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DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 30 avril 2014, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 141 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 1807è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a précisément 55 ans, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre; mais il me fallait trouver une intro…

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Docteur SaxMassachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

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Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’«il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en Kerouacbanque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

LE PLAT PAYS DU JAZZ…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis des Pâques irlandaises et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 29 avril 2014 qui correspond au 10è jour de floréal, dédié au râteau, dans le calendrier républicain Père UBUet au mardi 10 Palotin 141 – St Forficule, Barnabite dans celui du père Ubu. C’est bien connu, nos amis belges sont capables du meilleur comme du meilleur (j’veux me facher avec personne) les meilleurs chanteurs: Brel, Arno, Mauranne… Le meilleur waterzoï, les meilleures bières: Gueuze, Trappiste…Le meilleur système politique, euh non, là ils ne sont pas au top. Mais savez vous, une fois, qu’ils ont aussi produit quelques uns des meilleurs jazzmen de la planète. Voici quelques mots sur l’un d’entre eux:

Toots Thielemans est un nom que l’histoire de la musique, et du jazz en particulier, a accroché depuis longtemps au rayon des légendes. Né à Bruxelles en 1922, Toots découvre le jazz Toots 2 durant l’occupation allemande et Django Reinhardt devient alors son idole. Guitariste, siffleur, harmoniciste, il rejoint la tournée européenne de Benny Goodman en 1950. Par la suite, c’est aux Etats-Unis qu’il commence à se faire un nom dans le Charlie Parker’s All Stars ou le quintet de George Shearing. Voici une vidéo qui le montre interprétant Ne me quitte pas, autre chef d’oeuvre du plat pays qui est le sien.

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Il parvient à créer un style, son style, et à donner à l’harmonica une place majeure sur la scène jazz. Sa carrière Toots Thielemansdécolle et Toots Thielemans est demandé par un grand nombre de musiciens. Sur scène ou en studio, il accompagnera Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Jaco Pastorius en encore Bill Evans. Quincy Jones dit de lui « Je peux dire sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Nous avons travaillé ensemble un nombre de fois incalculable. C’est quelqu’un qui sait vous toucher au cœur et vous faire pleurer. » Bel hommage, non !

Bon, c’est pas tout, le jardin m’attend et je n’aime pas faire attendre… Il faut s’en occuper avant la sécheresse, car la sécheresse c’est terrible, ça pousse à la boisson; c’est pas les belges qui me démentiront.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le Vatican et sa paire de beaux saints…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la gent féminine et du roti Wellington réunis, bonjour ! Nous voici le lundi 28 avril 2014, neuvième jour de Floréal dédié à la Hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ? Mais comme dit l’autre, les histoires d’amour hyacinthusfinissent mal. Admirez ce troublant tableau représentant Apollon Hyacinthe et Cyparisse et que l’on doit à Alexander Ivanov.Et puisque nous en sommes à le dire avec des fleurs, voici le grain de sel du cénobite sur un récent déplacement ministériel. Ce modeste blog, qui s’amuse souvent à vous conter l’histoire des saints de Bretagne armoricaine, ne pouvait passer sous silence la visite de notre grand républicain Manuel Valls au Vatican pour y assister à une canonisation.

En 1918, invité à assister au Te Deum de l’armistice par l’archevêque de Paris, Clemenceau refusa et somma le président de la République, Poincaré, et le président de la Chambre, Deschanel, de ne pas y assister. Au premier il fit valoir : « Vous êtes le président de tous les Français et non des seuls catholiques. » Presque cent ans plus tard, le nouveau premier ministre, qui se dit admirateur du Tigre et défenseur papes-canons-jmfarouche de la République, a décidé de se rendre au Vatican pour la canonisation de deux anciens papes. Une trahison des principes républicains et laïques étrange pour celui qui veut rassembler et apaiser les Français. En effet, au nom de quoi le premier ministre de la République participerait-il à une cérémonie strictement religieuse ? (caricatures honteusement piratées sur le blog de JM:o)

