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Le fado du fada…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tristesse infinie et du bacalao réunis, bonjour !  Nous sommes le mercredi 23 juillet 2014, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot (1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome.

Tout à fait autre chose.
Je me souviens d’une promenade à la fraîche dans les ruelles de l’Alfama, quartier de Lisbonne, et des échos d’une musique envoutante émanant d’un cabaret. Je venais de découvrir le Fado. Les capitaines faisaient la révolution, un œillet dans le canon du fusil et le peuple portugais re-découvrait avec ivresse les joies de la démocratie.
Dès le lendemain je me mis en quête d’un disque d’Amalia Rodrigues. Elle est née un 23 juillet en 1920, dans la freguésia de Pena à Lisbonne Amalia(en France on dirait la paroisse) ce qui me donne l’occasion d’en parler ici. Surnommée la reine du fado, c’est certainement la chanteuse qui a le plus popularisé le fado dans le monde. Elle a enregistré plus de 150 disques au cours de sa carrière. Elevée de manière assez stricte (et religieuse) par sa grand-mère elle connaît une jeunesse marquée par plusieurs tentatives de suicide. Elle va épouser un guitariste mais leur union ne durera guère et quand le mari demande le divorce elle décide de se suicider devant sa porte en avalant de la mort aux rats. Elle se mariera une seconde fois avec un ingénieur brésilien. Nous sommes dans les années 60 et le régime de Salazar est florissant. Après la révolution, certains reprocherons à Amalia d’avoir été un peu trop proche de ce régime. Le dictateur avait pourtant fait interdire Abandano fado de peniche, considéré comme un hymne aux prisonniers politique de la forteresse qui portait ce nom.

Elle fut néanmoins décorée par Mario Soarès et reçut la légion d’honneur des mains de François Mitterrand. Amália Rodrigues décède le 6 octobre 1999 à l’âge de soixante-dix-neuf ans, des suites d’une maladie au cœur, quelques temps après son retour de sa maison de vacances dans l’Alentejo. Son décès plonge les Portugais dans une capitanogrande tristesse. Le président de la République portugaise de l’époque, Jorge Sampaio, décrète un deuil national de trois jours. À ses funérailles, des centaines de milliers de Lisboètes descendent dans les rues pour lui offrir un ultime hommage. Lors de ses funérailles, elle avait voulu que sa musique Grito soit chantée. Elle est enterrée au cimetière des Prazeres, à Lisbonne. Quelques heures après le décès de la chanteuse, un journaliste portugais décrit ainsi l’ambiance générale : « C’est trop de douleur pour un si petit pays ». Suite à son décès, les partis politiques décident de suspendre le dernier jour de campagne électorale pour les législatives qui se déroulent cette année là.
Il n’y a plus qu’à attendre la mort de Nolwenn Leroy  pour que F. Hollande  rajoute la Loire-Atlantique à la Bretagne…
Allez, je ne le dirai jamais assez, c’est vraiment sympa à vous de vous arrêter quelques instants sur ce modeste site, portez vous bien et à demain peut-être.