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La prime à la classe (ouvrière)…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la culture ouvrière et de la salade niçoise réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 27 avril 2014, huitième jour de Floréal dédié au champignon. Et voilà, c’est reparti comme en quarante! Ils continuent de nous servir la même soupe, un peu réchauffée soit, mais c’est la même. Le social, indexle pouvoir d’achat, les patrons voyous, les dividendes des uns, les stocks options des autres et les difficultés quotidiennes madame Michu… La nouveauté c’est la prime, prime au départ évidemment, et le salaire en dessous du minimum, et cette putain de dette qu’il faut résorber; et cela se crie sur tous les toits et s’écrit dans toutes les colonnes des journaux bien pensants. Et ma prime, tu la sens ma grosse prime ? L’indécence hissée au rang de politique d’État, c’est à pleurer. Il est vrai que le prolo, c’est bien connu, n’est pas très finaud. C’est qu’il voterait Le Pen si on le laissait faire.

J’vous parle même pas des Copé, des Valls, des Montebourg et consorts, ça fait des lustres qu’ils ont oublié ce qu’était un ouvrier. Leurs experts en expertise leur avaient dit: la classe ouvrière a disparu dans les oubliettes de l’histoire. Jaurès, l’Internationale, la lutte des classes, tout ça c’est du passé. Justement, faisons table rase ! Au bourrier les trente cinq heures, l’émancipation ouvrière, le temps libre, et le temps des cerises. Aujourd’hui c’est la mondialisation coco. Le village planétaire. Vous allez voir ce que vous allez voir, après avoir 64061470_péradiqué le communisme, on va éliminer l’islamisme. Il ne doit en rester qu’un… Le MARCHÉ, on ne veut voir qu’une tête, tête de gondole évidemment. Et surtout, une tête bien pleine de vide, des cerveaux disponibles pour Coca-Cola, pour Gamble et Procter, pour Areva. Alors, en avant la musique, les pipoleries, les mariages princiers et les chaleurs de la deuxième dame, le scooter du Président, les décolletés de Ségo. Les puissances occidentales dépensent des milliards dans leurs drôles de guerre, foutaises! Les banquiers se font des couilles en or, billevesées! Bettencourt va payer moins d’impôts, c’est du mauvais esprit! Guéant s’installe à fond à l’extrème droite, médisance! Le populo veut du pain et des jeux, cela fait des siècles que ça dure. Alors en avant le Loto, le Foot, les J.O., le tour de France, Rolland Garros et les 24 heures. N’oubliez pas de saupoudrer le tout d’un peu de télé réalité qui porte si mal son nom. Et surtout, servez chaud les suppressions de postes, les fermetures de classes, les blocages de salaires, la fin des services publics. Ça devrait passer comme une lettre à la poste avant sa privatisation.

Mais, nom d’un petit bonhomme, qui saura me dire pourquoi les peuples se complaisent dans la servitude volontaire comme le disait il y a cinq siècles Etienne de la Boétie. Cinq cents ans et pas un chapeau de vendu comme le dit Jancyves, fidèle lecteur du terroir Nantais, cinq cents ans, et on continue de 64061625_ppayer la vaseline à cette bande de profiteurs qui n’en finit pas de se goinfrer. Et ce leitmotiv servit tous les soirs à la grand’messe cathodique par le père Pernaud et l’archi prètre Pujadas: Puisqu’on vous dit que les caisses sont vides, cessez vos revendications, soyez responsables messieurs les syndicalistes, le Marché va arranger tout cela, on voit le bout du tunnel, la relance s’amorce, la reprise est pour bientôt…Et ma prime, tu la sens ma grosse prime ? Il y a des jours je voudrais répondre, et mon pavé, tu le sens mon gros pavé dans ta vitrine de bourgeois malfaisant, d’affameur, de profiteur, de parasite… Mais, comme disait mon aïeule, il faut raison garder, n’est-il pas ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.