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Virement Debord…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la métempsycose et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 30 novembre 2014, dixième jour de Frimaire dans le calendrier républicain, dédié à la pioche. Allez, une citation de ce cher Victor, pour finir le mois et oublier les paradoxes de la démocratie.  « Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. – Soyons l’humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie.  « Choses vues » (1887), dans Oeuvres complètes, Victor HUGO.

Puisque novembre s’achève comme il a débuté, sous la pluie, et devant bon gré mal gré nous rendre à l’évidence, nous constatons que ce fut une année sans trompettes où si peu, sauf peut être celles de la renommée que G. BRASSENS trouvait fort mal embouchées. Je parle des champignons bien entendu ! Nous n’irons plus au bois, d’ici le printemps ne_travaillez_jamais02_webprochain; par ailleurs ce refrain me fait penser que j’ai mes lauriers à tailler et je ne peux guère compter sur une belle pour aller les ramasser. Tiens, il y a vingt ans nous quittait Guy Debord: Ce chantre de l’internationale situationniste nous avait passionnés en 1967 en faisant paraître « la société du spectacle ». L’histoire s’acharne à lui donner raison. Il était de ces gens courageux qui s’étaient insurgés contre la guerre d’Algérie en signant, en 1960, le fameux manifeste des 121. En 68, avec Raoul Vaneigem, ils faisaient figures de véritable références pour tous ceux qui voulaient changer le monde. Il a choisi de mettre fin à ces jours en novembre 1994. Aujourd’hui, ses analyses nous seraient des plus profitables pour décortiquer la société « bling-bling » . Alors, en sa mémoire, juste une citation extraite de « Panégyrique » 1989.

« J’ai d’abord aimé, comme tout le monde, l’effet de la légère ivresse, puis très bientôt j’ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps. »

Quand à votre serviteur, il s’en va vaquer à ses domestiques occupations. Contre sens s’il en est car vaquer signifie justement ne rien faire; emprunté au latin vacare « être libre, le chatinoccupé, vacant, oisif ». En vieux français, un vacant désignait un oisif, une personne en vacances, et celles-ci ont remplacé les vacations sauf dans le domaine judiciaire où elles désignent encore les périodes où les tribunaux interrompent leurs travaux. Dans la même famille on trouve aussi evacuare: faire le vide, en français moderne évacuation. Tous ces termes venant du latin vacuus à qui l’on doit le mot français vacuité. Bon, ben, dans quoi j’m’embarque là ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les ogres de barbarie…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’oxymoron et du pudding aux carottes réunis, bonjour! Nous sommes le samedi 29 novembre 2014, 9è jour de frimaire dédié au genièvre. Cette boisson à base d’alcool de grain était très consommée au siècle dernier notamment dans 220px-La_maison_du_peketle Nord de la France. Au Québec cette boisson est appelée gros gin…d’où l’expression gros gin comme devin; mais naaaan, j’rigole! C’est l’effet du genièvre. Nos amis belges eux, disent Peket: Le mot peket signifie « piquant » en vieux wallon. Il provient sans doute du mot wallon « pèke » qui, dans certaines régions de Wallonie, signifie baies de genévrier. Il s’agit en fait d’un alcool fabriqué à base d’eau-de-vie de grains (orge maltée, blé, seigle, parfois avoine) aromatisée à l’aide de baies de genévrier. Il existe d’ailleurs à Liège, une maison du Peket.

