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Saint Peran…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la sainte généalogie et du bar en croûte de sel réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 05 mars 2014, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Je dois absolument profiter de ce miracle de la météorologie moderne qui offre au pays d’Iroise un jour sans pluie pour terminer les travaux agricoles que requièrent les jardins de Keramoal. En conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) saint Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évèque d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote  Patrick… D’autres vont à l’encontre de cette théorie bien entendu. Ainsi images-4un certain chanoine Dobble écrivait en 1920: « Saint Peran est le patron de l’église de Trézélidé, où il a sa statue, et une autre statue sur la croix du cimetière. Il possède aussi un oratoire sur le bord de la route au nord du bourg. Dans une petite construction élevée de six marches, dans une
niche, se trouve la statue grossière du saint, tête nue, les mains levées en signe de bénédiction. Sur le côté est une pierre qui peut avoir été un lec’h et plus tard un socle pour une boite d’offrandes. De l’autre côté, à l’ouest de l’oratoire, est une grande pierre plate, sur laquelle il y a des marques de nature ambiguë. Certains l’appellent le “Lit de saint Peran” ; d’autres disent que c’était son prie-Dieu et qu’il s’agenouilla là si longtemps que ses genoux ont imprimé ces creux dans la pierre. On fait coucher les enfants sur cette pierre, pour leur donner de la force, et leur apprendre à marcher tôt. »

Né en Irlande à Corca-Laighde, fils de Laighne, noble de l’Ossory et de Liadan. Avant sa conception, sa mère aurait eu le rêve qu’une étoile tombait dans sa bouche. Elle consulta ses druides qui lui dirent qu’elle enfanterait d’un fils qui aurait une très haute renommée. Il rencontra Patrick, le futur Primat d’Irlande , qui lui dit: « précède-moi en Irlande, trouve un puit et bâtis un ermitage. Pour cela prends ma cloche et lorsqu’elle se mettra à parler d’une voix mélodieuse, c’est que ce sera le DownloadedFile1 DownloadedFile-1bon endroit. » Après des années de recherches , il trouva enfin l’endroit près d’Uaran et bâtit le monastère de Saighir (Saïghar). Beaucoup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » mais, pour notre bonheur, il a refusé d’intervenir en faveur de Nolwenn Leroy aux victoires de la musique… Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Le drapeau de Cornouailles est également appelé drapeau de saint Piran : il s’agit d’une croix blanche sur fond noir; les mêmes couleurs mais inversées que celles de l’ancien drapeau breton qui était une croix noire sur fond blanc. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle.

Péran a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Saint Peran est le patron de la paroisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans l’est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-DownloadedFile1Peran, une trève de Paimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, au nord-ouest de Ploermel, ; et dans le sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient ; au nord il y a un Saint-Peran en Plédran et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir, ici en photo.

Il est intéressant de noter que la tradition locale dans la paroisse de Cléder représente saint Peran comme un compagnon de saint Ké, le patron de Cléder en Bretagne et de Kea en Cornouaille, et Landkey en Devon. Un mendiant images-11aveugle, appelé Dall an Bluz, raconta à Anatole Le Braz à Cléder que “l’un des disciples de saint Ké était saint Péran, un bon et aimable personnage.  En tout cas, continua l’aveugle, saint Péran n’était qu’un personnage subalterne. Il se tient dans son oratoire de Trézélidé comme un mendiant de grand chemin, dans sa maison ouverte couverte de blanc de chaux, et je ne pense pas que beaucoup de dons tombent dans son plateau d’argent. »

Voilà pour la petite histoire du mardi, en attendant les prochaines, portez vous bien et à demain peut-être.