Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’histoire bretonne et des cailles au raisin réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 19 septembre 2014 qui fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier  républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée…

En Bretagne on honore les Riware qui a laissé son nom à la commune de Lanrivoare. Lanrivoaré est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Milizac. Cette commune doit son origine à la création d’un ermitage par Rivoaré (frère dela croix Riwanone et oncle de Hervé). Lanrivoaré était autrefois une trêve de Plourin et dépendait de l’ancien évêché du Léon. Paroisse de l’ancien archidiaconé d’Ach, sous le patronage de saint Rivoaré, ou saint Riwal, oncle de saint  Hervé, qui est honoré en Cornouaille dans la trêve de Saint-Rivoal, en Braspart, et c’est peut-être à cause de sa parenté avec saint Hervé, qu’il est considéré comme ayant une grande puissance sur le démon, dont auraient hérité les Curés ou Recteurs de Saint-Rivoal, qui, selon la tradition populaire, ont la charge de conduire dans les marais du mont Saint-Nicolas les démons ou sorciers transformés en chiens noirs (ki du), qu’ils ont conjurés.

Rivoaré aurait été le chef d’une tribu d’émigrés bretons qui aurait été immolée par des païens en haine de leur foi, et c’est en souvenir de ce massacre qu’on aurait conservé leurs restes cimetièredans un cimetière tout particulier, entièrement dallé, dans lequel on ne pénètre qu’en se déchaussant (photo de gauche). On y voit une croix au pied de laquelle se trouvent sept pierres rondes ayant quelque analogie avec la forme des pains de ménage. On dit que ces pains furent changés en pierre par saint Rivoaré à l’étalage d’un boulanger qui lui aurait refusé l’aumône. Ce cimetière est dit communément, des 7777 Saints martyrs. Mais en breton, l’on dit 7 mille, 7 cents 7 vingts et 7 — c’est-à-dire 7847 — auxquels, si on ajoute les 7 pierres de la croix, on trouve le chiffre 7854. Tout le monde suit ? Je continue. Cette pédagogie druidique a laissé quelques traces dans les chants scandés tels le fameux « vêpres des grenouilles« . Comme ici par les non moins fameuses sœurs Goadec.

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Ce nombre de 7 répété à dessein a intrigué les savants qui ont voulu y voir un nombre mystérieux, et M. de Kerviler, sans vouloir nier la tradition d’un massacre de chrétiens en ce lieu, y voit une formule des anciens druides rendant facile à retenir, la théorie du cercle et en même temps mettant en relief druidel’importance des nombre 7 et 3. « Etant arrivés, dit-il, à trouver que la circonférence de 10 unités de diamètre avait une longueur de 314 unités, ils en avaient conclu que la surface d’un cercle était de 7854 unités carrées, et remarquant ensuite que ce nombre contenait l’expression de propriétés merveilleuses sur le nombre 7 et sur le nombre 3 ils en firent l’objet d’une légende mnémonique pour leurs adeptes ». Cette légende nous aurait été conservée grâce à ce nombre des « 7 mille 7 cents 7 vingts et 7 Saints martyrisés, et des 7 pains de saint Hervé », que les nouveaux convertis ont adopté sans y voir trace d’une opinion scientifique quelconque. Sources:

Bon et bien voilà, encore une histoire de saints mais, il y avait longtemps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. babelouest

    Salut Camarade Erwan. C’est saint patick, cette évocation.Au point que soudain, il pleut pour la première fois depuis trois semaines, au moins.

  2. Rém*

    Et comment s’appelle le « saint païen et savant cénobite » des Highland qui démontra scientifiquement que la démocratie formelle était une farce… et le peuple en marche une force ???
    Je crois qu’un certain Shakespeare en parle dans l’histoire de « la forêt qui marche »…

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