Je méditais dernièrement sur le qualificatif de « barbare » régulièrement employé pour qualifier les actes du soit disant Etat Islamique au Levant (DAESH) ou encore des représentants en boucherie de Boko-Haram. Il y a quelques décennies, les barbares étaient d’un autre camp. Tenez, par exemple, il y a exactement 150 ans, de l’autre côté de l’Atlantique. Le massacre de Sand Creek est un évènement des guerres SandCreek_Posterindiennes aux États-Unis qui s’est produit le 29 novembre 1864, lorsque la milice du territoire du Colorado a attaqué un village de Cheyennes et d’Arapahos installé sur les plaines orientales (à l’est des montagnes Rocheuses). Le colonel John Chivington et ses 700 cavaliers attaquèrent le camp indien qui comptait 500 personnes, guerriers mais aussi femmes, vieillards et enfants. Au terme des combats, près de 150 Amérindiens furent massacrés. Selon les termes du traité de Fort Laramie de 1851, conclu entre les États-Unis et sept tribus amérindiennes dont les Cheyennes et les Arapahos, le gouvernement des États-Unis reconnaissait à ces dernières la propriété d’un vaste territoire englobant les terres comprises entre les rivières North Platte et Arkansas et s’étendant depuis l’est des montagnes Rocheuses jusqu’à l’ouest du Kansas. Cette région incluait ce qui forme aujourd’hui la partie sud-est du Wyoming, le sud-ouest du Nebraska, la plupart de la région sud-est du Colorado, et l’extrême ouest du Kansas. Cependant, la découverte d’or en novembre 1858 dans les Montagnes Rocheuses du Colorado, conduisit à la ruée vers l’or de Pikes Peak. Les autorités territoriales du Colorado firent pression sur les autorités fédérales afin que soient redéfinies les limites des terres indiennes.

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Le 18 février 1861, six chefs Cheyennes du sud et quatre Arapahos signèrent le traité de Fort Wise avec les États-Unis, par lequel ils cédaient la plupart des terres qui leur avaient été concédées par le traité de Fort Laramie. Les chefs Cheyennes étaient Black Kettle, White Antelope, Lean Bear, Little Wolf, Tall Bear et Left Hand; les Arapahos Little Raven, Storm, Shave-Head, et Big Mouth. La nouvelle réserve, qui représentait moins d’un treizième de celle concédée en 1851, était située dans l’est du Colorado entre les rivières Arkansas River et Sand Creek.  Les Cheyennes opposés au traité  soldat bleuprétendaient qu’il avait été signé par une petite minorité de chefs sans le consentement ni l’approbation des autres tribus, que les signataires n’avaient pas compris ce qu’ils signaient, et qu’ils avaient été corrompus par une large distribution de cadeaux. Après plusieurs années de conflit entre blancs et indiens dans le Colorado, une troupe d’environ 800 Cheyennes et leur chef Black Kettle se rendent à Fort Lyon afin de négocier un accord de paix. En compagnie d’indiens Arapahos commandés par le chef Left HandIls, ils s’installent ensuite dans un campement à Sand Creek.

En novembre 1864, partant de Fort Lyon, le colonel Chivington et 800 hommes mènent un raid sur le campement indien. Dans la nuit du 28 novembre, les soldats et miliciens s’enivrent aux alentours du camp. Le lendemain matin, Chivington ordonne à ses troupes d’attaquer.  Sans égards pour le drapeau des États-Unis flottant sur le camp, ni pour un drapeau blanc qui est brandi peu après les premiers coups de feu. Les soldats de Chivington massacrent la plupart des indiens présents, souvent désarmés.  Les estimations des pertes indiennes sont de 150 à 200 morts, principalement des femmes et des enfants. Bon nombre des cadavres sont chargemutilés, et pour la plupart ce sont des femmes, des enfants et des vieillards. Chivington et ses hommes coiffent leurs armes, leurs chapeaux et leur équipement de scalps et différents morceaux humains, y compris des organes génitaux, avant d’aller afficher publiquement ces trophées de bataille à l’Apollo Theater et au saloon de Denver. Plus tard, Chivington sera condamné pour sa participation à ce massacre, mais il a déjà quitté l’armée, et l’amnistie générale qui succède à la guerre de Sécession fait que des accusations criminelles ne peuvent être déposées contre lui. Toutefois, un juge de l’armée déclare publiquement que Sand Creek est « une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l’indélébile infamie, et de honte et d’indignation le visage de chaque américain. » L’indignation publique est intense face à la brutalité des massacres et la mutilation des cadavres, et aurait peut-être incité le Congrès des États-Unis à rejeter l’idée d’une guerre généralisée contre les Indiens du Midwest. Peut-être avez vous vu le magnifique film de Ralph Nelson Soldat bleu (1971) qui fait explicitement référence à cet épisode.