Cet argument est fondé, parce qu’on ne peut pas y répondre en disant que par exemple l’un des papes est français. Si tel était le cas, ce serait (peut-être et diplomatiquement) différent. Là il y en a un qui est italien et l’autre qui est polonais. On ne peut donc pas avancer cet argument-là. Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une calotte_foggini-1procédure civile, c’est une canonisation, soit un acte à caractère foncièrement spirituel et religieux. Au XIXe siècle on parlait des « deux France ». Il y avait la France qui considérait que la religion était essentielle dans la vie du pays, et puis l’autre France : celle des révolutionnaires de 89, celle de Gambetta et, entre autre, de la commune. Celle de la séparation des églises et de l’État. Aujourd’hui, les mots République et laïcité ayant tendance à se vider de leur substance originelle, le gouvernement, les socialistes et leurs héraults médiatiques nous expliqueront que cette visite au Vatican est parfaitement compatible avec la laïcité et les valeurs de la République quand il aurait fallu qu’un vrai premier ministre républicain nous explique que, justement, il ne se rendrait pas au Vatican au nom de la laïcité et des principes républicains. Allez, à bas la calotte, portez vous bien et à demain peut-être.

La prime à la classe (ouvrière)…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la culture ouvrière et de la salade niçoise réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 27 avril 2014, huitième jour de Floréal dédié au champignon. Et voilà, c’est reparti comme en quarante! Ils continuent de nous servir la même soupe, un peu réchauffée soit, mais c’est la même. Le social, indexle pouvoir d’achat, les patrons voyous, les dividendes des uns, les stocks options des autres et les difficultés quotidiennes madame Michu… La nouveauté c’est la prime, prime au départ évidemment, et le salaire en dessous du minimum, et cette putain de dette qu’il faut résorber; et cela se crie sur tous les toits et s’écrit dans toutes les colonnes des journaux bien pensants. Et ma prime, tu la sens ma grosse prime ? L’indécence hissée au rang de politique d’État, c’est à pleurer. Il est vrai que le prolo, c’est bien connu, n’est pas très finaud. C’est qu’il voterait Le Pen si on le laissait faire.

J’vous parle même pas des Copé, des Valls, des Montebourg et consorts, ça fait des lustres qu’ils ont oublié ce qu’était un ouvrier. Leurs experts en expertise leur avaient dit: la classe ouvrière a disparu dans les oubliettes de l’histoire. Jaurès, l’Internationale, la lutte des classes, tout ça c’est du passé. Justement, faisons table rase ! Au bourrier les trente cinq heures, l’émancipation ouvrière, le temps libre, et le temps des cerises. Aujourd’hui c’est la mondialisation coco. Le village planétaire. Vous allez voir ce que vous allez voir, après avoir 64061470_péradiqué le communisme, on va éliminer l’islamisme. Il ne doit en rester qu’un… Le MARCHÉ, on ne veut voir qu’une tête, tête de gondole évidemment. Et surtout, une tête bien pleine de vide, des cerveaux disponibles pour Coca-Cola, pour Gamble et Procter, pour Areva. Alors, en avant la musique, les pipoleries, les mariages princiers et les chaleurs de la deuxième dame, le scooter du Président, les décolletés de Ségo. Les puissances occidentales dépensent des milliards dans leurs drôles de guerre, foutaises! Les banquiers se font des couilles en or, billevesées! Bettencourt va payer moins d’impôts, c’est du mauvais esprit! Guéant s’installe à fond à l’extrème droite, médisance! Le populo veut du pain et des jeux, cela fait des siècles que ça dure. Alors en avant le Loto, le Foot, les J.O., le tour de France, Rolland Garros et les 24 heures. N’oubliez pas de saupoudrer le tout d’un peu de télé réalité qui porte si mal son nom. Et surtout, servez chaud les suppressions de postes, les fermetures de classes, les blocages de salaires, la fin des services publics. Ça devrait passer comme une lettre à la poste avant sa privatisation.

