La vie augmente…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des banquets républicains et du fromage de tête réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 18 octobre 2014, vous lisez le 1969è billet posté chez « les cénobites tranquilles » ce qui tend à prouver que vous êtes encore devant votre écran d’ordinateur… Est-ce bien raisonnable ? Nos aïeux Républicains avaient consacré ce 27è jour de vendémiaire au piment. Essayez donc d’en mettre un peu dans votre quotidien, de la fantaisie, de l’impromptu, surprenez vous, osez, sortez des chemins battus et, comme le dit cette vieille chanson libertaire du XIXè siècle: Amusons nous, faisons les fous, la vie passera comme un rê-ê-ve

En attendant, me revoici à mon tour, devant mon écran avec autant d’inspiration qu’une poule devant une clef à molette. Parler , et entretenir ce sentiment diffus et frustrant de prêcher dans le désert, de parler à un mur, de pisser dans un violon, de peigner la girafe bref, de bricoler dans l’incurable. Car, oui, le blogueur est comme le pêcheur au bord de l’eau, il lance sa ligne, ses lignes, et il attend que ça morde. Il rêve de pêcheurla pêche miraculeuse, des milliers de lecteurs qui auront sucombés à la tentation du bon mot, et qui, dans un cri unanime, à travers mille et un commentaires enthousiastes viendront l’encourager à poursuivre sa croisade.

Mais le voilà tel le chevalier de la Mancha guerroyant contre les moulins à vent, dénonçant l’indicible, fustigeant les nantis, vilipendant les gens de robe, apostrophant ceux qui nous guillevicgouvernent sans jamais connaître l’écho de ses prouesses. Non vraiment, je le dis à tous ceux qui descendent dans la rue pour protester, parce que tout augmente; non la retraite n’est pas un long fleuve tranquille, ni une sinécure si vous avez choisi d’abreuver quotidiennement les sillons du web. S’il vous faut chaque jour, sur le métier remettre votre ouvrage. Ah, revienne le temps béni des cadences infernales, des heures sup’ et des journées qui finissaient à pas d’heure…
Enfin, quand je dis: tout augmente, relisez ce poème de Guillevic:(C’est vrai qu’il ressemblait à Robert Hue…)

Quand on nous dit :
La vie augmente, ce n’est pas
Que le corps des femmes
Devient plus vaste, que les arbres
Se sont mis à monter
Par-dessus les nuages,
Que l’on peut voyager
Dans la moindre des fleurs,
Que les amants
Peuvent des jours entiers rester à s’épouser.
Mais, c’est, tout simplement,
Qu’il devient difficile
De vivre simplement.

Allez, je plaisante bien sûr, mais quand je vous aurais remercié pour votre visite, j’aurai presque mis un point final à ce billet et dès lors, je pourrais écrire: Portez vous bien et à demain peut-être.

3 commentaires

  1. Rém*

    Eugène Guillevic ressemblait à Robert Hue… écris-tu. ERREUR ! C’est l’inverse…
    Guillevic disait (citation de mémoire, approximative) « Je n’écris pas de poème-politique. Toute mon œuvre est politique. »
    A l’inverse, sa pâle copie, a fait et rabâché du bla-bla politique-politicien : et là c’est l’inverse de la poésie. Guillevic était de granit breton. Hue de lisiers porçins qui assassinent les eaux bretonnes…
    Un lecteur qui a mordu à ton hameçon de pêcheur en eaux claires. Qui existent toujours, ne serait-ce que dans nos imaginaires, qui fécondent l’avenir.

  2. Elly

    Le poisson rouge que je suis a mordu à l’hameçon.

    • babelouest

      Allons Elly ailée, il faut se ressaisir….

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