Antoine et le festin de Babette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la gastronomie et de la brasse coulée réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 17 janvier 2014, 28è jour de nivôse dédié au Zinc (mais pas au bar).
Aujourd’hui donc, nous célébrons (ou pas) Saint Antoine. Attention, St Antoine le grand, pas celui de Padoue… C’est un peu le patron de tous les anachorètes et cénobites réunis. On sait tout de lui grâce à Athanase d’Alexandrie qui a bien voulu nous raconter sa vie. Il vécut jusqu’à l’âge canonique de 105 ans et passa une grande partie de sa vie en Thébaïde sur le mont Qolzum. Il est resté célèbre pour avoir résister toute au long de sa vie aux tentations du Malin; les fameuses tentations de Saint Antoine. A l’inverse de votre serviteur qui a su résister à tout sauf aux tentations…

De nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d’un cochon portant une clochette. Selon Emile Mâle qui signale que cette tradition date de la fin du XIVè siècle, le cochon n’a rien à voir avec la vie du saint mais avec 71941614_pun ordre religieux fondé en 1095 (les Antonins) : les porcs n’avaient pas le droit d’errer librement dans les rues, à l’exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette. A noter cependant que les démons qui ont tourmenté le saint ont, dans un premier temps, été représentés par des animaux sauvages (lion, ours, etc.) puis sous la forme d’animaux plus familiers comme le loup et le sanglier, ce dernier pouvant expliquer le lien avec le cochon. On le voit aussi très souvent en compagnie d’un autre ermite, saint Paul de Thèbes, on dit qu’ils étaient copains comme cochons…
Si tous les cénobites vivent aussi longtemps, vous allez encore devoir me supporter un peu. Il est vrai que j’ai un rendez-vous avec une amie (salut Marie-Anne) pour fêter notre cent le-festin-de-babettevingtième anniversaire en reproduisant le « festin de Babette » immortalisé par le magnifique film danois de Gabriel Axel en 1987. Je crois qu’à l’origine il s’agissait d’une nouvelle de Karen Blixen. Si l’occasion se présente à vous de le lire ou de le visionner, n’hésitez pas, c’est une pure merveille. Il existe à Montmorillon, jolie cité médiévale du Poitou, une librairie entièrement consacrée à la gastronomie, œnologie et tabagie (les fameuses tentations) et qui porte le nom de Festin de Babette. Le patron se nomme Robert de Jonghe ; je sais que l’on ne passe pas tous les jours à Montmorillon mais, si vos pas vous y conduisent, faites le détour. (Je crois que c’est fermé en hiver).
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. gencyve

    Eh bien mon cochon t’en connais des choses sur les Antoine, voilà un billet qui va réjouir mon frangin Michel du coté de la région « des pieds salés » rien à voir avec les pieds de cochon mais plutôt avec les œillets de paludiers

  2. La Feuille

    « Le festin de Babette » c’est effectivement un très grand film ! L’idée ne m’était jamais venu de reproduire le menu du banquet final, mais il y a quelques mets très fins qui figurent au programme dont je n’apprécie guère le goût alors c’est rapé (le menu, la carotte aussi).
    Grave question : allez vous servir les mêmes vins et surtout les mêmes années que celles proposées ? Auquel cas, cher cénobite, je ne manquerai pas d’aller piller ta cave la prochaine fois que tu t’absenteras.
    Pour compléter la collection, à Montréal, ville où l’on sait vivre et apprécier les bonnes choses, il y a une charmante épicerie fine portant le nom de « Au festin de Babette », complété par « Marchande de petits bonheurs »…. J’adore… Bonnes agapes pour ce 120ème !

    • erwandekeramoal

      Un Clos de Vougeot 1845 pour les cailles en sarcophages… J’avoue que ça va être difficile. Je propose un vin « de chasse » comme un Crozes hermitage 1978 ou 1999. Mais d’ici là, que d’eau encore sous les ponts va couler. Bonne fin de semaine.

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