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René-Guy Cadou…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

 

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 30 mars 2014, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir.

Je tiens René-Guy CADOU pour un des poètes majeurs du XXè siècle. Beaucoup ont tenté de mettre ses vers en musique, d’autres l’ont chanté, Servat, Manu Lann huel, Jacques Douai ou Julos Beaucarne. J’ai choisi de vous proposer Michèle Bernard; à vous de juger.
- Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?
- Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys !
- Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes
- Mais pas assez tristes oh ! pas assez tristes !
Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux
Des servantes bousculées dans les remises du château
- Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes
- Que le diable tente ! que le diable tente !
Mais moi seul dans la grande nuit mouillée
L’odeur des lys et la campagne agenouillée
Cette amère montée du sol qui m’environne
Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne
- Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil
- Oui mais l’odeur des lys la liberté des feuilles !

Voila peut-être pourquoi je ne suis pas « un gars de la ville » et que je vous écris tous les matins depuis mon ermitage campagnard. René-Guy Cadou était un enfant de la Brière (Ste Reine – j’y connais une excellente auberge où l’anguille grillée est à nulle autre pareille… N’est-ce pas Jean-Yves !) mais toute son œuvre est ouverte à la Bretagne. A lire absolument « Hélène ou le règne végétal ». Il n’avait pas 35 ans lorsqu’il nous a quitté et, on peut supposer que ce qui serait devenue une œuvre immense, repose avec lui au cimetière de la bouteillerie à Nantes. Sa poésie a été publiée en œuvre complète chez Seghers en 1976.

Voila, c’était pour vous réconcilier avec la vie, au cas ou… Les résultats des municipales vous auraient quelque peu coupé l’appétit. Portez vous bien et à demain peut -être.