Voilà, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Miel alors…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la nature naturante et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 28 novembre 2014, huitième jour de frimaire dédié au miel. Mieux vaut nectar que jamais disait mon aïeule dont l’humour n’avait d’égal que son le mielintérêt pour les lichouseries comme on dit à Douarnenez… Par ailleurs, elle n’aurait pas manqué de nous faire remarquer que ce jour en Bretagne est dédié à Eodez, celle-la même à qui son frère Tangi coupa la tête (je vous en ai parlé il y a peu) puis elle aurait rajouté, non sans insister sur sa maîtrise du subjonctif:  « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues. » Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende; pas celle de mon aïeule mais de Tangi et de sa sœur… Tiens, à propos d’Eode, voici le quatuor Eode pour Babelouest qui en a marre de mon jazz… Octuor en Fa Majeur de Franz Schubert. Extrait du concert du 4 août 2012 à l’église de Fertreve en partenariat avec l’Orchestre des Sages Folies:

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A propos de gourmandise, c‘est de manière très égoïste que je m’intéresse aux abeilles. Je suis en effet un gros consommateur de miel et je serai très marri si celles-ci cessaient de produire ce délicieux nectar qui explique à lui tout seul mon teint de rose et ma santé de fer… L’abeille étant le premier et plus important pollinisateur dont la nature nous ait dernier potdoté, l’humanité commettrai une folie en ne s’inquiétant pas de sa disparition. Or voici plusieurs boutiques par moi visitées et dont les rayons (amusant) sont désespérément vides si ce n’est quelques ersatz à la provenance douteuse. Pourtant, il est hors de question que les crêpes qui constituent l’essentiel de mes petits déjeuners soient enduites d’autre chose que de ce miracle de la nature. Je lance donc un appel aux lecteurs, aux twittos, à l’ONU, au SAMU, à Dédé l’Abeillaud, aux Pages Jaunes, à madame Irma, pour me signaler une adresse où je puisse me ravitailler avant l’hiver en miel breton garanti sans OGM, sans sirop de glucose et autres cochoncetés. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

Savez vous planter les choux ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 27 novembre 2014 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Choux Cabu, Chou-fleur, Chou de Milan , Chou à grosses côtes, petit Chou cœur de bœuf, etc. Cette crucifère comporte pas moins de deux cent variétés, certaines locales, toutes cependant étaient travaillées en cuisine, car ce légume a permis depuis la plus FILLE D OUVIER AGRICOLE JAMES GUTRIE 1859 1930 ÉCOSSAIShaute antiquité aux citoyens de ce monde de manger et quelques fois survivre aux famines, facile à cultiver dans pratiquement tous les types de terres, et dans les climats les plus rudes , se conservant longtemps après la cueillette, il fut presque déifié par les Égyptiens et par les peuples de toutes les religions et origines du bassin méditerranéen. Chanté par Caton, couronné de toutes les vertus, il n’y a qu’Apicius pour lui trouver des défauts. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et Sarkozy à la médiocrité crasse…(joli tableau de James Guthrie – peintre écossais) et je rajoute une comptine, message perso pour Malone.

