Noyés par balle…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 17 octobre 2014, 26è jour auberginede Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes et les uniformes aux flics et les flics à Papon et Papon aux pires saloperies qu’un individu puisse commettre. Triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961, mais la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous oblige à y revenir.

17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour protester contre le couvre feu imposer aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord. Selon Réné Rémond, notre siècle 1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens rafle 62sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération, n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.

Jean-Luc Einaudi a recueilli nombre de témoignages d’appelés du contingent affectés au service sanitaire, d’assistantes sociales et même de certains policiers décrivant la « vision d’horreur » qui les a saisis à l’entrée du Palais des sports ou du Stade de Coubertin. Les sévices sur les détenus se poursuivent jusqu’au 20 octobre où la salle de spectacle doit être libérée pour un concert de Ray Charles. Des centaines de dessin oas 61manifestants blessés ont été dirigés sur des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compte 260 blessés hospitalisés. Jean-Paul Brunet note que sur ces 260 blessés, 88 sont entrés entre le 19 et le 21, ce qui témoignerait de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre. Parmi les policiers, une dizaine a été conduite à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères. Certains des blessés hospitalisés viennent du Palais des sports où les 150 policiers qui assurent la garde des détenus se livrent à des brutalités dont le syndicaliste policier Gérard Monatte dira dans les semaines suivantes « …d’après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables ».

Cela relève peut-être de l’imprécation mais comment ne pas crier: Plus jamais ça ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

10 commentaires

  1. babelouest

    Quand des violents prétendent incarner l’État…. au nom par exemple « de l’ordre », il y a une constante qui veut qu’ils ne regrettent jamais ce qu’ils ont manifestement planifié. De leur part, est-ce de la peur ? Est-ce de la jouissance, du sadisme, de la haine ?

    Ce qu’a fait Papon à cette occasion-là, c’est en quelque sorte une forme de génocide, ou du moins de massacre sélectif d’Untermenschen vus par un homme qui n’en était pas à la première expérience de ce genre.

    Malheureusement, de ce genre d’évènement on parle bien moins (voire pas du tout) que de ce précédent auquel Papon avait collaboré avec zèle. Une amie se réjouit dans l’un des livres qu’elle vient de faire paraître, d’avoir enfin réussi après des années du lutte à faire reconnaître officiellement ce que les Tsiganes nomment le Poramjos, où la moitié (oui, la moitié) de leurs effectifs fut annihilée en même temps que d’autres, avec tellement moins de « publicité » !

    On notera que la violence du fait du Maître n’a pas cessé : il suffit de se souvenir du 22 février de CETTE ANNÉE, où des violences nombreuses et sans motif ont prétendu casser une manifestation festive à Nantes contre la construction d’un aéroport. Le nombre des participants (plus de 40 000) faisait-il peur au pouvoir ? On notera, et les témoins abondent, que pour discréditer le mouvement, des casseurs manifestement rétribués sur les fonds de l’Intérieur, ont effectué des déprédations, malgré des spectateurs indignés.

    La haine venue d’En-Haut ne faiblit pas.

    • erwandekeramoal

      Peux-tu rajouter les coordonnées du livre de ton amie. Merci à toi et bonne fin de semaine.

      • babelouest

        Eh bien, voici Arlequine, un bouquin assez décoiffant. On emploie ce terme à toutes les sauces, mais là….

        • erwandekeramoal

          Ah oui, je suis toujours avec intérêt son blog et son compte twitter.

  2. Le Page

    « …des dizaines , peut-être des centaines d’Algériens sont tués… ». Des milliers peut-être des dizaines de milliers ?
    Dommage de « pourrir » un bon blog avec des arguments frelatés relevant d’une propagande idéologique.
    Moi, ce qui me plaît ici, c’est la Bretagne. Ses calvaires de granit, ses landes, ses embruns, ses mythes avec ses saint qui marchent en portant dans leurs mains leur tête fraîchement tranchée, sa langue si lointaine mais qui commence à devenir familière, et puis ses crêpes de sarrasin bien sûr.
    Restez en Bretagne, c’est ce que vous semblez connaître le mieux, s’il vous plaît.

    • erwandekeramoal

      « arguments frelatés relevant d’une propagande idéologique. » J’ai peur de deviner l’idéologie qui se cache derrière vos propos. Pour ma part, je ne roule pour aucune d’entre-elles et, en règle générale je vérifie mes sources. Plus personnes aujourd’hui ne conteste les chiffres avancés. L’attachement à un territoire, fut-il aussi mythique, et mystique, que la Bretagne, n’empêche pas un fort sentiment d’universalisme. Et une grande tolérance…la preuve.

      • Le Page

        Je réitère: « …des dizaines, peut-être des centaines… » et puis vous: « Plus personnes ne conteste aujourd’hui les chiffres annoncés. »
        Ne cherchez pas d’idéologie derrière mes propos pas plus que la recherche de la Vérité, chacun à la sienne, mais simplement l’exactitude et les chiffres sont là pour ça. Quand ils sont suivis ou précédés de « peut-être », ils ne sont que douteux.
        Bonne journée, le temps s’annonce ensoleillé.
        Sans animosité aucune.

  3. Rém*

    Ce tragique 17 octobre 1961, j’étais chez « la grande muette », la sourde-muette de l’armée, des conscrits: convalescent d’une grave crise de paludisme, contracté lors de mes séjours d’été 59 et 60 comme étudiant-stagiaire en Algérie en guerre (à 20 et 21 ans). Mon médecin avait pensé que je serais réformé du fait du paludisme. Le médecin militaire du conseil de révision en avait rigolé : Le palu? Bof, tu verras ça chez plein de bons sous-off alcooliques de notre vaillante armée en Algérie !! : tu es « BON » pour le service !
    Ouf, le rapport des RG ou autre m’ayant fiché « proche du FLN », je fus d’abord envoyé en Allemagne, puis en Algérie… après le cessez-le-feu de mars 62, ce qui me donna l’occasion de VOIR l’allégresse du peuple algérien à son indépendance de juillet… Un des plus émouvants jours de ma vie.

    Libéré fin 62 après 2 ANS d’armée, ce n’est qu’en 1964 que j’entendis parler, VAGUEMENT, du 17 octobre 61 parisien…: pour des faits « dérangeants », la CHAPE de PLOMB imposé par les pouvoirs sur les médias ne date pas d’aujourd’hui !! C’est aussi une leçon de cet épisode tragique de notre histoire barbare… A bas l’armée et le pouvoir étatique raciste !

  4. Zap Pow

    Profitons-en pour rappeler que ce sont les vils Mahométans qui nous ont apporté l’aubergine.

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