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De taille et d’estoc…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des paradis artificiels et du Pousse-rapière* réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 06 juin 2014, dix huitième jour de prairial dédié au pavot et, l’information calendaire sera complète lorsque je vous aurai dit que selon les pataphysiciens, nous sommes en réalité le vendredi 20 Merdre 141, Ste Colombine, expurgée. Malgré tout cela, je constate que vous êtes encore devant votre ordinateur.

*Ce cocktail doit son nom à la rapière, longue épée légère, ramenée des guerres d’Italie par Blaise de Monluc et ses capitaines gascons, sous François 1er. La rapière est la première arme d’estoc, arme permettant d’attaquer images-1l’ennemi, contrairement aux armes de tailles, lourdes épées de Moyen Âge utilisées à la manière de haches pour se défendre. L’expression à l’époque disait qu’on « poussait la rapière » vers l’ennemi. Utilisée par les troupes de Charles-Quint, la rapière a été inventée en Italie et forgée avec de l’acier de Tolède. Le cocktail lui est beaucoup plus récent et date des années soixante et de la création de la liqueur d’Armagnac aromatisée à l’orange, par René Lassus du château Monluc dans le Gers. Cette liqueur s’allie avec le Vin Sauvage, mousseux de méthode traditionnelle, pour donner le cocktail Pousse-rapière. Les puristes vous diront que liqueur et vin mousseux doivent provenir des mêmes cépages pour que le cocktail donne sa pleine harmonie gustative. Est-ce que je trahi un grand secret en vous disant que c’est l’apéritif préféré de ma fiancée, hormis le Dom Pérignon, hors catégorie…

Quand au pavot, il faut rappeler qu’il se classait parmi les plantes médicinales bien avant que les chefs de guerre afghans n’en fassent leur fond de images-3commerce. Il faut dire que d’après l’UNODC (office des nations unies contre la drogue) un villageois afghan peut espérer 0,41 dollar par kilo de blé contre 160 dollars par kilo d’opium frais et 203 dollars pour de l’opium séché, d’où provient la morphine qui sert de base à l’héroïne. Stupéfiant, non ! Cela étant, on peut aussi en faire de très jolis bouquets, j’en ai eu longtemps sur mon balcon et qui fleurissait admirablement ; un ami malouin avait récupéré quelques graines dans un jardin colonial de la ville corsaire. Au jour d’aujourd’hui, la maréchaussée risque fort de vous interdire de participer au concours des maisons fleuries. Tant pis, essayez la tulipe, la Hollande est très « mode ».

Allez, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui car, entre les travaux domestiques, les jardins de Keramoal et les lectures en retard, j’ai du pain sur la planche. Portez vous bien et à demain peut-être.