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Le 27 novembre (du calendrier Julien, c’est à dire 9 décembre 1842) c’est la naissance de Kropotkine. J’ai souvent évoqué la figure de ce personnage dans mes billets car il a eu une importance singulière dans l’histoire de l’anarchisme quand bien même il était issu de la noblesse, descendant du grand prince de Kiev, Vladimir II KropotkineMonomaque. C’était par ailleurs un savant et on lui doit nombre de publications notamment de géographie.(Sur ce dessin, à gauche, il ressemble comme deux gouttes d’eau à un ami de Dinan) En 1883, à la suite des grèves des canuts dont je vous ai parlé récemment, il est arrêté. Il ne sera amnistié que grâce à l’intervention de Victor Hugo. Il va dès lors s’installer en Angleterre et collaborer à la rédaction de la géographie Universelle d’Elisée Reclus. Il retournera en Russie en 1917 et refusera le poste de ministre que lui propose Kerenski. Ses critiques vis à vis du pouvoir bolchevique se feront de plus en plus virulentes. On considère généralement, qu’après Fourier, Proudhon et Bakounine, c’est Kropotkine qui va donner à l’anarchisme la consistance idéologique qui lui manquait. Il va décéder le 8 février 1921 à Moscou. Son enterrement va constituer la dernière grande manifestation anarchiste qui sera tolérée à Moscou.
Allez, voila pour ce jeudi un peu frisquet, sortez couvert, portez vous bien et à demain peut-être.

L’estuaire tranquille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la marine à voile et du thé au jasmin réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 26 novembre 2014, 6è jour de frimaire dédié à la Mâche. Encore appelée « la doucette », elle est très cultivée dans le pays nantais mais elle existe aussi à l’état sauvage. On dit qu’elle est très riche en oméga 3 et peu calorique… Pour ma part, même en oméga, je ne suis pas riche mais je me soigne!

C‘est un 26 novembre 1966 que la centrale électrique sur la Rance fut connectée au réseau breton. À l’ouest, la pointe de la Brebis, à l’est celle du Briantais. À l’extrémité de l’estuaire  110929-rance-22de la Rance, l’usine marémotrice utilise inlassablement, depuis bientôt cinquante ans, la puissance des marées montantes et descendantes entre Saint-Malo et Dinard. Depuis, sans pétrole, sans charbon, sans nucléaire, elle fournit une partie significative ( La production de l’usine marémotrice de la Rance correspond à la consommation de la ville de Rennes.) des besoins régionaux.Un premier chantier d’usine marémotrice commence à l’Aber-Wrac’h (Finistère) en 1925, mais est abandonné en 1930 faute de financement.

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Les plans de cette usine serviront d’ébauche pour ceux de la suivante. L’utilisation de l’énergie des marées n’est cependant pas nouvelle, puisque de longue date des moulins à marée ont existé en des lieux touchés par la marée, et en particulier le long de la Rance. L’idée de construire une usine marémotrice sur la Rance revient à Georges Boisnier, en 1921. Les Rance_1507premières études visant à la conception d’une usine marémotrice sur la Rance remontent à 1943, par la Société d’étude pour l’utilisation des marées (SEUM). Cependant, les premiers travaux ne commencent qu’en 1961.  Pourquoi n’y a t-il pas d’autres réalisations de ce genre dans un pays où nous avons des taux de marnage exceptionnels ? Il est vrai que La construction du barrage a profondément modifié les équilibres écologiques de l’estuaire au point que l’on peut parler de « crise environnementale ». Quand aux lobbys pro nucléaire, ils ne désespèrent pas de monter une jolie petite centrale en Bretagne.                                                                     Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cochon qui s’en dédit…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du porc-no-chic et des pieds paquets réunis, bonjour!  Nous sommes le mardi 25 novembre, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du cochon… On dit qu’il y en a un qui sommeille en chaque homme… Dans le cochoncalendrier des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine; ce qui me fait me souvenir que j’ai promis à ma fiancée de planter un lilas… Et comme le disait mon aïeule: pour la Ste Catherine, le porc couine! J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à ma neveuse Katell. Oui, à l’Ouest du Pécos Couesnon, on dit Katell plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, ils faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine…Ma doue beniget!