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Mais, nom d’un petit bonhomme, qui saura me dire pourquoi les peuples se complaisent dans la servitude volontaire comme le disait il y a cinq siècles Etienne de la Boétie. Cinq cents ans et pas un chapeau de vendu comme le dit Jancyves, fidèle lecteur du terroir Nantais, cinq cents ans, et on continue de 64061625_ppayer la vaseline à cette bande de profiteurs qui n’en finit pas de se goinfrer. Et ce leitmotiv servit tous les soirs à la grand’messe cathodique par le père Pernaud et l’archi prètre Pujadas: Puisqu’on vous dit que les caisses sont vides, cessez vos revendications, soyez responsables messieurs les syndicalistes, le Marché va arranger tout cela, on voit le bout du tunnel, la relance s’amorce, la reprise est pour bientôt…Et ma prime, tu la sens ma grosse prime ? Il y a des jours je voudrais répondre, et mon pavé, tu le sens mon gros pavé dans ta vitrine de bourgeois malfaisant, d’affameur, de profiteur, de parasite… Mais, comme disait mon aïeule, il faut raison garder, n’est-il pas ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

26 AVRIL 1937, GUERNICA…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des mystères de l’Ouest et du crabe mayo réunis, bonjour! Nous sommes le samedi 26 avril 2014, 7è jour de Floréal dédié au Muguet. Hier on se souvenait avec émotion d’un certain 25 avril au Portugal. Aujourd’hui ayons une pensée pour ce 26 avril 1937 au pays Basque Espagnol, plus précisément à Guernica. Je pense aussi aux copains asturiens. Les asturiens ont construit leur nation à peu de chose près en même temps que les bretons armoricains essayaient de faire quelque chose de leur péninsule. Quelques décennies avant que Nominoë ne rassemble la Bretagne, en Asturies c’est Pelayo qui devenait le premier roi. D’où la célèbre expression qui a depuis fait le tour du monde: « Ah, te voila toi, Pelayo ! »

Le bombardement de Guernica, le lundi 26 avril 1937, fut un événement majeur de la guerre d’Espagne, qui contribua à 52360449_pinternationaliser la médiatisation du conflit, par l’intermédiaire notamment du célèbre tableau de Pablo Picasso représentant la scène. En raison de l’apparente faible valeur stratégique militaire que représentait la ville et de l’énorme disproportion entre les capacités de riposte des défenseurs et la violence de l’attaque, ce bombardement a souvent été considéré comme un des premiers raids de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population civile sans défense, et dénoncé pour cela comme un acte terroriste.

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Cependant, d’après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme que trois bataillons (7.000 hommes) des forces républicaines y stationnaient le jour du bombardement. Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers de la Légion Condor allemande ainsi que l’escadrille VB 88 de 52360493_pbombardement expérimental (composée de Heinkel et de Dornier ), escortées par des bombardiers italiens (Savoia-Marchetti SM.79) et des avions de chasse allemands (Messerschmitt), procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L’attaque commence à 16h30, aux bombes explosives puis à la mitrailleuse et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 50 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h45. Après le massacre, 20% de la ville était en flammes, et l’aide des pompiers s’avérant inefficace, le feu se propagea à 70% des habitations.

Depuis, les controverses ne se sont jamais vraiment éteintes. Responsabilité unique des nazis de la légion Condor 1937-guernicacommandée par Von Richthofen de sinistre mémoire ou complicité de Franco. Les historiens estiment le nombre de victimes entre quelques centaines et quelques milliers… Macabre comptabilité qui n’enlève rien à la force du symbole. Avec l’ami Benni, dont je parle plus haut, nous sommes tombé d’accord sur le fait que si Franco est bien mort, le franquisme lui, il bande encore. Les nostalgiques sont là, guettant les faiblesses de nos démocraties et prèts à ressortir les griffes.

