O qu’il est beau mon logo…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le samedi 11 janvier 2014, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, c’est la St hernin.71777162_p Hernin serait venu de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn dont le nom vient du vieux breton Harn, d’où Loc Harn. (C’est là que siège le fameux Institut du même nom que d’aucun nomme encore « le Davos breton » et qui rassemble la droite réactionnaire, blanche et catholique; l’agro bizeness et les tenants d’une Europe des régions.) La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à saint-hernin.

Pour les nouveaux lecteurs de ce modeste blogue j’avais envie d’en remettre une couche sur l’origine d’un logo pas tout à fait comme les autres. Grâce à un petit livre très illustré paru il y a quelques temps, on connaît enfin l’origine de ce symbole, 48405355_psceau de l’insoumission, de la rébellion, de l’anarchisme : le A cerclé, ou A dans l’O. A force de le voir graffité sur des murs à la craie, à la bombe (de peinture), sur des T-shirts et des drapeaux, on pensait qu’il était là depuis toujours. Certains pensaient que ce A dans l’O était des lettres d’évangile ou encore le A et l’O extraits du nom de Ravachol, le militant anarchiste. D’autres ont cru qu’il synthétisait, au XIXe siècle, l’idée de l’anarchie dans l’ordre prônée par Pierre-Joseph Proudhon. La plupart (espagnols…) ont semblé le voir, pendant la guerre d’Espagne, arboré quelque part dans la colonne Durruti.

En fait, ce signe est une création iconographique plus récente. Etudes et preuves à l’appui, certifiées par le Centre d’études libertaires Pinelli de Milan et le Centre international de recherches sur l’anarchisme de Lausanne, on sait désormais 71777098_pque le premier A cerclé remonterait à 1964. En avril précisément, il apparaît dans le Bulletin des Jeunes Libertaires comme projet de signe de ralliement proposé « à l’ensemble du mouvement anarchiste ». On connaît les noms des concepteurs : Tomas Ibanez et René Darras. En 1968, il reste encore discret. Redessiné élégamment (A avec empattement, en négatif sur fond circulaire noir) en 1971 par le frère d’Amedeo Bertolo, Gianni, pour être le titre d’un officiel mensuel anarchiste, il retrouve sa place dans son camp, après avoir été utilisé par l’extrême droite, notamment en Italie.

Pour Amedeo Bertolo, le « père adoptif » du A cerclé, à qui on demande si après 40 ans, le A dans l’O a bien vieilli, sa réponse est claire : « Il me semble encore très efficace, tant comme symbole de révolte anti-autoritaire que comme “ signature ” des multiples anarchismes contemporains.  (Sources:Article de Mesplé paru sur Rue 89. « A cerclé, histoire véridique d’un symbole » ed. Alternatives)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

7 commentaires

  1. Bargougnan

    Ni Dieu ! Ni Maître ! Mais pas no logo ! Faut pas exagérer quand même !
    Pour ce qui est de la discrétion en 68… faut voir… pas à Grenoble en tout cas !

  2. babelouest

    Ah Cénobite, tu parles comme un livre pensé par un(e) libertaire intelligent(e), ce qui est plus fréquent que chez les raies actionnaires.

    Bonne fin de semaine, dans un duodi qui ne manque pas de sel.

  3. louise michel

    en 1968, nous avions peints notre deudeuche en noir, et nous avions peint le sigle Anarchiste dessus, on s’est fait arrêter par les flics, ils nous ont demander ce que voulait dire ce A, alors on a répondu que c’était un groupe folklorique d’Auvergne,, et bien ils l’ont cru qui l’eu cru! on en rit encore, Bon WE salut et fraternité

  4. lediazec

    Bonsoir le Cénobite. Bien que vieil anar, j’ignorais l’origine du A dans le O, tout pareil que papa dans maman. Pourtant, diable sait, si j’en ai bombé du Papa dans maman sur les murs ! Vingtdieux oui !
    Merci pour cet éclairage précieux, Ô encyclopédique compagnon !

  5. Rem*

    En tout cas, ce A dans l’O est bien plus beau que le petit @ à la con, dont j’ignore l’origine…
    A Genève, cette ville réputée pour son Calvin rigoureux, ses banques aux douloureux secrets, son jet d’eau et ses institutions internationale, est aussi une pépinière d’anarchistes parmi lesquels j’ai vécu (non loin il y a le Jura libertaire où Bakounine fut…). J’y ai appris, question graffiti, que le « VRAI » se distingue du « FAUX », selon que les branches du A percent le O (là c’est du vrai) ou restent docilement encerclé par le O (là c’est du toc). Et TOC, tu savais çà, ô cénobite si tranquille parmi d’autres ?
    Quant au Saint Breton du jour, là tu m’en bouche un coin…

    • erwandekeramoal

      Fort heureusement, les lecteurs de ce blog sont là pour combler mes lacunes.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).