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Du bruit dans Landerneau…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, LECTURE

Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 31 mars 2014, onzième jour de germinal dédié à la pervenche; pas la contractuelle, la fleur. Pour ne rien vous cacher, je rentre à peine de chez imagesLeclerc; oui, oui, le Leclerc, l’épicier de Landerneau… Rassurez vous, je ne vais pas vous infliger la liste des courses, non, tout simplement (si l’on peut dire) Michel-Edouard, le fils à son père, a eu la bonne idée de créer dans sa bonne ville, un fond pour la culture qui organise régulièrement des évènements. C’est l’ancien couvent des capucins qui sert de cadre aux diverses expositions.

Cette fois ci il s’agit de bande dessinée et plus particulièrement celle qui est né et c’est développé dans images-1cette période charnière entre 1975 et 1997. C’est l’époque où les auteurs cherchent à se faire entendre et souhaitent que la bande dessinée devienne adulte dans tous les sens du terme. C’est dans ce contexte qu’émergent Métal Hurlant, puis (A SUIVRE) où l’Écho des Savanes. L’exposition, visible jusqu’au mois de mai, nous plonge dans l’univers de Giraud (alias Mœbius), de Druillet, de Pratt et de Tardi, mais aussi de Shuiten et Peeters sans oublier Bilal et Muñoz.

L‘expo qui s’intitule « 1975-1997: la bande dessinée fait sa révolution… » réunit plus de 350 planches originales d’une quarantaine d’artistes enrichie de nombreuses interviews des auteurs et collaborateurs des deux revues: Étienne Robial, couverture-metal-hurlant-25Jean-Pierre Dionnet, Philippe Manœuvre… Le fil conducteur de l’exposition est donc celui de l’aventure éditoriale et artistique de ces deux « écuries d’artistes » lancées après les départs de plusieurs dessinateurs de Pilote, journal emblématique de la décennie précédente. Jean-Baptiste Barbier, galeriste parisien spécialisé dans la bande dessinée et Eric Morin ont imaginé un  principe scénographique qui propose de mettre en vis-à-vis les deux magazines. Cette présentation chronologique s’étend de 1975 à 1997, elle est divisée en 13 sections. Un ensemble d’entretiens présenté sous forme de projections audiovisuelles, développe dix sujets. Ces projections articulent le parcours, telles des pivots, elles sont associées dans l’espace aux différentes sections.

En vérité, une agréable sortie, pas de file d’attente et une bonne surprise à la sortie, un stand qui propose, entre autres, des BD Blues, une collection des éditions Nocturne où j’ai déniché une biographie en BD accompagnée de deux CD de Sonny Boy Williamson que ma fiancée s’est empressé de m’offrir. Que du bonheur ! En province aussi on peut se régaler; allez, portez vous bien et à demain peut-être.

René-Guy Cadou…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

 

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 30 mars 2014, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir.

Je tiens René-Guy CADOU pour un des poètes majeurs du XXè siècle. Beaucoup ont tenté de mettre ses vers en musique, d’autres l’ont chanté, Servat, Manu Lann huel, Jacques Douai ou Julos Beaucarne. J’ai choisi de vous proposer Michèle Bernard; à vous de juger.
- Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?
- Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys !
- Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes
- Mais pas assez tristes oh ! pas assez tristes !
Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux
Des servantes bousculées dans les remises du château
- Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes
- Que le diable tente ! que le diable tente !
Mais moi seul dans la grande nuit mouillée
L’odeur des lys et la campagne agenouillée
Cette amère montée du sol qui m’environne
Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne
- Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil
- Oui mais l’odeur des lys la liberté des feuilles !

Voila peut-être pourquoi je ne suis pas « un gars de la ville » et que je vous écris tous les matins depuis mon ermitage campagnard. René-Guy Cadou était un enfant de la Brière (Ste Reine – j’y connais une excellente auberge où l’anguille grillée est à nulle autre pareille… N’est-ce pas Jean-Yves !) mais toute son œuvre est ouverte à la Bretagne. A lire absolument « Hélène ou le règne végétal ». Il n’avait pas 35 ans lorsqu’il nous a quitté et, on peut supposer que ce qui serait devenue une œuvre immense, repose avec lui au cimetière de la bouteillerie à Nantes. Sa poésie a été publiée en œuvre complète chez Seghers en 1976.