Bon, c’est pas tout ça, j’ai un billet à écrire moi. Il me revient en mémoire le magnifique film militant de Jean-Louis Le Tacon, sous la direction de Jean ROUCH, c’était en 1979 je crois. Le titre: Cochon qui s’en dédit est à lui seul tout un programme. L’histoire: Cela fait trois ans que Maxime Duchemin essaie de faire vivre sa porcherie. Pour monter cet élevage hors sol, il s’est endetté auprès des banques et tout le travail qu’il produit ne lui sert qu’à rembourser les intérêts de ces emprunts. Maxime est devenu une machine, un esclave de cochon qui s'en déditl’élevage. Il passe son temps à nourrir les porcs, à les faire se reproduire, à les castrer, à couper les incisives, les queues, à nettoyer les excréments qui s’amoncellent, à gaver les bêtes d’antibiotiques et de compléments nutritifs… Il est pris dans une spirale dont il n’entrevoit pas le bout. L’élevage le submerge totalement : il occupe toute sa vie, ses pensées et même ses rêves.. Ce pamphlet d’une rare violence nous fait ressentir physiquement de quoi est faite la machine capitaliste de production. Maxime produit à partir du vivant qui n’est plus ici considéré que comme de la matière première malléable, transformable à volonté. Les syndicats agricoles s’arrangent pour que ce soient des jeunes qui s’occupent des élevages hors sol afin que toute la tradition du métier soit oubliée, perdue, et qu’aucune voix contestant le bien-fondé des techniques employées ne puisse s’élever. La quantité de travail à fournir est telle, pour simplement rembourser les emprunts, que l’éleveur devient à son tour une pièce de la machine productiviste. Maxime sait qu’il n’est qu’une pièce parmi d’autre, que le système lui a volé sa vie.
A l’ère des nitrates et de l’azote, et des fermes aux mille vaches il peut être bon de revoir ce film; je crois qu’on le trouve en DVD.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Hey, Joe…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 24 novembre 2014. Vous AOC_Saint-pourçain_2012n’allez pas me croire mais, dans certains calendriers, ce quatrième jour de frimaire, qui est comme chacun le sait désormais, dédié à la nèfle, est lui, consacré à Pourçain; saint homme qui a légué son nom à une commune qui à son tour l’a donné à un vin. J’ai une tendresse particulière pour ce vin de pays qui mériterait une meilleure réputation, notamment le rouge.

Tout à fait autre chose.
Joseph Vernon Turner Jr. voit le jour le 18 mai 1911 à Kansas City (Missouri). Son père périt dans un accident de train alors que Big Joe Turner n’a que quatre ans. Il commence très tôt à chanter dans les rue pour survivre et quitte l’école à quatorze220px-Big_Joe_Turner_Hamburg_1974_Heinrich_Klaffs_Collection_86-199x300 ans. D’abord cuisinier, il devient ensuite barman-chanteur dans les clubs de Kansas City où il rencontre le pianiste de boogie woogie Pete Johnson. Les deux font la paire et se produisent en 1936 à New York. Si le succès n’est pas au rendez-vous, ils sont tout de même remarqués et invités au spectacle From Spirituals to Swing au Carnegie Hall. Cette petite notoriété permet à Big Joe Turner d’enregistrer une première fois en 1938 le titre « Roll Em’ Pete », qui deviendra un classique et qu’il ré-enregistrera à maintes reprises.

