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T’en veux du Blues ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 10 avril 2014, 14è jour de germinal dédié au Gainier. Rien à voir avec le « bon culottier » de la chanson mais un arbuste encore nommé « arbre de Judée », au motif, me dit-on, que Judas s’y serait pendu. Si tous ceux qui trahissent l’imitaient, les promenades au bois de Keroual ressembleraient vite à cette fameuse ballade chère à ce vieux Villon.

Aujourd’hui on évoque un bluesman cent pour cent garanti grand teint. Hudson Woodbridge est né au début du siècle dernier (probablement en 1904) à Smithsville, Géorgie. Mais orphelin très tôt il sera élevé par la famille de sa grand-mère, images-1Mme Whittaker, dont il adoptera le patronyme, et qui vit dans les faubourgs de Tampa, en Floride. Très tôt il apprend la guitare et accompagne sur scène un ami de la famille. À l’adolescence, il devient musicien itinérant et parcourt le Sud des États-Unis à vélo. En 1922, déjà affublé du surnom de « Tampa Red », il arrive à Chicago. Sa carrière débute véritablement lorsqu’il s’associe avec le pianiste Georgia Tom Dorsey. Ils enregistrent ensemble, pour la première fois, en mai 1928, des pièces essentiellement tirées du music-hall. Le blues devenant à la mode à Chicago, « Tampa Red » décide de s’y mettre lui aussi.

Au début des années 30, il se marie et sa femme décide de prendre en mains sa carrière ( les femmes font l’histoire, les hommes l’écrive… disait mon aïeule). En 1934 elle négocie pour lui un contrat avec le célèbre producteur Lester Melrose qui lui permettra tampa-broonzy-gillum-241x300d’enregistrer ses disques sous le grand label blues Bluebird. C’est pour cette maison de disques qu’il enregistrera ses plus grands titres, toujours accompagné d’un pianiste. Dans les années 40 il ouvre sa formation à des saxophones ainsi qu’à un bassiste, une batterie ou encore un joueur d’harmonica, comme Sonny Boy Williamson ou Big Walter Horton. C’est à cette époque qu’il deviendra une des références du Chicago blues électrique et qu’il enregistrera avec Elmore James (à qui j’ai consacré un billet) lorsque celui-ci se trouve à Chicago. ici à droite, photo exceptionnelle: Tampa Red en compagnie de Big Bill Bronzy, Jazz Gillum et des amis que je n’ai pas su identifier.

Malheureusement sa femme décède en 1956 et « Tampa Red » ne s’en remet pas. Il sombre dans la démence et doit être 060410-150x150interné. Il parviendra cependant à encore enregistrer deux albums au début des années 60 pour le label Bluesville : Don’t Tampa with the Blues et Don’t Jive Me. Il disparaît ensuite de la circulation et meurt dans un relatif oubli en 1981. Surnommé the « guitar wizard » (le sorcier de la guitare), Tampa Red a certainement été un des plus grands guitaristes slide du blues des années 30 et 40. Sources: la grande encyclopédie du blues. Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, voilà pour ce jour, en attendant la suite, si le cœur vous en dit, portez vous bien et à demain peut-être.