Faut plus d’gouvernement…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale ouvrière et du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le vendredi 03 octobre 2014 mais, je n’y suis pour rien. Le treizième jour de vendémiaire était généralement le jour de l’Immortelle. Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez, le fond de la ria du Port-Rhu était bateaux-port-rhu-300x209notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son œuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur.

Demain, nous célébrons sa naissance ( 4 octobre 1816 ) enfin, Pottierc’est facultatif hein ! Poète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez. Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier, terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul doute La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou l’Internationale. En voici une qui colle à l’actualité de façon criante. Elle a été écrite par François Brunel dans les années 1880 et est ici interprétée par Marc Ogeret.

Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux Etats-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards. Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr l’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Même si cette chanson fut récupérée par l’URSS, elle garde sa coloration libertaire.

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes,

Ni Dieu, ni César, ni Tribun,

Producteurs sauvons-nous nous-mêmes,

Décrétons le salut commun. »

Comme quoi, on peut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables. Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au début des années 1900 et qui portaient le Daumiernom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont généré de nombreux « chefs-d’oeuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier lillois Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ». Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier. Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et où il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

3 commentaires

  1. lediazec

    Salut le Cénobite. Comme dirait le goguettier (terme que je découvre, comme bien d’autres par ici) tout est dit, tout a déjà été dit, et bien dit !
    Reçu ta superbe carte postale. Elle est dans mon polar dont je découvre, horrifié, à la relecture, encore quelques coquilles sur la page abandonnée !
    Merci et bonne journée a toi !

  2. Rém*

     » Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et où il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. »
    C’est très exactement ce que doit se dire le « cénobite pas si tranquille que ça » sous sa capuche, dans un bar où une partie de l’assistance se fout de lui, cependant qu’à l’autre bout de l’estaminet une superbe chanteuse de jazz (?) l’ignore superbement! Et encore, ça date : tout le monde fume là-dedans, à commencer par la patronne à l’opulente poitrine…
    C’était ma description de la superbe carte postale reçue hier, signée Erwan… qui m’a piqué au passage mon adresse postale sans daigner me donner la sienne, ou son adresse mail : à se demander s’il ne travaille pas pour La Redoute ou pour plus redoutable encore… ah non, j’y crois pas !
    « Pisqu’y fô pu d’gouverne-ment »…

  3. babelouest

    Eh Rem*, puisque le gouverne ment, faut lui rentrer dedans ! J’ai vu la fameuse carte postale hier, sur ton mur : c’est vrai qu’elle est belle. Comme est belle la photo que tu m’as donnée.

    Quant à l’Erwann, un jour il faudra bien aller dévaliser sa cave, pleine d’élixirs tourbeux et de torrents écossés…….

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