L’art et la marnière…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de L’Espagne éternelle et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 06 janvier 2014 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme matériau de construction dès que les outils en métal 63692468furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrit Alain Rey, dans le breton merl, maerl qui a donné par emprunt merl, puis maërl, maërle. En néerlandais mergel, allemand Mergel (peut-être également merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner !Et, si l’on en croit Pline: « II convient de traiter avec soin de ce que l’on appelle marga, qui enrichit la Gaule et la Grande-Bretagne. On n’en connaissait que deux espèces; mais récemment l’usage de plusieurs espèces a été introduit par les progrès de l’agriculture. Il y a en effet la blanche, la rousse, la colombine, l’argileuse, la tophacée, la sablonneuse. On y distingue deux propriétés : la marga est rude ou grasse ; l’épreuve s’en fait à la main. L’emploi en est double : on s’en sert ou pour la production des céréales seulement, ou pour celle des fourrages.  » Les marnières permettaient également d’extraire la craie pour amender les terres agricoles. En effet, à l’époque, enlever d’importantes couches de terre végétale était impossible; on commença donc à extraire là où la marne affleurait et on poursuivit en creusant des réseaux de galeries.

À notre époque, la marne est extraite dans de gigantesques carrières à ciel ouvert, généralement proches de la cimenterie où elle est transformée. Peut-être comme moi vous êtes vousimages interrogé un jour sur la raison qui poussait les paysans à conserver un arbre tout seul isolément au beau milieu d’un immense champ. Et bien, les anciennes marnières étaient souvent souterraines et disséminées. Après usage elles ont été rebouchées, leurs emplacements étant seulement repérés par des arbres. Au fil du temps (et des remembrements), ces arbres généralement isolés au milieu des champs ont disparu et la mémoire du site avec eux. Aujourd’hui encore, notamment dans le pays de Caux, quelques habitants non avertis, se retrouvent ébahis devant un grand trou dans le jardinet du pavillon de banlieue. Etonnant, non !

  • Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
    Derrière la maison, en hiver, s’illunait,
    Gisant au pied d’un mur, enterré dans la marne
    Et pour des visions écrasant son œil darne,
    Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
    — Arthur Rimbaud Les Poètes de sept ans, 1871)

Allez, je m’en vais finir la galette (caramel – beurre salé) avec mon café; merci encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

10 commentaires

  1. babelouest

    La marne…. là où j’habitais autrefois, on n’en trouvait guère. C’était plutôt le calcaire seul qui prédominait, affleurant le sol. En Bretagne, c’est sûrement assez rare également, quand le granit dresse ses circonvolutions sculptées par l’érosion.

    Notre amie la pluie est revenue : elle nous manquait, c’est vrai. J’espère que les fleuves côtiers, fatigués par leurs escapades, ont regagné leurs lits : borde-les bien.

    Là-dessus, moi aussi je me dirige vers la cafetière. Le jour se lève sur la Terre…
    https://www.youtube.com/watch?v=fbcjSH3Qp0g
    (tiens, c’est amusant, son micro ressemble beaucoup à ceux que j’avais autrefois, bien que ceux-ci fussent équipés d’un câble – des AKG)

    • erwandekeramoal

      Hélas, la décrue se fait attendre. Il a plu et venté très fort toute la nuit encore. Quand au calcaire breton, je ne vois que celui du Quiou (proche de Dinan) et que l’on nomme les faluns de Tréfumel. Sur cette commune on trouve encore trace de l’ancienne usine Bougeard et de ses fours à chaux.

      • babelouest

        A Dinan, on commence à s’éloigner de la Bretagne bretonnante.

        Ici aussi, pluie et vent. Décembre a été plutôt sec, mais là on rattrape. Pour se déplacer, il va falloir des abourdes, bientôt !