Voila, c’était pour vous réconcilier avec la vie, au cas ou… Les résultats des municipales vous auraient quelque peu coupé l’appétit. Portez vous bien et à demain peut -être.

St Malo, deuxième tour…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la concorde universelle et du calendrier des postes réunis, bonjour! Nous sommes samedi 7 – clinamen 141 – la main de gloire – soit le 29 mars 2014, 9è jour de germinal dédié à l’Aulne, pas la rivière mais l’arbre qui peuple ses berges. On dit aussi Vergne, en breton Gwern. Tiens, justement, à propos de Bretagne; dans les années 480, un 29 mars, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel a trouvé que ça ferait un peu trop moquette pour un futur saint.

C‘est un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils DownloadedFile-12arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud, avec les Ebihens peut-être. Enfin, c’est ce que me disait à chaque fois le père La rouille quand il m’emmenait aux homards de ce côté là.

Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les recettes de la paroisse DownloadedFile-2et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versaient les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui il a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Voilà, portez vous bien et à demain peut-être.

Le Sâr dine à l’huile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 28 mars 2014 dédié à la jonquille dans le calendrier républicain mais en réalité pour les pataphysiciens, le Vendredi 6 Clinamen 141 – St Ganymède, professionnel.  Bien entendu, ce qui suit n’a rien à voir avec ce qui précède, quoique…
L‘homme du jour est né un 28 mars en 1859, aujourd’hui totalement oublié, ce dandy lettré ferait un malheur sur nos plateaux de télé.(tiens, ça me fait penser à quelqu’un…) Issu 51295188_pd’une famille de cultivateurs et de commerçants, Joseph-Aimé Péladan, qui se donnera plus tard le prénom de Joséphin, est le fils de Louis-Adrien Péladan, et de Joséphine Vaquier. Il manifeste un esprit indépendant qui lui vaut d’être renvoyé du lycée pour avoir traité un professeur d’athée, puis du petit séminaire de Nîmes. Il voyage beaucoup et  rencontre Léon Bloy et Paul Bourget et enthousiasme Jules Barbey d’Aurevilly qui préface son roman Le Vice suprême (1884), livre pétri de romantisme et d’occultisme, qui met en scène la lutte de forces secrètes qui s’acharnent à détruire l’humanité et prend résolument le contre-pied du naturalisme de Zola. Son originalité plaît mais son exaltation fait sourire. Jean Lorrain le surnomme « le pélican blanc ». Plus tard on l’appellera « le Mage d’Épinal », « Platon du Terrail » ou « le Sâr pédalant ». Rodolphe Salis alla jusqu’à oser un très cruel « Artaxerfesse » qui lui valut des poursuites de l’intéressé. C’est à son frère Adrien, l’un des premiers homéopathes français, que Joséphin Péladan doit son entrée dans une branche toulousaine de la Rose-Croix. A cet Ordre appartenait aussi le Vicomte Louis-Charles-Edouard de Lapasse, un alchimiste toulousain présenté comme un élève du Prince Balbiani de Palerme, prétendu disciple de Cagliostro.

