POETES, VOS PAPIERS…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 17 avril 2014 où, si vous préférez, le 28 de germinal, qui était généralement dédié à la pensée, la fleur. J’en aurai donc une de pensée pour un bonhomme qui nous a quitté un 17 avril justement, après avoir traversé le siècle.

Le 17 avril 1989 Eugène BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans, à Veretz là bas ils disent Verett, non loin de Vouvray. 15 ans plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets Bizeau 3vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement.Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad.Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ».

En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » : « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique , aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution Bizeau 2espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes violences.En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges. Extrait du poème : Lutter 1979 « Lutter contre le joug des maîtres de la terre Masquant leur dictature en tapageurs discours; Contre les trublions, les criminels de guerre, Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours… »                       

Et celui-ci que j’aime beaucoup:« J’ai rêvé de toute mon âme, Rêvé comme on rêve à vingt ans, Devant les beaux yeux d’une femme, À l’éternité du printemps. J’ai rêvé d’étreintes moins brèves Et d’amour jamais achevé ; Je ne sais plus où sont mes rêves…Mais je sens bien que j’ai rêvé ! » Allez, restons en là pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

3 commentaires

  1. babelouest

    Rhââââ ! Encore un homme à admirer…. Merci l’ami, pour tes trouvailles !

  2. Rém*

    Ah merci beaucoup, Erwann, de rappeler qui fut l’Eugène : j’en avais un souvenir confus. Sauf confusion de ma part avec un autre bel énergumène de son genre, il s’agit bien – aussi – de l’anti-militariste goguenard qui voulait la mort de tous les généraux et qui déclara avant de mourir quelque chose comme : je peux mourir tranquille, j’ai enterré tous les généraux (des 2 guerres mondiales). Je crois que c’est dans (feu) la GUEULE OUVERTE que j’ai eu 1° connaissance du vigneron-poète et que c’est dans le « bon vieux » Charlie-Hebdo-d’avant que j’ai lu sa nécrologie, par Siné et consorts (?)… Il disait aussi : C’est mon petit vin blanc qui m’a fait centenaire heureux…

  3. Pangloss

    Merci de nous faire découvrir ce poète. J’ai été touché par celui que tu cites à la fin.
    Et vive l’anarchie!

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