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Article de fin de mois…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la pédale wah-wah et du tour de France réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 30 juin 2014, autant dire que c’est la fin du mois et 12è jour de Messidor dédié à l’artichaut qui est au léonard ce que la frite est au belge, la poule au pot, et la dette au FMI… On dit qu’une plante récoltenommée cynara était connue des Grecs et des Romains. Reste à savoir à quoi elle correspondait exactement. On lui a attribué des pouvoirs aphrodisiaques et elle tirerait son nom de l’arabe Ardi CHawke(لخرشوف) qui veut dire épine de la terre. Il semble cependant que l’artichaut que nous connaissons ne soit apparu en Europe qu’à la fin du Moyen-Âge, et qu’il s’agisse d’un chardon transformé par sélection. Je parle du camus de Bretagne, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Vous me faites le plaisir de consulter le 1868è billet de la série et, si j’en juge par mon petit compteur, 240 000 visiteurs ont bien voulu faire le détour par « lescenobitestranquilles.fr ». Je ne dirais jamais assez l’indicible chatouillis que cela procure à ma légendaire modestie. Infime goutte d’eau dans l’océan chimérique d’internet, minuscule bloguinet badge-logo-cenobites21tentant d’apporter sa pierre à l’édification d’une conscience universelle qui donnerait aux peuples la force de se débarrasser de tous ces malfaisants qui se sont accaparé notre droit imprescriptible à disposer de nous mêmes… Voilà pourquoi je continue et continuerai à présenter ma galerie de portraits des Proudhon, Louise Michel, Kropotkine, Bakounine et tant d’autres. Les rebelles, les résistants, les indignés. Ils n’avaient pas Free mais ils avaient tout compris.

Combien de temps encore les damnés de la terre supporteront-ils ce système qui, non content d’engraisser quelques uns avec la sueur des autres, s’ingénie à détruire notre planète ? Ce sont les mêmes (j’ai les noms…) qui font monter la menace du terrorisme pour justifier la guerre. Ce sont les mêmes qui exagèrent les risques de pandémie pour vendre leurs vaccins. Ce sont les mêmes qui louent les mérites des OGM pour forcer le commerce de leurs semences. Ce sont les mêmes qui j'emmerde...polluent, qui déforestent, qui délocalisent, qui font travailler les mômes en Inde et au Pakistan pour un salaire de misère. Ce sont les mêmes qui laissent crever les habitants de Gaza et qui s’apprêtent à foutre sur la gueule de l’Iran parce que là bas il y a du pétrole qu’on ne peut tout de même pas laisser entre les mains de ces enturbannés. Ce sont les mêmes qui tiennent popote à Bilderberg ou aux diners du Siècle, ou encore dans les conférences de la trilatérale;  ils pantouflent dans les agences de notation, ils sinécurent dans les conseils d’administration, ils font du gras dans les salons dorés de l’Europe ou de la République, notre République. La leur, celle des copains et des coquins s’est couchée depuis longtemps, comme une vielle catin à la resquille devant sa majesté Le Marché. Marché de dupes bien entendu, qui pratique la théorie du pâté d’alouette ; enrichissement pour les déjà riches, austérité pour les toujours pauvres. Résultat des courses, je m’emporte, je vitupère, et ça, c’est pas bon pour mes artères. Je m’en vais donc reprendre la taille de mes rosiers comme le sage sur sa montagne en attendant des lendemains qui chantent.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Une p’tit’ soupe et au lit…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des droits de l’homme et de la marine à voile réunis, bonjour ! Nous voici le dimanche 29 juin 2014 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre. Les étymologistes se disputent à propos de l’origine du mot: Grecs pour les uns, de source coriandreMycéenne pour les autres – Koriadnon, pour Ariane la fille de Minos – En Arabe le mot se dit Kuzbur, même si dans l’Algérois on dit hachiche qui veut dire littéralement: Herbe. Mais, même bien séchée, je vous déconseille de la fumer. La coriandre se marie très bien avec les carottes sous toutes les formes. Mais ça le fait aussi avec les patates. Avec l’été venu, imaginez une petite salade de pommes de terre au cumin, légèrement citronnée et parsemée de coriandre; un vrai régal qui mériterait un article chez Madame « dans ma cuizine ». La coriandre c’est comme le cochon, tout est bon de la feuille à la racine en passant par la fleur et la graine. On lui prête même des vertus antiseptiques dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires et ça…Ça m’intéresse.

