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De la coupe aux lêvres…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la charité bien ordonnée et du café-cognac réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 02 janvier 2014, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise. En Bretagne armoricaine, ce jour est dédié à Koupaia. Oyez ceci.                                 Aspasie, plus connue sous le nom de Pompée et en Bretagne de Koupaia, dut le jour à Eusèbe, qui devint roi d’Armorique, et à Landouenne, son épouse. Eusèbe sévit dit-on avec excès et injustice envers des sujets qui l’avaient irrité : il fut attaqué d’une maladie, et sa fille unique, la vilaine, fut obsédée du démon.  Fort heureusement, Saint Melaine qui P1020757passait par là les délivra. Or donc parlons de Koupaia, prénom dans lequel on retrouve sans doute Copia, représentation symbolique de la déesse mère de Rome Cybèle (la coupe) le chaudron pour les celtes.  Hoël Ier, successeur de Budic, associa sa cousine Koupaia à la couronne, en l’épousant.  En 509, les Frisons (peuple germanique – sans doute saxon) firent une irruption dans l’Armorique, et, malgré les efforts de Hoël-le-Grand, ils s’en emparèrent. Ces Saxons là, probablement des Lètes au service de Rome à l’origine, devinrent des sujets de Clovis à la fin du Ve siècle. Ils entretenaient une armée permanente qui était utilisée par le pouvoir mérovingien en cas de besoin. L’histoire a gardé la trace de leur sévère défaite face aux bretons de Waroch (le vannetais) en 579. Profitant du fait que les bonnets rouges aient levé le blocage de la Brittany ferries, Le souverain et sa famille se retirèrent dans les îles britanniques. Hoël et Koupaia s’attachèrent à donner une bonne éducation à leurs enfants, et en mirent deux, Tugdual et Léonor, sous la direction du savant et pieux Iltut. Inutile de vous dire que Koupaia trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Vous le savez, en politique, rien n’est jamais définitif et, en 513, le prudent et brave monarque fit son come-back et chassa les barbares de ses États, y reprit les rênes du gouvernement, et, aidé des conseils de son épouse, répara les maux qu’y avaient multiplié ces féroces soldats qui vinrentSteKoupaia1 jusque dans nos bras égorger…  Il paraît que la reine était restée en terre d’Angles. Hoël y rentra pour voler au secours de son parent, le roi Artur (oui bon, alors là, l’histoire et la légende se mêlent allègrement les pinceaux pour alimenter les longues veillées au coin du feu). Koupaia eut à pleurer son illustre époux vers 545. Grande dans sa viduité, elle embrassa la vie religieuse, suivit, de Sève, sa fille, Tugdual et Léonor, lorsqu’ils revinrent en Bretagne, et qu’un autre de ses enfants, Hoël II, monta sur un trône que son père venait de couvrir de gloire. La bonne princesse passa le reste de ses jours dans un monastère à Langoat, à une lieue de celui de Tréguier, que dirigeait saint Tugdual. D’après:Vies des bienheureux et des saints de Bretagne par M. de Garaby (1839) – Saint-Brieuc

Ainsi que je l’ai souvent écrit, en guise d’avertissement au lecteur, ces histoires ont la plupart du temps été écrites par les hagiographes des XVIè, XVIIè, XVIIIè  siècle chargés 180px-Vie_des_saincts_-_1637_-_Couverture1d’instruire le petit peuple breton dans le respect du bon maître et du bon Dieu d’où une certaine distance voire ignorance de l’histoire quand il ne s’agissait pas purement et simplement d’affabulations. Albert le grand – Maunoir – Noblezt – de garaby – de kerdanet, Dom Lobineau… C’était à qui en rajouterait une couche car, en effet, La grande majorité des vitae sont d’écriture relativement tardive, à part peut être celles de St Samson et de St Pol Aurélien, pour lesquelles on avance le VIIIe siècle – c’est déjà plus de 200 ans après les faits. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.