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Bili: the quid…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le vendredi 23 mai 2014, quatrième jour de prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). L’angélique, dite encore « herbe aux anges », doit son nom à ses prétendues vertus magiques et à l’odeur aromatique suave et musquée qu’elle répand. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes. Les médecins de la Renaissance la surnommaient « racine du Saint-Esprit », à cause de ses « grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies ». Ainsi Paracelse (1490-1541) angeliquerapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Édité en 1716, un dictionnaire botanique et pharmaceutique  qualifie l’angélique de « stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. On en avale un dragme contre la peste, qui chasse le venin par la sueur. ». Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort (on en trouve beaucoup sur les rives de la Sèvre Niortaise) et dans la plaine de la Limagne, au nord de Clermont-Ferrand. Afin de la distinguer de la redoutable ciguë, il suffit de froisser quelques feuilles : l’angélique dégage une odeur agréable, alors que la ciguë empeste.

Après les anges, les saints.

En Bretagne il est un saint que l’on nomme Bili fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid… Néanmoins, Saint Bili (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. dyn004_original_117_144_gif_2630448_e2036934b7aad4cc35588fa7f41d1ba9Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bili a entrepris de rédiger une nouvelle vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de saint Malo endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bili raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché.

Avec Bili, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro-Breizh cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne où Tro-Breizh désignait le pèlerinage en l’honneur des sept saints fondateurs de la 02_carteBretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breizh est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges !
Par contre, ceux qui ne le font pas de leur vivant devront le faire après leur mort en village_de_saint_bilyavançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! Ainsi parlait mon aïeule qui ne manquait jamais d’ajouter: L’éternité c’est long, surtout vers la fin… Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle avec le réveil de la vieille droite catho. En fait, les véritables créateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau et Ouest-Eclair mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour…
Plus tard, Bili sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bili aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bili a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett comme veut nous le faire croire Hollywood) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr. A gauche, la chapelle de St Bili à Plaudren (56), la légende dit que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation; il faut dire que nous sommes sur les terres de Cadoudal.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.