  2. Corsico

    cf Karrig an ankou…(04/01/2014)

    Amis du document ci-joint et des artichauts à la grecque* réunis, bonjour!
    Aristide Finefoix, un homme carré, dans un coron.
    Né en 1937, à Samemmher,village minier prés d’Haguenau dans le Rhin Supérieur ,
    Aristide Finefoix n’a eu de cesse depuis d’épater la galerie par ses incessants apports dans le monde du syndicalisme
    des sciences et de la culture, en particulier au sein de la « Confédération des mineurs de fond Alsaciens » à Samemmer,
    puissante association créée par Napoléon III quand il prit le pouvoir un lundi peu avant l’heure du repas.
    Qui n’ a encore en mémoire ces vers délicieux injustement attribuées à Michel Laclos:
    « On est plus près du cœur quand la poitine est plate.
    On cherche le téton, c’est déja l’omoplate »
    Aristide Finefoix a entamé son chemin vers la gloire en inventant l’ épépineur de mirabelle,
    qui devint depuis le summum de la distinction pour tout homme moderne.
    (-En effet qui depuis n’a pas exhibé fièrement son épépineur de mirabelles à la foule envieuse ?-
    Pour cela, les habitants de la planète entière et en particulier de Haguenau lui sont reconnaissants.n.d.l.c.)
    Mais c’est à l’aube de ses 40 ans(Manche) qu’il découvre dans une librairie poussiéreuse de Haggenau un ouvrage apocryphe
    intitulé: L’épée Pineur de l’émir Abel, aux éditions Dubois.
    Pour Aristide Finefoix c’est un outrage, un défi à relever,
    il s’attelle à la rédaction de :«Les mineurs de fond de Haggenau gouverneront en novembre »,
    Une œuvre majeure qui l’occupera jusqu’à ce qu’il atteigne 77 ans.
    (Cet opus sortira en librairie lundi prochain.N.d.l.r.)
    Comme l’a si justement fait remarquer François-Xavier Duplantier – Le Monde du 04/01/2014 :
    «Ce livre est une œuvre impérissable que Finefoix a écrit avec ses roubignoles sans aucune concession.».
    Alors, m’ame Michu, l’aurait t’y pas une ‘tite place de par chez nous,l’Aristide!!?
    *La recette de Pierre Dac:
    La préparation des artichauts à la grecque est simple
    et mérite d’être connue par tous ceux qui considèrent l’artichaut
    comme étant la plus noble conquête de l’homme après l’arrosoir.
    « Vous prenez quatre artichauts et vous en rendez deux au marchand,
    parce que ça vous suffît, à moins que vous n’en rachetiez trois autres si vous estimez que c’est nécessaire.
    Cela fait,tâchez d’avoir dans vos relations une dame de nationalité grecque
    et demandez-lui, moyennant une honnête rétribution, de vous préparer vos artichauts à la manière de son pays.
    C’est tout. »
    En espérant t’avoir été d’un bon secours…..

  3. Corsico

    Je viens de recevoir ceci:

    Avec Victor Hugo (‘scusez du peu…ndlc.) je crie haut et fort -mais pour aller au but,
    il faut essentiellement du courage-
    que « le calembour est la fiente de l’esprit qui vole »et si je professe (Quel beau métier professeur..ndlc)
    le temps abolit les mythes, j’ose espérer qu’il n’est point vrai
    que l’on est abusé par les Mythes.
    Et comme le sage qui montre son dos aux goguenards,
    souffrez que je tourne le mien.
    La comédie nous enseigne à détester nos ridicules
    je m’évertue à détester le votre.
    Je ne vous salue point point.
    Émile Vachard, opticien à Samemmher.

    • erwandekeramoal

      Qu’en termes puissants ces choses là sont dites…

    • babelouest

      Pour aller au but, il faut déjà prendre part à la course, qu’elle soit en curling, à dos de chien ou de puce, ou en patins avec ou sans roulettes….. mais point n’est besoin de gagner, avec le risque d’afficher le score BUT.

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