sponsoring. Avec son copain Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RSA que leur versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Mais le gouvernement libéral de l’époque décida de mettre un terme au scandale de l’assistanat et nos saints se tournèrent vers les resto-du-cœur pour essayer de multiplier les pains…

Malo, lui, serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue a rejoint  l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët. Avouez qu’il y a fort longtemps que je n’en avais pas parlé…

Voila pour aujourd’hui, en attendant la prochaine livraison,  portez vous bien et à demain peut-être.