Le blog d’une femme de chambre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 16 février 2014, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment Pan porcino à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules. Si l’on en croit Wikipédia, Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain et un journaliste français, et à priori, il n’y a pas de raison de ne pas les croire. Avouez qu’il faut déjà faire preuve d’esprit pour naître et mourir un 16 février !

Octave Mirbeau a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n’est pas commun. Souvenez vous de l’interprétation somptueuse de Jeanne Moreau en Célestine dans « Le journal d’une femme de chambre » mis en scène par Bunuel.Un roman qui n’a pas pris une ride et qui pourtant date, pour sa première parution en feuilleton, de 1892… Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un auteur 49756011_pnovateur, qui a contribué à l’évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde. Mais, après sa mort, il a traversé pendant un demi-siècle une période de purgatoire. Il était visiblement trop dérangeant pour l’establishment, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social. Littérairement incorrect, il était inclassable, il faisait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étendait à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles ; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarnait une figure d’intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l’expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales.

«Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me 72879910_pstupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau.

La grève des électeurs, tiens, quelle drôle d’idée… Quoique ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

5 commentaires

  1. lediazec

    Bonjour Cénobite. Inconditionnel de Mirbeau je suis !

  2. Sceptique

    Il est certain qu’entre le collège religieux, et le choix de la filière scientifique au lycée, je n’ai entendu parler d’Octave Mirbeau que bien plus tard, grâce à mes études de « psy ». Quant à la grève des électeurs, qu’on appelle maintenant abstention, il était prophète.
    Mais, c’est, de mon point de vue, une erreur. Tant qu’on en a le droit, « précaire et révocable », il faut en user, et admettre que nos votes ne comptent que pour UN, et non pour mille ou cent mille, quelle que soit l’opinion qu’on a… de son opinion.

    • babelouest

      Hum… Sceptique, comment, dans le cadre de nos institutions, voter au second tour comme celui qui approche à grandes foulées ? Voter, et choisir, entre un prétendant qu’on déteste, et.. un prétendant qu’on déteste ? Les choses sont ainsi faites, que ce sont les mauvais qui restent. Peut-être par la faute de ceux qui n’ont pas voté au premier tour, d’ailleurs.

    • erwandekeramoal

      Sage conclusion que celle-ci mais je n’en reste pas moins persuadé qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la démocratie représentative.

  3. Corsico

    ♪♫… Faut les voir à la télé-urne
    Ces vespasiens de l’isoloir
    Et leur bulletin dans les burnes
    Et le mépris dans un placard
      Ils ont voté… et puis, après ?♫♪

    Sacré Léo,doit avoir les boules s’il nous voit de chez lui…

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