Pour ceux qui s’intéressent à la littérature gastronomique, je leur conseille: Bouquet de coriandre, publié en 2007 et écrit par Rachel SAMOUL, un recueil de treize nouvelles, où la coriandre joue un rôle essentiel. Allez, c’est assez pour un dimanche, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un gars qu’a mal tourné…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Nous sommes le samedi 28 juin 2014, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non !
           
GASTON COUTE: POÈTE ET PAYSAN.
C‘était au cours des vacances de Noël en 1970, peut-être 71, et histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards, nous étions en charge de l’accompagnement de stagiaires étrangers de l’ENA dans un vieux manoir à Dinard et la partie musicale était assurée par un jeune chanteur qui, plus tard allait faire parler de lui, il s’appelait Bernard LAVILLIERS. Au cours d’une soirée, il interprétât plusieurs poème d’un auteur libertaire et paysan qui s’appelait Gaston COUTE, mort en 1911.

Gaston Couté est né à Beaugency, Loiret, le 23 septembre 1880. Ses Gaston Coutéparents étaient meuniers au vieux moulin des Murs. On appelait son père  » Couté des Murs « , pour ne pas le confondre avec un autre Couté habitant la région. Avant le baccalauréat, il quitte l’école, qu’il détestait. Il est employé comme commis auxiliaire à la Recette générale des impôts d’Orléans, puis travaille pour un journal local, Le Progrès du Loiret. Il commence à publier ses poèmes, dont certains sont composés en patois beauceron, dans des feuilles locales. Il a l’occasion de les faire entendre à une troupe d’artistes parisiens en tournée. Ayant reçu quelques encouragements, il se décide, en 1898, à monter à Paris. Il a dix-huit ans. Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du Peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre.

Le 13 juin 1911,  « La Guerre Sociale » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ». Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre:  Il avait an tire-bouchon . Elle pouvait se chanter sur l’air de: Elle avait une jambe en bois .

 Il avait un tir’ bouchon
 Dans la poch’ de son veston
 On s’ demande où s’arrêt’ra
 L’audace de ces scélérats ?

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les ateliers. Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. La fin de sa vie allait lui être difficile : la tuberculose, l’absinthe, la privation… Il meurt vingt-quatre heures après avoir été conduit à coute_recueill’hôpital Lariboisière. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la chanson  Pour faire plaisir au Colon. Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause. Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort !  ». Il est venu à la grand’ville, avec cent francs en poche et le reste en pur talent, y faire montre de son art. La bohème est sœur de misère et Couté débute une vie d’errance « sous la neige et sous la pluie, sans chaussures et sans presque de vêtements.  » A son arrivée, il n’a comme salaire qu’un café-crème pour réciter ses poèmes. C’est parti pour treize ans de vaches maigres même si, étrange paradoxe, il devient populaire, hantant de sa voix et de ses mots les cabarets à la mode, à Montmartre, aussi sûrement qu’il l’est à Belleville, à y déclamer ses vers aux ouvriers. Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré.

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à demain peut-être.

POTEMKINE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’utopie libertaire et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 27 juin 2013, 9è jour de Messidor et c’est le rennes-madame-dansmacuizine-52475083jour de Stéphanie, alias madame dansmacuizine. Non contente d’être quasiment le N°1 des blogs culinaires, elle s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour lui souhaiter un bon anniversaire.

 

Le 27 juin 1905, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe. Il devait son nom à un dignitaire russe très proche de la grande Catherine qui finit sa carrière comme généralissime des armées russes. C’est lui qui inventa les villages en Le cuirassŽ Potemkine<br /><br />1925<br /><br />real : Sergei Eisenstein<br /><br />COLLECTION CHRISTOPHELcarton, pour satisfaire la Tsarine au cours de son fameux voyage dans le midi de l’Empire (1787). Tout le long du Dniepr, pays aride et inhabité, des villas et des jardins furent installés afin de charmer les yeux de l’auguste visiteuse. Des masses populaires furent amenées des coins les plus éloignés de l’empire, des troupes furent échelonnées le long de la route avec mission d’acclamer la souveraine et d’exprimer l’enthousiasme des peuples nouvellement conquis. Hier, chez nous, quand Nicolas 1er se déplaçait, c’était un peu la même chose… Il n’y avait que des gens qui l’applaudissaient et qui n’étaient pas plus grand que lui.