Allez, haut les cœurs, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Copain comme Cochon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la mécanique quantique et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 25 avril 2014, sixième jour de Aquilegia_jfgFloréal dédié à l’ancolie. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 141 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux bretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui est la St Gourloez…

Le 25 avril 1959, mort de Georges Alexandre COCHON (né le 26 mars 1879 à Chartres). Militant libertaire et secrétaire de la « Fédération des Locataires ». Le 15 février 1911, il est nommé à la tête de l’Union syndicale des locataire et part en guerre contre « Monsieur Vautour » (le propriétaire). La principale 250px-Georges-cochonactivité de ce syndicat est d’aider les locataires en difficulté à déménager « à la cloche de bois » (clandestinement), puis à investir des logements inoccupés, en faisant un raffut du tonnerre « le raffut de la Saint Polycarpe » afin d’effrayer les bourgeois. Cochon devient alors très populaire et profite de toutes les occasions pour faire connaître sa lutte en faveur des plus démunis. Des artistes comme Steinlein ou le chansonnier Charles D’Avray lui prêtent leur concours. Le 31 janvier 1912, il est lui-même expulsé de son logement, après l’avoir transformé en « Fort Cochon » ce qui provoquera une bataille rangée avec la police. Le 23 mars 1912, il investit l’Hôtel de ville de Paris, avec plusieurs familles sans-logis. Les actions directes se multiplient; les 8 et 9 avril, il tente de « réquisitionner » la caserne du Château d’eau, à Paris, pour y reloger une cinquantaine de familles. Amendes et peines de prison pleuvent sur la tête de Cochon, mais qu’importe, il ne se laisse pas intimider. A l’occasion des élections municipales de mai 1912, il cède à l’électoralisme, ce qui provoquera son exclusion du syndicat, et le coupera de ses amitiés libertaires. Il ne désarme pas pour autant et crée « la Fédération Nationale et International des Locataires » et poursuit son combat et occupe le ministère de l’Intérieur, l’église de la Madeleine, la bourse, etc.

Le 21 juillet 1913, il prend possession, avec plusieurs familles nombreuses, de l’hôtel particulier loué par le Comte de La f1.highresRochefoucauld. Hôtel, dont ils seront finalement expulsés le 28 juillet. Mobilisé en 1914, il déserte en 1917. Arrêté, il est condamné à 3 ans de travaux publics. Après guerre, il reprendra ses activités militantes, avant de se retirer. »Tous les locataires doivent s’unir pour lutter contre les privilèges des propriétaires ». Lire le livre très documenté de Patrick Kamoun : « V’là Cochon qui déménage ». A noter que Georges Cochon a publié à Paris en 1917 un journal hebdomadaire « Le Raffut » Journal d’action, Organe du syndicat des locataires, publication qu’il reprendra après-guerre entre 1921 et 1922 avec divers sous-titre dont : « Organe de combat et de défense sociale, politique, économique et financière, paraissant le samedi. »

Sacré bonhomme comme on n’en fait plus; allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Hey, Jo …

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 avril 2014, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Luis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de ch-phelan-segur-1970roi, au cœur plein de tristesse… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Tout à fait autre chose.

Joe Henderson  naît à Lima dans l’Ohio dans une famille de 15 enfants. C’est à sa famille qu’il dédiera son premier album pour les remercier « d’avoir été aussi compréhensifs et tolérants » pendant ses années de formation.  Joe accomplit deux ans (1960–1962) de service militaire : d’abord à Fort Benning, où il participe à un concours des jeunes talents militaires et remporte le premier prix et à Fort Belvoir, où il est choisi pour faire partie d’une tournée mondiale destinée à distraire les troupes. Alors qu’il se trouve à Paris, il rencontre Kenny Drew et Kenny Clarke. Il est ensuite envoyé dans le Maryland.