En 1888, Péladan est le co-fondateur avec Stanislas de Guaita de l’ Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. Parmi les membres de l’Ordre, on peut relever quelques noms passés à la posterité : Papus, F.-Ch. Barlet. Prétextant un refus de la magie opérative, il se sépare du groupe en 1891 pour fonder l’ Ordre de la Rose-Croix Catholique et esthétique du Temple et du Graal. L’année suivante, il organise le premier Salon de la51295167_p Rose-Croix du 10 mars au 10 avril 1892 à la célèbre galerie parisienne Durand-Ruel. C’est un très grand succès. Soixante artistes y participent parmi lesquels nombre de peintres et sculpteurs de talent (Hodler, Khnopff, Delville, Schwabe, Bourdelle etc.) et vingt mille Parisiens dont le Tout-Paris mondain et artistique (Mallarmé, Zola, Verlaine, Gustave Moreau etc.), viennent le visiter, au son du prélude de Parsifal et des Sonneries composées par Erik Satie. Voici, à droite, copie d’une page de « Rose+Croix » organe trimestriel publié par J. Peladan en 1893.
Il ambitionnait d’extirper la laideur du monde moderne, s’opposant ainsi au matérialisme ambiant ; à ce titre, il est un porte parole du mouvement symboliste. Prônant une resacralisation de l’art et de la vie, Péladan opte délibérément pour un transfert du religieux vers l’art, dans la plus pure Sceautradition baudelairienne. Son ton, les symboles choisis pour la Rose+Croix témoignent d’une volonté de s’opposer au trivial et inaugurent une pratique « publicitaire » que les avant-gardes exploiteront abondamment par la suite. Si Péladan utilise un ton souvent polémique ou lyrique, c’est au service de convictions sincères et d’une défense de la grandeur de l’art qu’il estime prostitué sous une troisième république souvent mercantile. Il produit d’innombrables plaquettes de critique d’art, contribuant à faire connaître en France l’œuvre de Léonard de Vinci. Ses textes critiques, mêlent ouvrages parfois décevants et vraies fulgurances.
En définitive, le contexte de la fin de siècle s’éloignant, Joséphin Péladan renonce à ses outrances et vit dans la vénération de sa seconde femme; Christiane Taylor, En 1908, il reçoit le prix Charles Blanc de l’Académie française et en 1917, à une voix près, il faillit succéder à Octave Mirbeau à l’Académie Goncourt. Paul Verlaine lui trouvait un talent considérable et Anatole France voyait en lui un écrivain de race. Il meurt en 1918 presque oublié. Curieux personnage, non? Mais j’ai pensé qu’il avait sa place dans ma galerie de portraits. Sources

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Tout n’est qu’illusion…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le jeudi 27 mars 2014, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Mais puisque plus après j’évoque un satrape, sachez que le 27 mars est en réalité  le Jeudi 5 Clinamen 141 Sts Aster et Vulpian, violateurs du Néant; dans le calendrier pataphysique. Le bouleau est le premier arbre 63107424_pdu calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo. Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

 

Tout a fait autre chose.

Le 27 mars 1972 a vu la disparition d’un artiste dont l’œuvre m’a toujours intrigué. Maurits Cornelis ESCHER est un dessinateur graveur Hollandais. Tout le monde a croisé un jour l’une ou l’autre de ses oeuvres, originale ou transformée, souvent avec bonheur (mais pas toujours) aux fins de publicités, de génériques d’émissions télévisées, de couvertures de livres, ou d’affiches.

ESCHER associe perfection d’exécution et imagination. Il abuse de nos sens visuels, joue avec notre raison, invente de 63107551_pnouvelles représentations spatiales et de nouveaux mondes qui n’existent que par le dessin. Car « dessiner, c’est tricher ! ». Son œuvre expérimente diverses méthodes de pavage en deux ou trois dimensions ou représente des espaces paradoxaux qui défient nos modes habituels de représentation. L’œuvre de Maurits Cornelis Escher a séduit de nombreux mathématiciens auxquels il se défendait d’appartenir. Il aimait à dire à ses admirateurs : « Tout cela n’est rien comparé à ce que je vois dans ma tête ! ». Faut-il rappeler qu’il était « satrape » du collège de pataphysique…

Il y a un type qui s’appelle Andrew Lipson et qui s’est mis en tête de reproduire les dessins de ESCHER en briques de Lego. 63107564_pEtonnant, non ! Un de mes gars dans sa prime enfance avait cette faculté à construire des choses improbables avec ce matériau. Je ne regrette pas de l’avoir laisser dessiner sur les murs de sa chambre ce qui ne l’empêchait nullement de consommer une ramette de papier par semaine pour ses étranges esquisses  Mon patron n’a jamais compris les débordements de mon budget « fournitures de bureau »…     

Allez, encore merci de visiter ce blog, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le moine et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le mardi 26 mars 2014, sixième jour de germinal dédié à la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet et même Jean Cocteau: Locoal-Mendon. Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et 220px-W1067-LocoalMendon_Plec_QuenouilleSteBrigitte_74419Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal ou Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de sainte Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui.

Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des stele-de-prostlon-locoal-mendongrandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A gauche ce magnifique menhir phallique qui a été transformé en stèle gravée d’une croix pattée, avec de part et d’autre de la hampe l’inscription verticale : « CROUXX PROSTLON ». Les caractères onciaux remontent à une période qui va du IXe au XIIe siècle. Elle semble honorer une femme du nom de Prostlon, fille du roi Salomon de Bretagne et épouse du comte de Vannes, Pascuethen..

Son corps, disputé entre sa famille d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. Les miracles opérés au tombeau du saint y firent affluer les pèlerins et les offrandes. Par suite, les possessions du monastère embrassèrent peu à peu le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Hélène, la presqu’île du Plec, et les côtes de Mendon.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

OULIPO toi même…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 25 mars 2014, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Eglantine ! Alors que le 25 Mars 2014 est en réalité le Mardi 3 Clinamen 141 – La Mandragore, solanée androïde – fête suprême quarte chez les pataphysiciens dont voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’Oulipo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes et à propos de pédagogie, je vous recommande l’excellent billet de Paul sur le site « La feuille charbinoise« ), il a travaillé avec Raymond Queneau (pas Paul mais Jacques) chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, 63071001_pde 1960 à 1963. Il a été durant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, parus chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le « Goncourt de la Nouvelle » pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama.

Il a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle et de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielle). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite 63070563_pludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire ! A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Poème irrationnel

bensLe presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ils ont voté…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la démocrassie et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes donc le lundi 24 mars 2014 et, comme disait le grand Léo: ils ont voté… Plutôt qu’un long discours, je confie ma voix à Octave Mirbeau ce génial pamphlétaire, révolté et réfractaire à toutes les idéologies aliénantes, radicalement libertaire, farouchement individualiste, irréductiblement pacifiste, résolument athée, anticlérical, antimilitariste et politiquement incorrect.

«Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les 72879910_pinnombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau.(1902)

 

C‘est en 1884, pour se remettre et se « purger » d’une passion dévastatrice pour une femme galante, Judith Vinmer,  que Mirbeau fait retraite pendant sept mois à Audierne, dans le images2Finistère, et se ressource au contact des marins et paysans bretons. De retour dans la presse parisienne, il commence à écrire pour son propre compte et met sa plume au service de ses valeurs éthiques et esthétiques. Il s’engage alors dans de grands combats politiques, artistiques et littéraires qui donneront de lui l’image durable d’un justicier et d’un imprécateur. Mais bon, j’en ai maintes fois parlé sur ce blog. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Guerre à la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du tango argentin et du gratin dauphinois réunis, bonjour! Nous sommes le dimanche 23 mars 2014 jour d’élection et cinquième de germinal dédié à la poule. Mais Le 23 Mars 2014 est en réalité le Dimanche 1er Clinamen 141 -
St ABLOU, PAGE et St HALDERN, DUC – fête suprême tierce du célèbre calendrier de pataphysique, forcément Ubuesque.

En cette période de centenaire de la grande boucherie, il me plait de célébrer ceux et celles qui toujours se sont levé contre les guerres. Le mois de mars 1960, sera marqué par le décès de Julia BERTRAND. Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle était née le 14 février 1877 51185513_pdans les Vosges. Elle fut déléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du 3 au 7 septembre 1905. Elle collabora au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B », fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp.

Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche » de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. La photo présente l’équipe de La ruche. Bertrand_juliaJulia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dehors », « l’Idée libre » « Le Libertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bombardements alliés. « Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. » Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ». Sources. Cette femme là… C’était un sacré bonhomme !

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.


Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 mars 2014, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane 62942167_palors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à ce propos, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver en cette veille d’élections.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher. Or donc, le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire 51065612_pétudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles).Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français.

Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre, la contestation étudiante  s’amplifie, malgré les menaces que font courir les51109185_p groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars » avec Daniel COHN-BENDIT, mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.
La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. (La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.)

Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais Occident-photo-1deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident »  aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.
Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite, Le 31 octobre 1968, après le plastiquage d’une librairie maoïste rue Gît-le-Cœur, le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin dissout Occident afin d’éviter un nouvel engrenage. Certains de ses militants iront fonder Ordre Nouveau, puis le Front National et le tristement célèbre GUD. D’autres se rallieront à la droite parlementaire, et deviendront ministres.                                                   Allez, merci encore d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.