Mais revenons à notre cuirassé. Le drame survient à Odessa, sur la mer Noire. Un marin est tué par un officier pour s’être plaint de la viande avariée. Aussitôt, l’équipage se soulève à l’instigation d’un meneur le cuirassérévolutionnaire, Afanasy Matiouchenko. Tandis que huit officiers rejoignent les mutins, le commandant et plusieurs autres officiers sont tués et jetés la mer. C’est que, depuis la défaite de Tsushima, un mois plus tôt, face à la flotte japonaise, les officiers de la marine tsariste ont le plus grand mal à se faire respecter par leurs hommes. Les marins du Potemkine s’emparent du navire et hissent les drapeaux rouge et noir de la révolution. Deux autres navires se joignent à la sédition. Le surlendemain, l’insurrection s’étend au port d’Odessa et à d’autres ports de l’Empire.

L‘état de siège est déclaré et la répression fera plusieurs centaines de morts. Après une longue errance dans la mer Noire, la plupart des mutins finiront par obtenir l’asile politique en Roumanie, dans le port de l'escalierConstantza. La mutinerie s’inscrit dans la série de troubles sociaux, politiques et militaires, qui empoisonnent le régime tsariste en cette année 1905. Mais la notoriété de Potemkine vient surtout du film qu’en tirera le réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925 : «Le cuirassé Potemkine». Chacun se souvient de la scène du landau qui dévale les marches du fameux escalier d’Odessa, un travelling de six minutes. Cette scène mythique a été reprise aussi bien par Brian de Palma dans les incorruptibles que par Terry Gilliam dans Brazil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Comment va le monde ?

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la géométrie et du caviar d’aubergine réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 26 juin 2014, et c’est le 8è jour de Messidor dédié à l’échalote. Le nom dérive du latin ascalonia car la plante, longtemps les johnniesnommée oignon d’Ascalon, fut rapportée des croisades après le siège d’Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire que dans le Léon (60% de la production française) où réside votre serviteur, c’est fête nationale… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce 1864è billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille.

A par ça, comment va le monde madame Michu ?
On pourrait en rire si ce n’était dramatiquement ubuesque: L’État israélien a annoncé le 5 juin la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Cette décision intervient après la formation d’un gouvernement d’unité ofrtp-israel-po-colonies-20121130_paysage360palestinien, soutenu par le mouvement islamiste Hamas. Les Palestiniens ont réagi immédiatement. Ils vont interpeller le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU, a déclaré Hanane Achraoui, membre de la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Réponse du «Machin» comme disait le grand Charles dans un communiqué du département de l’information de l’ONU :
« Malgré la forte opposition du Groupe des États arabes, M. Mordehai Amohai, d’Israël, a été élu aujourd’hui Vice-Président de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation. »

Il devient de plus en plus illusoire d’espérer une solution pacifique qui passerait par la coexistence de deux États souverains. Dans peu de temps, il ne restera de la Palestine que quelques confettis de terre disséminés. Rien n’effraie davantage les faucons du gouvernement Nethanyaou qu’un rabibochage entre le Hamas et le Fatah. Et la communauté internationale continue de valser au bal des faux-culs. Israël a remercié ses partisans, mais sans doute ses actes ont-ils parlé maisons détruitesplus fort que ses mots. Tandis que se jouait à New York ce théâtre de l’absurde, les forces d’occupation israéliennes intensifiaient les démolitions de maisons palestiniennes pour faire place à des implantations coloniales. (à gauche, Jérusalem-Est le 02 juin) Cette élection arrive juste quelques semaines après l’annonce par Israël d’une autre extension massive de colonies illégales en Cisjordanie occupée. Rien que mercredi dernier, les démolitions israéliennes ont laissé 7 familles palestiniennes sans abri en Cisjordanie. Ces dernières opérations de nettoyage ethnique se produisent alors qu’Israël a envahi des villes de Cisjordanie la semaine dernière, prétendument à la recherche de trois jeunes colons disparus. Israël a déjà arrêté plus de 300 Palestiniens, fouillé 750 maisons ainsi que des dizaines d’associations caritatives et aussi le campus de l’Université Birzeit. La nausée, madame Michu, la nausée… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Souvenance…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 25 Juin 2014, septième jour de Messidor dédié au concombre. En ce 25 juin je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.