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Après son service militaire, il s’installe à New York où il est pris en main par le trompettiste Kenny Dorham. Chaque soir, ils vont écouter Dexter Gordon jouer au Birdland au Birdland, le club mythique de la 52ème rue où le prince du ténor dirige la « jam session » tous les lundi.  Un soir, Gordon lui demande de jouer avec son groupe et c’est évidemmentJoe Henderson - Tony 4 avec joie que Joe accepte l’invitation. Joe Henderson fait un carton ce soir la et partage les applaudissements du public au même titre que Dexter Gordon lui-même. De 1963 à 1968, il enregistre en sideman sur une trentaine d’albums du mythique label Blue Note. Début des années 70, l’engouement pour le jazz commence à fléchir, les séances deviennent moins nombreuses pour la plupart des jazzmen. Joe Henderson se plonge dans l’enseignement à San José en Californie, mais est toujours fréquemment demandé dans les grands festivals internationaux.

C’est en 1985 que Blue Note décide de mettre Joe Henderson en première ligne, avec le merveilleux The State Of The Ténor-Live avec Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie, considéré par la chronique comme le meilleur album de trio avec ténor depuis le Night At The Village Vanguard de Sonny Rollins en 1957. Du be-bop au hard-bop, au jazz d’avant joe_hendersongarde, aux rythmes sud américains, au latin jazz, en passant par la soul, le jazz fusion ,le smooth et le funk, on peut certainement citer le nom de Joe Henderson comme celui d’un très grand saxophoniste ténor au service de la musique, d’un professionnel philosophe au service des artistes, comme d’un poète ou d’un écrivain au service de l’art en lui même. Si le son très personnel de Joe Henderson, entre John Coltrane, Lester Young et Dexter Gordon a discrètement bercé le jazz tout entier, aux aléas des modes de ces dernières décénnies pour finalement venir exploser au grand jour sur la fin de sa vie et juste avant l’an 2000, c’est que Joe Henderson mérite véritablement son statut du dernier des « titans ».

Joe Henderson décède le 30 juin 2001 à 64 ans d’une insuffisance cardiaque après une longue lutte. Il est enterré au Dayton National Cementery, dans l’Ohio, parmi plus de 44 000 autres vétérans de l’Armée des États-Unis. Sources: Arnaud Syllard. Allez, merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Traits portraits…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le mercredi 23 avril 2014, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907-300x192l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France…. William Shakespeare et Miguel de Cervantès sont morts le 23 avril 1616 (ou peut-être le 22, les chroniques étant imprécises à ce propos). Ne croyons pas pour autant qu’ils sont morts le même jour ! L’Angleterre, réticente aux innovations du continent, vivait encore avec le calendrier julien tandis que l’Espagne avait de longue date adopté le Grégorien. De sorte que Cervantès a devancé Shakespeare de onze jours au paradis des grands auteurs. Ces deux géants de la littérature lèguent à l’humanité des personnages plus vrais que nature. Ils ont nom Don Quichotte et Hamlet, Sancho Pança et Othello, Rossinante et Falstaff, Dulcinée et Juliette

William Shakespeare naît à Stratford-upon-Avon dans la famille d’un riche commerçant. D’après la tradition, il est baptisé le 26 avril 1564 dans l’Église de la Sainte Trinité.ShakespeareChandosportrait C’est dans la même ville qu’il finit sa vie entouré d’honneurs avant d’y être inhumé à l’âge de 52 ans (Cervantès fera éditer « Don quichotte » à l’age de 57 ans)). C’est encore à Stratford qu’il se marie à 18 ans avec une jeune femme illettrée de 8 ans son aînée, Ann Hathaway. Le couple aura trois enfants. Cinq ans plus tard, William part à Londres où il peut écrire sous la protection du comte de Southampton auquel il dédie son premier recueil de poèmes, Vénus et Adonis.

Le poète et dramaturge anglais se montre excellent connaisseur de la nature aussi bien que des hommes (il cite pas moins de 108 plantes dans Roméo et Juliette). Il fréquente les tavernes avec la même aisance que les châteaux. Ses succès théâtraux et ses qualités d’investisseur lui permettent de jouir à Stratford-upon-Avon d’un coquet patrimoine.

