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Madame est chervis…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale ouvrière et du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le jeudi 06 novembre 2014 mais, je n’y suis pour rien. Le seizième jour de brumaire était généralement celui du chervis. Lorsque j’étais enfant, à bateaux-port-rhu-300x209Douarnenez, le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son œuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur.

Il est mort un 06 novembre en 1887 et était né le 4 octobre Pottier1816. Poète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez. Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier, terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul doute La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou l’Internationale. En voici une qui colle à l’actualité de façon criante. Elle a été écrite par François Brunel dans les années 1880 et est ici interprétée par Marc Ogeret.

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Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux Etats-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards. Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr Daumierl’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Comme quoi, on peut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables. Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au début des années 1900 et qui portaient le nom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont généré de nombreux « chefs-d’œuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier lillois Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ». Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier. Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et où il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. Après coup, je m’aperçois que j’ai déjà évoqué Pottier à plusieurs reprises mais, bon, abondance de bien… Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.