« Plaise à tous les saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. »

C‘est un extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec  et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la le manoirfin des années 70 au cours d’une soirée en son manoir du Poul en Mellionnec. (La demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très gracieuse majesté). Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix. Et c’est encore au mois de juin, en 1996, qu’il nous a quitté.

Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. A gauche on nous traitait de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et les Glenmormilices du même nom, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation. Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris force et vigueur.

Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études petite imagechez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse. A la fin des années soixante, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner… Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreizh-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde de petite Bretagne / de moindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’Émile, je t’aimais bien, comme disait Jacques Brel qui aurait composé pour lui cette chanson « Le moribond ». 

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.

 

AU FEU…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 24 juin 2014 qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean Feux mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des  culte du feujours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si feu st jeanpuissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à Jean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule bizarre, nommée la verven-Dieu et dont le sens s’est perdu.

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotementKost ar c'hoat placé, au retour, dans un coin du foyer, pour préserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux mânes grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en tendant leurs mains débiles vers les cendres…

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Guerre à la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 23 juin 2014, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du PoitouAutrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou. Je crois entendre dans le fond de la classe quelques ricanements sardoniques, à l’idée sans doute, que j’allais évoquer la figure d’une élue fort entêtée et rétive comme pas deux. Que nenni. Encore que, pour les pataphysiciens Le 23 Juin 2014 est en réalité le Lundi 9 Gidouille 141 Ste Outre, psychiatre, fête suprême quarte.
les mulets de Marius est un sobriquet qui désignait les légionnaires romains obligés de porter leur équipement pour le camp et leur ravitaillement, transport auparavant assuré par les mulets ; pour diminuer la tentation d’une attaque de l’ennemi sur le train transportant ces équipements et augmenter la mobilité de ses troupes, il fit passer la charge des mules aux légionnaires. Comme le chantait avec justesse et talent Anne Sylvestre: nous avons tous nos impedimenta:
On n´est pas tout neuf, on a son barda
On a ses impedimenta
On n´est pas tout neuf, on est tous des ex
On est tous plus ou moins duplex…

 

C’est aussi la date anniversaire de la mort de Louis LECOIN que j’évoquais ici hier: Il passa douze années de sa vie en prison pour ses idées. Pendant la guerre de 1914-18, il passe en conseil de guerre pour insoumission le 18 décembre 1917. Il est condamné à 5 ans de prison militaire et 18 mois de prison pour trouble à l’ordre public sans même pouvoir s’exprimer. En 1921, présent au congrès de la CGT lecoinà Lille, devant les menaces des « gros bras » de la direction, il tira en l’air avec son revolver pour que les syndicalistes révolutionnaires puissent s’exprimer. Il mena deux combats qui eurent des retentissements dans le monde entier. Le premier fut de défendre trois militants de la Confédération nationale du travail espagnole, Buenaventura Durruti, Gregorio Jover et Francisco Ascaso demandés par l’Argentine et l’Espagne dictatoriale qui les accusait d’avoir préparé un attentat contre le roi d’Espagne. Ils furent arrêtés en France pour port d’armes prohibées. Lecoin monta un Comité du droit d’asile et saisit la Ligue des droits de l’Homme. L’extradition des trois hommes n’eut pas lieu. Le deuxième fut en faveur de Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, exécutés aux États-Unis le 23 août 1927. Dès la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Louis Lecoin rédigea un tract intitulé « Paix immédiate ». Il fut, à cause de cela, emprisonné jusqu’en 1943.
Après la guerre il fonda le comité de soutien à Garry Davis pour créer une Citoyenneté mondiale. Louis Lecoin lança en 1958 sa campagne pour l’obtention d’un statut pour les objecteurs de conscience. Albert Camus participa activement à cette campagne dont il ne put voir l’aboutissement. Le gouvernement refusait de tenir sa promesse et le 1er juin 1961, Louis Lecoin déclencha une grève de la faim à l’âge de 74 ans. Cette action, démarra dans l’indifférence, mais après quelques jours, Lecoin reçut le soutien de la grande presse, notamment du CabuCanard enchaîné (Henri Jeanson qui interpella les intellectuels par un retentissant « Holà ! Les Grandes Gueules ! Laisserez-vous mourir Louis Lecoin ? ». En août 1963, voyant que le projet de loi n’était toujours pas voté, Louis Lecoin menaça de recommencer sa grève de la faim. Le gouvernement céda et le statut fut promulgué le 23 décembre 1963, et tous les objecteurs furent libérés. Comme le faisait remarquer Rem* avec justesse: «A propos de la grève de la faim de Louis Lecoin, je crois qu’il serait plus exact d’en dire qu’elle a « obligé, politiquement, de Gaulle-le-guerrier à concéder le statut d’objecteur, bien à contrecœur », plutôt que laisser entendre qu’il aurait changé de conviction…»

