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Dans Plinn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 18 juillet 2014 c’est à dire le 30è et dernier jour de Messidor et c’est le jour de la chalemie. La chalemie est un instrument à Jossic chalemievent et anche double, de la famille de la bombarde et du hautbois, très répandu au Moyen-Âge et à la Renaissance, originaire de l’Espagne musulmane et cousin des Mizmars, Zurna, Rajtas et autre Ghaitas. C’est un instrument à tonalité haute, que l’on utilisait le plus souvent en plein-air, parfois accompagné d’une cornemuse, à l’image d’un couple bombarde et biniou. Au XVIe siècle, on commence à l’utiliser en consort (ensemble de plusieurs tailles du même instrument), mais aussi avec des saqueboutes ou des bassons. Aujourd’hui, cet instrument ne reste utilisé que par des instrumentistes abordant le répertoire spécifique du Moyen Âge et de la Renaissance; comme sur cette photo, le petit père Jossic des tri Yann.

Et puis tiens, à propos de biniouseries, heu pardon, de culture bretonne; ils ont fini par les couler dans le bronze… Qui ça ? Les sœurs Goadec pardi. Les voici statufiées en place publique dans la bonne ville statuede Carhaix, fief du marquis au bonnet rouge Troadec et des vieilles charrues réunies. Les statues à l’effigie de Maryvonne, Anastasie et Eugénie Goadec,  originaires de Treffrin (22), sont l’œuvre figurative de l’artiste rennaise Annick Leroy. J’ai maintes fois dansé le Plinn et le Fisel au rythme de leur fameux Kan ha diskan.

C‘est leur père, chanteur réputé, qui va transmettre naturellement sa passion à ses treize enfants. Aujourd’hui, c’est la fille d’Eugénie, Louise EBREL, qui perpétue la tradition (en vidéo avec Ifig Flatrès). En 1973, les soeurselles se produisent à Bobino, mythique temple du music-hall de Paris Montparnasse, pour un récital exceptionnel, Elles se produisent trois soirs de suite dans une salle plus habituée à recevoir Georges Brassens que Glenmor, et le succès est au rendez-vous, malgré le scepticisme de certains. Pour ma part, j’étais assez d’accord avec René Abjean qui, dans un article paru dans la revue Autrement en 1979, déclarait: « cette mis en spectacle du fest-noz touche à l’absurde et qu’en faisant venir à Paris « les trois vieilles paysannes de Carhaix [...] le folk est redevenu folklore ». Le temps a passé et nous, nous sommes passé dans le temps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.