Vous lisez actuellement les articles publié le octobre 1st, 2014

Page 1 de 1

A la saint Melar, il n’est pas trop tard…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la dérision et du civet de lapin réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 1er octobre 2014, 10è jour de vendémiaire dédié à la cuve… Allez savoir ce qui s’est passé dans la tête de Fabre d’Eglantine, il avait peut-être mal aux cheveux ce jour là.

En Bretagne, demain c’est la St Melar qui n’avait, nous dit-on, St Melarque 7 ans quand son père, Miliau, fut traîtreusement tué par Rivode son frère. Celui-ci s’en prit ensuite au fils de sa victime, lui faisant couper la main droite et le pied gauche pour l’empêcher de manier l’épée et de monter à cheval. Il finit par le faire assassiner près de Lanmeur, où une partie de ses reliques fut gardée dans la crypte jusqu’aux invasions normandes. Vous remarquerez que les mœurs à cette époque étaient autrement plus raffinées… De Lannéanou à Plouigneau (dans le Finistère), le chemin porte le nom de Hent sant Melar.

Rappel historique selon Albert Le Grand :  « Les histoires de Bretagne nous aprennent qu’aprés la mort d’Alain II. du nom, surnommé le Long, onzième Roy de Bretagne Armorique, avenuë l’an 670. Daniël, surnommé Drem-Rutz, fils de Jean, Comte de Cornoüaille, parvint à la couronne, &, de la fille de l’Empereur Leonce, ou Leon II. eut deux enfans, les Princes Budic & Maxence. Budic partagea le Royaume avec Macliau Saint Melar 2Comte de Vennes, & prit pour soy le Royaume Dononéen, ou de basse Bretagne, & eut de sa femme trois fils, Theodoric, Meliau & Rivode. Budic mort, Maxence, son frere, s’empara du Royaume & en expulsa ses néveus; mais Theodoric, venu en âge de porter les armes, fit la guerre à son oncle Maxence & le contraignit de luy rendre son royaume, &, craignant que S. Guigner, fils de Clyton, Roy d’Hybernie (qui étoit descendu en Bretagne avec 300. compagnons) vint au secours de Maxence, il les mit tous à mort, &, en punition de ce massacre, il perdit son Etat, car il n’eût qu’un fils, nommé Inocus, lequel se fit Prestre; & ainsi, après sa mort, le Royaume parvint à son second frere Meliau, père de nostre saint Melar; lequel, ayant regné sept années en grande prosperité, fut traîtreusement tué par son frere Rivodius. »

Voici donc, chers lecteurs, la triste et éprouvante histoire de ce pauvre Mélar qui fut toute sa courte vie en butte à la méchanceté du cruel Rivode, son oncle. Celui-ci essaya de l’empoisonner, lui fit couper une main et un pied, On dit la crypte à Lanmeurqu’après sa guérison, les amis de son défunt père lui firent adapter une main d’argent et un pied d’airain, lesquels se seraient mus comme s’ils étaient des membres à part entière, ce qui lui valut une certaine habileté. In fine Rivode, après avoir assassiner le père fit décapiter le fils. Quand j’vous dit que les barbus de Etat islamique en Irak et au Levant sont des enfants de choeur à côté de ces gens là… A gauche, la crypte saint Mélar à Lanmeur. Et, Albert le Grand de continuer: « Cét assassinat ne resta pas impuny, car Kyoltanus, ayant présenté la teste de S. Melaire au tyran Rivode, monta sur la montagne prochaine, pour contempler les terres qui luy avaient esté promises; mais, si-tôt qu’il eut levé la veuë pour les regarder, les yeux luy tomberent de la teste, &, peu après, il mourut miserablement; quant à Rivode, il devint furieux & enragé, & mourut, le troisième jour de sa maladie, sans avoir joüy des Estats qu’il avoit tant desirés. » Biens mal acquis…

La tradition rapporte qu’un jour, saint Mélar, qui cheminait sur la route allant de Carhaix à Lanmeur (ancienne voie romaine) près de la ferme de Guerlavrec entre Botsorhel et Plouigneau (je connais bien le coin pour y avoir résidé quelques années), la chapellenon loin de la chapelle Saint-Éloy, aperçut deux cavaliers ennemis qui le poursuivaient. Le saint se recommanda aux soins de la Providence et se coucha par terre, au bord du chemin : miracle, la terre s’enfonça sous lui, formant une fosse proportionnelle à sa taille, les herbes et les fleurs se rejoignirent par-dessus de sorte que les assassins passèrent sans le voir. Cet endroit, appelé Gwélé Sant-Mélar (« Le lit de saint Mélar ») est situé dans l’enceinte de la chapelle. La légende dit qu’à la fosse appelée Gwele sant Velar, l’herbe ne poussait pas, la neige ne restait pas. On prenait d’ailleurs garde de ne pas labourer à cet endroit sacré. Les enfants malades y étaient allongés pour obtenir leur guérison. A droite, la chappelle saint-Eloy à Plouigneau.Voila, c’est un peu long mais, quand on aime…

Allez portez vous bien et à demain peut-être.