Shakespeare est le plus fécond de tous les artistes qui s’épanouirent à Londres, à la fin du XVIe siècle, sous le règne brillant et agité d’Elisabeth 1ère. Christopher Marlowe, qui aurait pu rivaliser avec lui, fut prématurément tué dans une taverne.

ShakespeareminiShakespeare n’en demeure pas moins très mystérieux. On ne connaît qu’un mot écrit de sa main. C’est son nom. Cette précieuse relique est conservée au British Museum. On a longtemps aussi imaginé ses traits d’après le portrait dit de Chandos, hélas réalisé après sa mort. ci-dessus à droite.

En mars 2009, le professeur Stanley Wells a authentifié le portrait dit Cobbe comme étant celui du poète, ici à gauche. Ce tableau réalisé en 1609, de son vivant, serait donc plus près de la réalité que le précédent.

 

Miguel de Cervantès

Né en 1547 à Alcalá de Henares, en Castille, Miguel de Cervantès est aussi représentatif de l’Espagne de Philippe II que Shakespeare de l’Angleterre élizabéthaine… Mais il est vraisemblable qu’il ignorait tout de son contemporain.

Fils d’un chirurgien couvert de dettes et d’une juive convertie, il se révèle un aventurier à l’image de son héros et des conquistadors qui conquirent (comme leur nom l’indique) l’Amérique et firent la gloire de l’Espagne. Après des études en Castille et en Andalousie, il est engagé à 22 ans par le cardinal Acquaviva, légat pontifical. Il l’ accompagne à Rome puis rejoint la Sainte Ligue pour participer à la bataille de Lépante contre les Ottomans. Il perd dans lacervantes2 bataille la main gauche («pour la gloire de la droite», dira-t-il plus tard), ce qui lui vaudra d’être parfois qualifié : «Manchot de Lépante» !

Mais ses ennuis ne font que commencer. Il est plus tard capturé par les Barbaresques et emmené comme esclave à Alger. Il y reste pendant 5 ans. Le 19 septembre 1580, son maître Hassan Pacha s’apprête à prendre la mer pour Constantinople lorsque son captif est racheté in extremis par les pères Trinitaires pour 500 écus.

Cervantès se marie et s’établit à Séville où il est nommé commissaire aux approvisionnements des galères du roi Philippe II qui prépare la Granda Armada en vue d’envahir l’Angleterre. Ses aventures nourrissent ses premiers ouvrages. Il fait jouer plusieurs pièces aujourd’hui perdues et publie Galatée (1585). Mais il n’est pas au bout de ses peines. Jalousies et affaires douteuses lui valent plusieurs emprisonnements.

Cervantès attend l’âge canonique de 57 ans pour publier la première partie de Don Quichotte ! C’est seulement alors que s’affirme sa maîtrise de l’écriture.

Mis en vente à 1200 exemplaires dans les boutiques de Madrid le 16 janvier 1605, le roman recueille immédiatement un immense succès. Son succès à l’étranger bénéficie du très grand prestige dont jouit alors la langue castillane dans toutes les cours européennes peu ou prou liées à la dynastie des Habsbourg.

Notons que Cervantès, l’écrivain blasé et moqueur, est contemporain du peintre d’origine crétoise Domenikos Theokopoulos (1541-1614). Surnommé El Greco (Le Grec) dans son pays d’adoption, celui-ci exprime mieux qu’aucun autre l’âme mystique religieuse de l’Espagne, au temps de la Reconquista (la croisade contre les Maures d’Espagne qui s’achève avec leur expulsion de Grenade) et de la Contre-Réforme catholique.