Allez, c’est plutôt copieux pour un lundi non ? Portez vous bien et à demain peut-être.

No pasaran…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la vérité historique et du homard à l’armoricaine, bonjour ! Nous sommes le dimanche 22 juin 2014, quatrième jour de Messidor dédié à la véronique comme je l’indiquais par erreur dans mon billet 200px-Errare_humanum_estd’hier. La Véronique, jolie petite fleur qui doit son nom à sainte Véronique bien connue dans son immeuble et qui aurait recueilli un linge portant les traits du Christ et aurait, grâce à ce linge, guéri l’empereur Tibère de la lèpre. On dit que la véronique officinale était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux d’où son nom familier d’herbe-aux-ladres. Errare humanum est disait (parait-il) le grand Senèque.

Il est des êtres humains auxquels le destin réserve un sort exceptionnel… Pierre Martin est de ceux là, toute sa vie a été consacrée à la paix et à l’amitié entre les peuples. Je l’avais rencontré pierre Martinalors que je traînais mon sac de couchage sur le plateau du Larzac au début des années 70. Il était un des animateurs infatigables de cette fameuse lutte contre l’extension du camp militaire qui dura une dizaine d’années, préfigurant ce qui allait se passer à Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire. Ci-dessous, à droite, le Larzac en 1977, bon d’accord, j’étais pas tout seul…

Ce grand militant des causes justes qui, pacifiste et libertaire, sa vie durant, refusa avec une conscience exigeante de prendre une arme pour éliminer son semblable, était doté d’une stature exceptionnelle qu’il dissimulait sous une modestie et une totale générosité. Tour à tour et parfois en même temps, il sera sociologue, économiste ou expert en coopération pour le développement, mais le militant pacifiste restera avant tout un vrai citoyen du monde.

Q
uel destin singulier que celui de Pierre Martin, incarcéré pour objection de conscience : il se retrouve prisonnier de guerre, lorsque les hordes nazies de l’Allemagne Hitlérienne envahissent la France, en 1940. Sa Larzac 2volonté inébranlable de ne pas porter les armes, le conduit à faire du « tourisme pénitentiaire « .
lui à qui le Mahatma Gandhi avait écrit que, s’il était résolu à agir dans l’esprit de la non-violence, il se devait de la pratiquer, là où il se trouvait : Plus il approfondissait la pratique de la non-violence, plus il souhaitait rencontrer Gandhi. C’est ainsi qu’en 1948, il entreprend de rallier l’Inde et enfourche sa bicyclette. C’est en Libye, qu’il apprend qu’une violence fanatique venait de ravir la vie du Mahatma.
En 1959, il rejoint l’expédition internationale contre l’explosion atomique au Sahara. Les autorités françaises le bloquent au Ghana, il y mène quinze jours de grève de la faim devant l’Ambassade de France, à Accra.
LarzacEn 1962, il anticipe son départ en congé en France pour assister Louis Lecoin dans sa grève de la faim, qui a permis de convaincre de Gaulle de la nécessité de reconnaître l’objection de conscience.
Ceux qui liront son ouvrage « Candide face au Moloch », comme ceux qui s’abreuveront aux sources fécondes du pacifisme, découvriront un homme qui n’a jamais abdiqué face à l’histoire.
Grand humaniste laïque, il restera toujours vivant par la constance de son engagement. Voila un salut à un grand bonhomme qui nous a quitté un 22 juin en 1998 et qui méritait bien de figurer en bonne place dans notre galerie de portraits.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La radio des blogueurs saison V

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

J’avais 20 ans en 68 et je découvrais une bande d’énergumènes qui déménageaient grave…

Aujourd’hui les papys participent au festival Hell fest à Clisson.

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