En sortant de l’école…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

, , , , ,

Amis de la quadrature du cercle et de la soupe de chinchards réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 03 décembre 2013, treizième jour de Frimaire dédié au Cèdre.                           Je me souviens très bien de cette année 1971, lorsque Maspéro fait paraître le livre «Libres enfants de Summerhill». Étudiants post soixantuitards à Rennes, nous nous passionnions pour les questions de l’éducation, et ce livre nous avait profondément marqué. Sutherland Alexander Neill fonde imagesl’école Summerhill au mois de décembre en 1921 près de Dresden en Allemagne. C’était un adversaire farouche de Maria Montessori à qui il reprochait son moralisme. Suite à plusieurs contestations et difficultés politiques reliées aux principes sur lesquels était fondée l’école, Neill déménage celle-ci dans le comté de Suffolk en Angleterre en 1924, près de la ville de Leiston. Au travers d’une vingtaine d’ouvrages et d’innombrables articles, il en a conté la vie quotidienne, ne manquant jamais l’occasion de susciter la polémique, brossant sans cesse le tableau d’un lieu où l’adulte n’a pas à imposer sa loi.

Les journalistes baptisent Summerhill l’école «à-la-faites-ce-qu’il-vous-plaira». Pourtant, l’école, avec ses bâtiments de images-1bois, son grand parc et ses arbres, apparaît, surtout l’été, comme un lieu des plus agréables, véritable école à la campagne comme Ferrière pouvait en rêver au début du vingtième siècle. Mais, dans cette école, les cours sont facultatifs, les enfants, s’ils le souhaitent, peuvent jouer toute la journée ou se livrer à des activités manuelles dans l’atelier. Les soirées sont réservées à la danse, au théâtre , aux fêtes. S’il ne craignait la fermeture de l’école par les autorités, Neill ne poserait aucun interdit pour la sexualité.

Le samedi soir est réservé à l’assemblée générale. Durant cette réunion présidée par un élève élu, les enfants exposentSUMMERHILLPOURCONTRE leurs problèmes, en débattent, élaborent leurs lois et, dans cette assemblée, la voix de Neill, ni celle des autres adultes n’a pas plus de poids que celle d’un enfant; ah, Utopia, que ferait-on sans toi ? Aujourd’hui, l’heure est à la régression, la mode est au pensionnat, le must c’est l’uniforme, le summum c’est le centre fermé…Vous verrez qu’une large majorité va se dégager en faveur de toutes ces mesures consistant à mettre au pas ces brebis égarées, surtout si elles sont un peu bronzées et pas du tout catholiques.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

2 commentaires

  1. lediazec

    Bonjour le Cénobite. Moi qui n’ai jamais fréquenté l’école (j’ai eu cette chance) j’ai beaucoup aimé Libres enfants Summerhill. Tout comme j’ai aussi aimé la méthode Freinet. Ainsi que Maspero où j’ai passé des heures incroyables.
    On se porte bien !

  2. La Feuille

    Maspero avait sorti à l’époque aussi
    - « le maître camarade et la pédagogie libertaire » sur l’expérience des écoles de Hambourg ;
    - « Pour l’école du peuple » de Célestin Freinet et d’autres ouvrages du même auteur.

    Il est vrai que de nos jours le critère principal de l’école publique ou privée ce n’est pas la libération des esprits, mais l’évaluation des compétences (à pointer à Pôle Emploi…). Côté morale on a effectué un joli pas en arrière.
    Mais bon, il ne faut pas idéaliser non plus… La première classe primaire dans laquelle j’ai effectué un stage était « tenue » par un ancien légionnaire qui frappait les élèves sur la tête avec sa chevalière et s’énervait parce que les gamins ne connaissaient pas le sens du mot revolver ou tout au moins ne souhaitaient pas répondre à ses questions idiotes… Quant au premier instit que j’ai remplacé, il donnait une liste de problèmes à ses élèves, partait au village d’à côté boire un coup et surveiller la construction de sa villa, puis il rentrait en classe à l’improviste et punissait tous ceux qui avaient osé bouger le petit doigt !

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).