La poésie, nom de Dieu…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 09 septembre 2014, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblon dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie. Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ?
L’homme du jour est Etienne MALLARME dit Stéphane mallarméMALLARME. Il est à mes yeux l’un de nos plus grands poètes. Il est décédé à Valvin le 09 septembre 1898 et, avec Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Desnos, il a marqué mes jeunes années. Auteur d’une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l’initiateur, dans la seconde moitié du 19è siècle, d’un renouveau de la poésie dont l’influence se mesure encore aujourd’hui. En médaillon ici à gauche, un portrait de Mallarmé signé Nadar. Et pour notre plus grand plaisir, la merveilleuse voix de Daniel Mesguich récitant « apparition ».

 

 DON DU POEME.

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée!
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas! mornes encor,
L’aurore se jeta sur la lampe angélique.
Palmes! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.
O la berceuse, avec ta fille et l’innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance:
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour les lèvres que l’air du vierge azur affame?

Voilà pour aujourd’hui, passez une bonne journée, portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. Rém*

    Aïe!… Fallait bien, quand même, qu’il y ait « un os dans l’potage » d’entre nous deux!
    L’os s’appelle Mallarmé!
    Anecdote d’il y a 55 ans. Un très bon pote – jeune poète comme moi – m’emmène un jour à Valvin, charmant village en bords de Seine, face à la forêt de Fontainebleau. Sur place, il me révèle que c’est pour découvrir la demeure cossue de Mallarmé, y caresser la plaque commémorative (« ici vécu… ») de Mallarmé. Pique-nique en bord de Seine. « Pourquoi t’as pas touché la plaque? » – « pa’ce’ke j’aime pas ce mec! »…
    Il s’ensuit 1 ou 2 heures de « dispute littéraire » où l’on s’assassine d’injures, avant de repartir fâchés, chacun sur son vélo… Six mois de séparation, avant de se réconcilier enfin… grâce à une « muse » commune qui passe d’un lit à l’autre (et à d’autres, mais c’est hors-sujet).
    Moralité ?
    Le vrai poète est la dite « Muse » !!… C’est ce que reconnaît Paul Fort dans « Petit Verglas » -immortalisé par Brassens- lorsqu’il avoue « Que c’est bête un poète! ».

    Et hop ! y’a'pu’dosse dans l’potage d’entre Erwan et Rémi…

  2. Christine

    Dans cet aboli bibelot d’inanité sonore, l’os à moelle peut donc être une antanaclase ?

    • Rém*

      Bien vu, muse Christine !
      Et la moelle dans l’potage, ça c’est du bon, c’est du poème
      (poème : résumé de « potage que j’aime »)…

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