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Ma cousine, c’est Bécassine…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la flûte enchantée et de la démocratie en chantier, bonjour ! Nous sommes le jeudi 05 décembre 2013, quinzième jour de frimaire dédié au chevreuil. Rien que pour vous, j’ai repiqué ce billet dans un article sur le site Altermonde sans frontières, que vous pourrez lire dans son intégralité, il est signé Yann Fievet (les illustrations ont été rajoutées): »La 352-94532révolte “moderne” des bonnets rouges n’est assurément pas le début d’une Révolution. Elle fait du reste plutôt pâle figure face à sa devancière de 1675. Cependant, elle est l’occasion, en maints lieux médiatiques ou par la parole de personnalités s’autorisant à penser, de réactiver les vieux poncifs à l’endroit – à moins que ce soit à l’envers – de la Bretagne et des Bretons. Bien sûr tout n’est pas faux dans la glose déchaînée en la circonstance mais certaines élucubrations qui nous sont infligées valent leur pesant de bécassinades…

Commençons par une affirmation qui ne devrait souffrir aucune contestation honnêtement argumentée de la part de ceux qui prennent au sérieux les crises « écologique, sociale et économique » nous frappant simultanément aujourd’hui : le modèle agro-industriel breton n’est plus défendable depuis longtemps déjà. Les conditions de imagesproduction sur lesquelles il repose, à savoir l’exploitation exacerbée d’une main d’œuvre majoritairement féminine et l’amoindrissement de la qualité des produits par la standardisation afin de tenir les coûts, correspondent au schéma général du capitalisme traditionnel. À ce jeu-là l’agro-alimentaire breton est forcément confronté, dans le cadre de la mondialisation débridée, à la concurrence de ses cousins des pays dits émergents ou à ceux de la « seconde Europe ». La crise de ce secteur qui n’a pas voulu résister à cette menace en élevant le niveau de la qualité de ses productions était donc prévisible (… ) S’attaquer à l’éco taxe au nom de la défense des emplois de ce « modèle » est donc incongru. Le nouvel impôt est suspendu avant même d’avoir été appliqué ; la crise du modèle breton va s’intensifier puisque ses racines sont ailleurs.

Assénons une autre vérité : les Bretons sont les premiers à pâtir du désastreux modèle. Alors, pourquoi des milliers d’entre eux, dont nombre de salariés de l’agro-alimentaire, ont-il défilé avec les patrons du secteur le 2 novembre à images-2Quimper ? C’est là qu’entre en scène sous la plume acerbe du commentateur le grandiose et vieux poncif : le Breton manque de finesse, est servilement soumis à celui qui le nourrit, son ancêtre Bécassine nous l’a définitivement prouvé. Les Bretons seraient donc inaptes à la lutte des classes. C’est regrettable, à l’heure où il devient urgent de la réactiver pour faire sauter les verrous des sociétés oligarchiques. (…)  Dans l’affaire qui nous occupe, nombre de témoignages attestent que les salariés de diverses entreprises agro-alimentaires ont été manipulés par leurs patrons. Là, le donneur de leçons d’engagement reprend la parole : se laisse manipuler qui veut ! On lui pardonne. Il est ignorant de l’Histoire (…)

Il faudrait enfin se rendre compte que les Bretons ont commencé à tourner le dos au modèle écologiquement et socialement honni. La Bretagne voit aujourd’hui fleurir ici ou là des alternatives à l’agriculture productiviste et chimique. Le vrai basculement vers un « modèle soutenable » serait grandement facilité, en Bretagne comme ailleurs images-3dans l’hexagone, par le desserrement de l’étau du centralisme bureaucratique français qui bride tellement les énergies créatrices par manque de moyens matériels et par surcroît de réglementations inadaptées aux circonstances régionales. Pourquoi ne pas soutenir cette Bretagne nouvelle contre celle du passé désormais fragilement tenue par le MEDEF et la FNSEA ? La Bretagne, trop souvent présentée comme une assistée, ne l’est-elle pas précisément à cause de son emprisonnement dans un jacobinisme dépassé ? Les Bretons reprendront un jour le large, faisons-en le pari. » Allez, portez vous bien et à demain peut-être.