Voila, je trouvais cela amusant de juxtaposer ces vies de deux auteurs qui ont, chacun à leur façon, apporter tant de choses à la littérature et qui s’en sont allés, quasiment de concert, rejoindre les plaines de chasses du grand Manitou. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le phare breton…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la révoltation et de la rebellitude réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 22 avril 2014, troisième jour de Floréal dédié à la fougère.

Début avril 1809, l’armée autrichienne profitant du bourbier espagnol et poussée par l’Angleterre, décide de reprendre la lutte contre Napoléon. Elle envahit la Bavière et pénètre dans le grand-duché de Varsovie. À la tête d’une armée de 200 000 hommes, Napoléon part à la rencontre de l’armée autrichienne Davoutcommandée par l’archiduc Charles, frère de l’empereur François II d’Autriche. La bataille d’Eckmühl devait être pour Napoléon la bataille décisive qui devait précéder la prise de Vienne. Les troupes de Lefebvre et de Davout sont chargées de repousser les Autrichiens sur la route d’Eckmühl à Ratisbonne, tandis que Vandamme avance sur Eckmühl et repousse les troupes adverses vers le défilé d’Hagelstadt. Le maréchal Davout et le général Vandamme se distinguent particulièrement au cours de cette bataille. Davout est nommé prince d’Eckmühl par Napoléon peu après. Mais, nom d’un petit bonhomme, pourquoi est-ce que je vous raconte cela !

Ah, oui, ça me revient. Dernièrement, au cours d’une conversation à propos des phares qui parsèment la côte bretonne; du Créac’h à La Vieille en passant par la Jument, on me demandait ce que signifiait Eckmühl en breton… Or, en phares-de-bretagne-escalier-du-phare-deckmuehl-8ce4c49d-0b2a-408d-aa94-ff1ec83c822evérité, le fameux phare de Penmarch dans le non moins fameux pays bigouden, doit son nom à une donatrice qui n’était autre que la fille du maréchal Davout, prince d’Eckmühl, la marquise Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville qui légua par testament la somme de 300 000 francs pour la construction d’un phare. Celui-ci devrait se nommer « phare d’Eckmühl » en l’honneur de son père. La marquise voulait que ce nom de triste mémoire, car rattaché à une bataille qui fit beaucoup de morts, soit racheté par les vies sauvées grâce à un phare… Elle désirait également que ce phare soit situé sur la côte bretonne en un lieu sûr pour résister au temps. Voila donc pourquoi ce phare bigouden porte un nom bavarois alors qu’en d’autres circonstances, on l’eut nommé Larzul ou Hénaff. En attendant, libre à vous de tenter de battre le record de l’escalade des 307 marches qui mènent à la lanterne et qui est détenu par un jeune quimpérois en 47 secondes 02.

Allez, merci encore de vos visites, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

 

Les chaussettes de Rigolus…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 21 avril 2014 et, par les chaussettes de Rigolus, que les dieux m’tripotent si j’mens, nous serions le  deuxième jour de Floréal dédié au chêne. J’ai pourtant rencontré un fieffé pataphysicien qui m’a affirmé sans honte qu’en vérité nous étions le Lundi 2 Palotin 141 Fête des Écluses. Et quand je vous aurais dit que mes voisins fêtent ce jour la saint Hamon, dont la légende nous dit qu’il s’agit d’un chevalier qui revint de Palestine porteur de la lèpre et que les paroissiens laissèrent sans soins. Mal leur en pris car les pis des vaches se tarirent aussi sec (si j’ose dire), vous serez en mesure de vous faire une petite idée de la diversité calendaire de notre joyeuse humanité, poil au nez.

Il y a un siècle, le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André SOUDY, de Raymond CALLEMIN, et d’Elie MONIER , tous les trois membres de la 52190395_pbande à BONNOT. Voici ce qu’écrira plus tard Victor Méric dans Les bandits tragiques 1926:  » C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre.  » Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français ». La litho est de Steinlein.

Allez, merci d’être passé et d’avoir consacré un peu de votre temps à la lecture de ce 1798è billet, portez vous bien et à demain peut-être.