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Reconnu pour sa voix puissante à la hauteur d’un physique imposant, Big Joe Turner se produit ensuite au fil des ans avec Duke Ellington, Count Basie, ou Art Tatum, tout en continuant à travailler avec Pete Johnson complice et ami de toujours. C’est en remplaçant Jimmy Rushing au sein du Count Basie Orchestra que Big Joe Turner est repéré par Ahmet Ertegun et Nesuhi Ertegun en 1951. Les deux futurs nababs du rhytm and big-joe-300x300blues et de la soul le signent sur leur jeune label Atlantic Records. La rencontre fait vite des étincelles avec  « Chains of Love » qui atteint le million d’exemplaires vendus trois ans après sa sortie. La machine est enclenchée et Big Joe Turner devient sans le savoir un inspirateur pour les pionniers du rock ‘n’ roll. Ses titres, « Honey Hush » (1953), « Shake, Rattle and Roll » (1954), « Flip Flop and Fly » (1955), et « Corrine, Corrina » (1956) sont non seulement d’énormes succès mais aussi des chansons reprises par tous les apprentis rockeurs. Celui qui est surnommé le Boss du Blues est en fait devenu un de ceux qui sont en train de déclencher une révolution culturelle qui va prendre le pouvoir dans les années suivantes. The Boss of the Blues en 1956 est d’ailleurs son disque le plus marquant. Après avoir conquis ce succès inattendu, il retourne à ses premières amours, le blues et le jazz. Puis, Big Joe Turner retourne à un certain anonymat, et continue de se produire sur scène et à enregistrer jusqu’en 1985. Il est terrassé par une crise cardiaque à l’âge de soixante-quatorze ans le 24 novembre 1985 à Inglewood (Californie). Ce géant à tous les sens du terme entre à titre posthume au Rock and Roll Hall of Fame en 1987. Sources

Voila pour ce jour, portez vous bien et à demain peut-être.

Le dernier des Mohicans…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du stoïcisme et de l’endive braisée réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le dimanche 23 novembre 2014, c’est à dire le troisième jour de frimaire ((mais non, pas fruits d’mer)  dédié à la chicorée. Vous connaissez tous les bienfaits de cette Moulin-à-café-Peugeotplante quasi miraculeuse qui produit aussi bien un succédané de café que de la bonne endive (chicon) et qui arbore une jolie fleur moins connue. Mon aïeule, à qui je dois cette éducation désastreuse, m’a élevé au bol de café plus qu’au verre de lait mais, elle n’imaginait pas un instant que l’on puisse faire un café sans y rajouter deux cuillers à soupe de chicorée Leroux. J’ai encore en souvenir celle que l’on incorporait obligatoirement au café après l’avoir moulu dans ce merveilleux petit ustensile aujourd’hui disparu…

Parlons peu, parlons blues… R.L. Burnside, né Robert Lee Burnside le 23 novembre 1926 à Harmontown, Mississippi, et mort le 1er septembre 2005 à Memphis, est un chanteur, guitariste et compositeur de blues. Il a vécu la majeure partie de sa vie à Holy Springs, dans l’État du Mississippi. R. L. Burnside a passé le plus clair de sa vie dans les collines du  R.L-Burnsidenord du Mississippi. Il a travaillé comme métayer et comme pêcheur tout en jouant de la guitare le week-end. Il a commencé à s’intéresser à la guitare peu après ses vingt ans en écoutant le disque de John Lee Hooker, Boogie Chilen (qui a inspiré les débuts de nombreux bluesmen comme Buddy Guy). Il a appris son style en écoutant également Fred McDowell qui habitait près de chez lui, ainsi que son cousin par alliance, Muddy Waters.

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Dans les années 1950 Burnside déménage du côté de Chicago, où plusieurs membres de sa famille sont assassinés ; après ces crimes, il retourne dans son État natal. La voix de Burnside est puissante et caractéristique, il joue aussi bien de la guitare électrique ou acoustique (avec ou sans bottleneck). 220px-RL_Burnside_1984son style ronronnant est caractéristique du country blues des collines du Nord du Mississippi, différent du blues du Delta. «Aujourd’hui à la mode, R.L. Burnside a longtemps vécu dans la misère et l’indifférence des Américains… En 1959, il retourne définitivement dans le Mississippi et ouvre un petit bar local dans lequel il joue et vend son wiskey maison.» C’est en 67 que Georges Mitchell, ethnomusicologue, découvre Burnside qui a mis guitare et ampli au clou pour survivre. «… Il faut attendre 1979 pour qu’il puisse vraiment sortir de l’ombre grâce au chercheur David Evans et à Gérard Herzhaft qui après les avoir rencontré dans le Mississippi rapporta ces enregistrements en France et les fait éditer chez Vogue.»( Extraits de La grande encyclopédie du blues de G. Herzhaft chez Fayard) Sans doute le dernier grand interprète du delta blues.

