Les saints et les auges…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , , , ,

Amis de la méditation transcendantale et du brocoli léonard réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 4 avril 2014, jour correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille. En Bretagne on fête les Goneri. Ils existent plusieurs  Gonery par chez nous et notamment un village le long du canal de Nantes à Brest où mon pote Thierry m’initia à la pêche aux brochets moi qui jusque là n’avait fréquenté que la vieille et le maquereau. Il est aussi, en Côtes d’Armor, du côté de Plougrescant, une chapelle St Gonery dont la fâcheuse habitude du clocher à pencher dangereusement a fait le bonheur de plus d’un photographe.

Goneri était dit-on le fils de Elibouban qui se retira sur l’île de Loaven pour vivre sa vie d’ermite. « Koneri » est un saint breton surtout célèbre en Trégor et dans la région de Pontivy. Ce nom est formé à partir de « kon » (chien de guerre). L’église a popularisé la forme lénifiée « Goneri » au lieu de « Koneri ». Gonéry (ou Gonéryi) était un ermite de 79772032Grande-Bretagne qui émigra en Armorique au 6e siècle à bord d’une auge de pierre évidemment. Après avoir longtemps vécu à Branguili près de Rohan, non loin de la magnifique abbaye cistercienne de Timadeuc, où il convertit le prince Alwand, tiern de Noyal, il se retira à Plougrescant pour mourir près de l’île Loaven où sa mère, sainte Elibouhan, s’était retirée. On raconte d’ailleurs que saint Gonéry, certes mort à Plougrescant, quitte tous les ans sa chapelle pour se rendre à l’île Loaven pour rendre hommage à sa maman. C’est-y pas mignon ! Et puis tiens, puisque je suis en veine de confidence, je vais vous révéler la véritable origine de cette légende des auges de pierres qui tenaient lieu de moyen de transport maritime. Car, cette légende de l’auge de pierre comporte sa part de réalité : les navires de l’époque, des curraughs, étaient légers car constitués de membrures en bois recouvertes de peaux graissées et l’auge en pierre servait à la fois de lest à ces bateaux sans quille et de foyer pour conserver les braises. Après un accostage un peu rude, il ne subsistait parfois du bateau que l’auge… A droite, le curraugh « Brioc » à Plouguerneau.

La chapelle est intéressante notamment pour les fresques peintes sur la voûte en bois et représentant des scènes de l’ancien et du Nouveau Testament. La chapelle abrite le 63385832_psarcophage du saint qui est invoqué pour soulager les angoisses et les fièvres. Le pardon (c’est une fête paroissiale locale) du 29 juillet (ou dernier dimanche de ce mois) est renommé. Autrefois, ce jour-là, il y avait toujours un audacieux pour escalader le clocher, à l’aide des crampons de fer qui garnissent sa face extérieure. Il montait pour attacher des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche, sous les applaudissements de la foule admirative. A son retour au sol, le sportif recevait « pompeusement une tasse pleine de vin ».

Voilà, j’ai fait ma b.a. vis à vis de l’office du tourisme. Si le cœur vous en dit n’hésitez pas à visiter le coin de 63386097-300x225Plougrescant, vous ne serez pas déçu, c’est un des plus beaux endroits de la côte bretonne. C’est là où se trouve la fameuse petite maison nichée dans les rochers et qui a fait mille couvertures de magazines avant que le propriétaire ne fasse valoir son droit à l’image. J’espère qu’il ne va pas me faire un procès…

 

Avec votre permission je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

6 commentaires

  1. lediazec

    Bonjour Cénobite. Un garçon fort bien élevé que ce Gonéry. Quant à la chapelle au clocher de biouette, on ne compte plus les clichés. Pour avoir un temps bossé à Plougrescant, je peux témoigner de l’engouement touristique pour la chapelle et pour la maison entre les rochers Cela dit, j’adore cette partie de la côte !

  2. babelouest

    Salut les amis. C’est bizarre, il faudra que le demande à mon fils. Il me semble avoir vu une maison de ce genre, ailleurs en Bretagne, puisque autant que je me souvienne, je ne suis jamais passé par ce coin-là. Pour l’autre, c’était aussi en Bretagne nord, et il me semblait que c’était du côté de Brignogan : nous y étions parvenus par les dunes. Elle était, me semble-t-il, un peu plus en retrait de la mer.

    • lediazec

      J’en ai vu une, puisque j’ai habité tout à côté, c’est à Belz, dans le Morbihan, pas loin d’Erdeven. Une sorte d »ilot, à quelques encablures de la route, mais je n’ai pas de photo, mon Jean-Claude !

  3. babelouest

    Là où j’habitais auparavant quand j’étais gosse, il y avait une autre maison aussi, qui a été mitraillée par tous les touristes. Placée sur le bord de la Sèvre niortaise uniquement accessible par bateau, elle était placée presque en face d’une autre maison plus humble, et pourtant typique elle aussi, où habitaient autrefois les grands-parents de Bernard Giraudeau : il y venait en vacances l’été. C’est un type que j’ai toujours trouvé formidable, et nous avions exactement un an d’écart, jour pour jour.

    Cette « maison aux volets bleus » tellement photographiée, un ami en voyage en Roumanie a eu l’occasion de la voir sur la couverture d’un guide touristique de la France. Surprenant, non ?

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).