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Reine Anne, ne vois-tu rien venir ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 05 juin 2014, 17è jour de Prairial dédié au sureau. Par ici on célèbre la saint Pereg qui a donné son nom à la commune de Loperec dans le Finistère.  Le nom de Lopérec remonte à l’origine de la communauté paroissiale, si l’on en juge par le préfixe lo commun aux XIe et XIIe siècles, Loco Petroci en latin de l’époque, lo-Pérec, lieu de Perrec (ou Pérec, ou Pezrec), moine venu de la Cornouailles anglaise et qui vécut ermite dans un recoin isolé de la forêt du Cranou. Théophile Janvrais en 1912 fournit les explications suivantes :  » Cette région est le pays de Pezrec, Loc-Pezrec (“oratoire de Pezrec”), dont on a fait le nom modernisé de cranouLoperhec, enfin Lopérec. D’après les historiens religieux, Pezrec (appelé aussi Pezran, Pezreux, Pezdrec ou Pérec) était le petit-fils d’un roi de la Cornouailles insulaire qui, renonçant au trône, se fit moine et vint s’exiler en Armorique pour l’évangéliser. Il vécut là vers l’an 600, non loin et peut-être dans un recoin de la grande forêt du Cranou, en pleine retraite ignorée et au milieu des animaux des bois. » D’autres toponymes Lopérec existent en Bretagne : un hameau de Locmariaquer (Morbihan) porte ce nom et possède une « chapelle Saint-Pierre de Lopérec » ; une autre « chapelle Saint-Pierre de Lopérec », située jadis dans le hameau de Placen Per, a existé dans l’actuelle commune de Trélévern dans les Côtes-d’Armor. Jean de Penguern, surnommé Divarsoëz en langue bretonne (“gaillard”, littéralement “sans rhumatismes”), fils aîné de Christophe de Penguern et de Marie de Kermodiern, naquit dans les dernières années du XVe siècle au manoir de Loperzec (Lopérec). Il entra fort jeune au service de la reine Anne, par ordre de laquelle il composa la « Généalogie de très haute, très puissante, très excellente et très chrestienne bretagne-a-cinq-branle-bas-de-combat_1927585princesse et nostre sovvereine dame Anne, très illustre Royne de France et duchesse de Bretaigne, et les noms des Roys et Princes ses prédécesseurs, en droite ligne depuis la création jusqu’à présent, composée et extraite de plusieurs livres et chroniques par Divarsoëz Penguern, natif de Cornouailles, en l’honneur et louange de ladite dame ». Cette chronique contient 1 920 vers, divisés en strophes de huit vers de dix syllabes. Elle s’arrête à l’an 1510. Le 21 mars 1551, il épousa Annie de Kersauzon dont il eut trois enfants et mourut à un âge très avancé en 1579 et fut inhumé dans l’église paroissiale de Lopérec. Pendant la Révolution française, la grotte de Toul-an-Diaoul abrita des chouans. Aujourd’hui se sont les bonnets rouges qui n’ont de cesse de vilipender les barons solfériniens qui, en compagnie de leurs zèlés énarques ont redécoupé le territoire et maintenu la césure entre Nantes et le reste de la Bretagne. Reine Anne, ne vois tu rien venir ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.