Allez, bon dimanche, portez vous bien et à demain peut-être.

Bon appétit, Messieurs !

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du sport pour tous et du filet mignon réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 novembre 2014, deuxième jour de Frimaire (et non pas fille-mère) dédié au turnep. Oui, bon, par chez nous on dit navet, ça fait plus franchouillard dans le pot-au-feu…

Tiens, encore un ministre qui démissionne ! Rendez nous Victor Hugo: Bon appétit, messieurs ! Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison ! (Ruy Blas – acte III). Dans le fouteballe, c’est pas beaucoup mieux; les petits arrangements entre ennemis me confortent dans l’idée que ce spectacle est de plus en plus détestable. Ma parole, ça tombe comme à gravelotteGravelotte. Ah oui, tiens, Gravelotte… Il faut remonter du 16 au 18 août 1870, lors du long match France-Prusse de 1870-1871, pour comprendre d’où vient cette expression.

Nous sommes en Lorraine, pas très loin de Metz. D’un côté, nous avons l’équipe de France, constituée d’environ 113 000 hommes, et de l’autre, l’équipe de Prusse, forte d’environ 190 000 soldats. Autant dire que le match, qui se déroule sur un espace ‘un peu plus grand qu’un terrain de foot, s’annonce déséquilibré, alors que, pourtant, personne n’a pris de carton rouge du côté français. Le capitaine de l’équipe de France est le maréchal Bazaine, son homologue adverse est le maréchal von Moltke.
Au coup de sifflet de l’arbitre (dont l’histoire n’a pas retenu le nom), la bataille commence. A la fin de la tuerie, on compte 12500 français hors de combat (dont 1100 tués) et 19200 allemands (dont 5000 morts). Aucun camp n’a une victoire des-matches-truques-dans-le-foot-mondialnette et Bazaine doit se replier dans Metz.Toujours est-il qu’au cours de cette bataille, il est dit que les balles et les obus d’artillerie tombaient avec une telle densité, que les participants à cette petite boucherie en ont été très impressionnés, au point que, renforcé par le nombre très important de pertes (les hommes tombaient comme des mouches), notre expression en est née. Elle ne s’emploie pas que pour la pluie, mais aussi lorsque diverses choses (généralement non souhaitées) se succèdent rapidement, comme des statistiques indésirables, des ministres ripoux ou des mises en examen dans le foot par exemple. Sources

Allez, c’est assez pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Pour chanter Veni creator…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du mutualisme social et des pieds paquets réunis, bonjour ! Nous sommes  le vendredi 21 novembre 2014 qui correspond au 1er jour de frimaire habituellement dédié à la frimaireRaiponce, jolie petite fleur bleue. Oui je sais, il se trouve encore quelques pataphysiciens pour affirmer que Le 21 Novembre 2014 est en réalité le Jeudi 19 As 142
St Courtial des Péreires, aérostier et inventeur. L’allégorie qui représente frimaire est toute symbolique. La scène de chasse ne fait pas qu’allusion à la saison, mais aussi au signe du Sagittaire (symbolisé en filigrane, en haut à droite) correspondant à cette période.

Le 21 novembre 1831, éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle va se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre canuts_revolte_pen travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique. Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini.

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Ils sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer canut sur le métierprétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué.

En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard canuts_plaqueécrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation.». Et alors, 180 ans plus tard… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

En attendant qu’on prenne les fourches, portez vous bien et à demain peut-être.