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Etienne DOLET…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Si j’en crois mon calendrier républicain, nous sommes le dimanche 03 août 2014, seizième jour de thermidor, dédié à la guimauveguimauve. Autrefois on utilisait la racine de cette plante pour produire la fameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’os d’animaux… Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de droite); c’est bon pour les dents, disait elle… Nous on préférait le bâton de réglisse.

Tout à fait autre chose.

Vous ai-je déjà entretenu de Étienne Dolet ? On le disait fils illégitime de François 1er. Il consacra sa courte vie à faire valoir la raison. La ville de Brest avait imaginé donner son nom à une station de son tramway; hélas, pas plus que celui de Nathalie LEMEL, son nom n’a été retenu…Vox populi, vox Dei.
Le 3 août 1546 donc, mort d’Étienne DOLET, brûlé vif sur la place Maubert à Paris. C’était là le bûcher réservé aux etienne doletimprimeurs. Libre penseur, et humaniste français, il naît à Orléans en 1509, c’était déjà un 03 août, après des études à Paris puis une tournée dans les universités de Padou (Italie) et de Toulouse, il se fixe à Lyon où il travaille comme linguiste et philologue érudit pour le célèbre imprimeur Sébastien Gryphe. En 1536, il tue accidentellement un agresseur. D’abord jeté en prison, il est ensuite gracié. Il s’installe alors à son compte comme imprimeur, et publie des almanachs populaires, des satyres sociales et religieuses mais aussi Rabelais, Érasme, etc.

En 1538, les ouvriers d’imprimerie se mettent en grève pour réclamer un meilleur salaire et une meilleure nourriture, Étienne Dolet se rallie à leurs justes revendications et lutte à leurs côtés. Ce qui suscite la haine de ses confrères qui le statue doletdénoncent à l’Inquisition. Arrêté, autant pour son soutien aux compagnons imprimeurs que pour ses écrits et publications contre les dogmes de l’Église, il est emprisonné de 1542 à 1546. Repris après une évasion, il est enfermé à la Conciergerie avant d’être brûlé vif avec ses livres, place Maubert.
 » Non dolet ipse Dolet, sed pro ratione dolet » (Dolet ne s’afflige pas sur lui-même, mais s’afflige pour la raison).Sources :Éphéméride anarchiste.A droite sa statue (place Maubert) avant qu’elle ne soit fondue pour en faire des canons…

Cela se déroulait il y a cinq cents ans et  pourtant… Aujourd’hui les fondamentalistes relèvent la tête, les Salafistes, les créationnistes, les barbus de là bas, les grands a bas lesblonds aux yeux bleus d’ici, édictent des fatwas, décrètent des interdits, bâtissent des mûrs de séparation, de haine et de mépris. Les sikhs incendient les mosquées, les musulmans font sauter leurs bombes, les juifs bombardent Gaza, les chrétiens assassinent des jeunes norvégiens, les bouddhistes boudent dans un Tibet sinisé, les scientologues nous les brise menu, et les rahéliens attendent des nouvelles des élohims lointains. Madame Michu, répétez après moi : vive la République et à bas la calotte !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.