Les folk journées (bis)

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des folk journées et du pâté d’alouette réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 29 janvier 2014, 10è jour de Pluviôse dédié à la cognée. Lundi dernier, le vieux Pete à cassé sa pipe à l’âge de 94 ans. C’est le départ pour l’Orient éternel d’un monsieur qui a marqué de son empreinte le protest song. Je lui avait consacré un petit billet que je reproduis ci-après. C’était aussi un clin d’œil à Serge pour son superbe site.

La carrière de Pete Seeger, personnage clef du mouvement folk revendicatif, s’étend sur plus de cinquante années et autant d’albums. Né à Manhattan (03 mai 1919) dans une DownloadedFile-1famille musicienne, il commence assez tôt à apprendre le banjo. Il se passionne pour l’héritage folk et, parallèlement à ses études à l’université Harvard, il travaille comme archiviste auprès d’Alan Lomax, célèbre folkloriste attaché à la bibliothèque du Congrès. Sa démarche le pousse à aller glaner les chansons folkloriques sur le terrain et, de même que Woody Guthrie, il parcourt le pays tel un hobo (vagabond travaillant occasionnellement pour des fermiers ou de gros chantiers), banjo sous le bras, partageant la vie des travailleurs et des journaliers.

Après la Seconde Guerre mondiale, qu’il passe dans l’armée, Seeger entame une carrière de musicien à temps complet. Il rencontre bientôt de graves problèmes, consécutifs à ses engagements politiques. En 1948, son nom est porté sur la liste noire du sénateur McCarthy, et il est cité à comparaître devant le fameux Comité sur les activités antiaméricaines, qui démolira bien des vies, notamment à Hollywood. Malgré cet épisode, il n’arrêtera jamais de clamer ses convictions. Il images-1recomposera ainsi la chanson We Shall Overcome, à partir d’un très vieux gospel qui sera, tout au long des années 60, l’hymne des militants antiségrégationnistes et des opposants à la guerre du Viêt Nam. Il sera aussi l’auteur de nombreux autres titres célèbres comme « If I Had A Hammer » (reprise en France par Claude François sous le titre Si j’avais un marteau dans une version édulcorée qui en gomme tout le côté protestataire.), Turn, Turn, Turn, sur des paroles tirées de l’Ecclésiaste  (reprise par les Byrds) ou Guantanamera (reprise en France par Joe Dassin). Si Pete Seeger joue occasionnellement avec les Guthrie père et fils, tant sur vinyle que sur scène, il aide aussi aux débuts de Don MacLean. On tombe aisément sur son nom au dos d’une pochette de disque, même insignifiante, tant il a été repris ou a participé à des enregistrements d’autres artistes. Joan Baez dira de lui : « Nous devons tous notre carrière à Pete. » Il demeure comme une des figures les plus incontournables de la musique populaire américaine.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. gencyve

    Très belle reprise sur Pete qui j’en suis sûr sera bien accueilli dans l’Orient éternel comme tu le dis si bien.
    Le titre « Folk journées » m’a interpelé alors que nous nous préparons aux « Folles Journées » nantaises, oui je sais c’est un peu facile…!
    Bonne journée au cénobite et à Uppish qui doit suivre le blog assidument

    • erwandekeramoal

      Je vois qu’il y en a au moins un qui suit. C’était bien sur un clin d’oeil aux journées nantaises. Quand à Uppish, il passe presque autant de temps que moi devant l’ordi.

  2. Hobo-Lullaby

    Bonsoir Erwan

    Outre ses qualités humanistes et son immense talent, on sentait poindre chez lui un ptit coté Libertaire voire désobéissant :

    « Connaissez-vous la différence entre l’éducation et l’expérience ? L’éducation, c’est quand vous lisez tous les alinéas d’un contrat. L’expérience, c’est ce qui vous arrive quand vous ne le faites pas. »
    Pete Seeger – Extrait de Loose talk

    Il nous manque déjà …

    Merci pour ce billet

    Amitiés fraternelles

    Serge

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