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On aurait pu le nommer saint clou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des fontaines miraculeuses et du pain perdu réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 10 novembre 2013, vingtième jour de Brumaire dédié à la herse; mais ne me demandez pas pourquoi.

Or donc, mes biens chers frères, si vous le voulez bien, aujourd’hui nous allons évoquer Govrian. D’origine vannetaise, ce saintGobrien-190x300 guérisseur serait né vers 670 dans une famille noble, ce qui somme toute n’est pas si mal pour débuter dans la vie. Après ses études, il se consacre à la vie monastique et se retire à l’abbaye de Rhuys (56). De retour à Vannes, il rejoint le clergé de la cathédrale. Au décès de Mériadeg, il est désigné « à l’insu de son plein gré » pour le remplacer  et sera sacré à Dol (35). Après 17 ans sur le siège épiscopal, il établit son ermitage à Saint-Servant-sur-Oust (56) et y meurt en 725.

Une chapelle a été construite sur les lieux mêmes de son ermitage, à Saint-Gobrien. (photo de gauche) Si les eaux de la source de la chapelle St-Gobrien ont prétendument soigné pendant longtemps, le « mal des ardents » (ergotisme), par la DownloadedFilesuite, elles attirèrent les personnes souffrant de furoncles ou d’abcès. La légende dit qu’il fallait déposer une poignée de clous sur le tombeau, dans la chapelle. Lorsque le clou était rouillé, le malade était guéri… Voilà de quoi combler le trou de la sécu. De nombreuses plaques votives sont fixées sur le mur de la chapelle, à côté de la statue polychrome du Saint. En 1900 l’eau soulageait encore certaines maladies d’enfants. Les mères laissaient alors dans les interstices des pierres de la fontaine les linges ayant servi à humecter les parties traitées. Une légende prétend aussi que les jeunes filles désireuses de prendre époux dans l’année devaient faire 7 fois le tour du tombeau en se gardant d’effleurer le mur et la sépulture pour voir leur vœu exaucé. Mais ça, c’était avant…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’humanité en marche et de la galette-saucisse réunies , Bonjour ! Nous sommes le samedi 09 novembre 2013, 19è jour de Brumaire que nos amis républicains dans leur grande imagination et leur célèbre calendrier avaient dédié à la grenade (le fruit bien sur).

A l’heure ou nous nous apprêtons à commémorer la fin de la grande boucherie de 14/18, je pense à ces deux grand-pères que je n’ai pas eu l’heur de connaître pour la mauvaise raison OLYMPUS DIGITAL CAMERAqu’ils sont resté couchés là-bas quelque part au chemin des dames. Sans doute, comme le dormeur du val avec un grand trou dans la poitrine… On dit que près de 200 000 bretons y sont restés ! Tous les ans, à Primelin (29), c’est dans le cap sizun, les libres penseurs se réunissent devant le monument aux morts, seul monument pacifiste que l’on recense dans le département. Ils réclament entre autre, que soient réhabilité les « fusillés pour l’exemple » de la première guerre mondiale. Durant celle-ci, 2500 soldats français sont passé devant des cours martiales.

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Parce qu’ils refusaient la barbarie et la guerre impérialiste, tous ont été condamnés. Parce qu’ils refusaient de crever pour les profiteurs de guerre, parce qu’ils voulaient mettre fin à la boucherie, parce qu’ils refusaient de tirer sur leurs camarades ouvriers allemands et fraternisaient avec « l’ennemi », parce qu’ils voulaient la paix,58855947 le pain et la liberté, 650 troufions, parfois tirés au sort, ont été sauvagement assassinés. Qu’aurais-je appris de ces deux grand-pères qui n’ont pas vu grandir ni leurs enfants ni leurs petits enfants. Ces hommes, nés dans le 19ème siècle, possédaient à coup sur, tant et tant de choses à raconter; tant de richesses à partager. Et pourtant, ils sont partis, fleur au canon, en clamant haut et fort que c’était la der des der. Après celle de 70 et avant celle de 40. Avant l’Indochine, l’Algérie, le Vietnam et puis, l’Irak, l’Afghanistan, et demain peut-être l’Iran. Oui vraiment, quelle connerie la guerre !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le vendredi 08 novembre 2013, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les rhumatismes. J’imagine que peu vous chaut l’état de santé de l’auteur, il n’empêche qu’il souffre le martyre à cause d’une vieille douleur rhumatismale entre les doigts de pieds. Pour un retraité qui rêvait de les avoir en éventail… Avouez que c’est un comble.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci : « C’est le conteur lui-même qui va parler devant vous. Je l’ai connu jadis à Poullaouen, où il cumulait les emplois fort disparates de tailleur et de bedeau ; de plus on le disait lettré pour un sonneur de cloches, vu que, dans ses récits, il aimait à citer des noms mythologiques. Il racontait, tout en réparant des soutanes, et, comme bedeau, se donnait des airs de sermonneur. Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, 69855801_psur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. » vous trouverez la suite sur Laurens de la Barre. En bref, Tremeur était le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton, qui assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils. Sainte Trifin fut assassinée puis ressuscitée et donna naissance à Tréveur. Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. Tréveur aurait pris sa tête entre ses mains et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère à Sainte-Tréphine (22). Il est le patron de Carhaix  (29). Tremeur viendrait de « Trech Meur » qui signifie grande victoire. C’est Christian Troadec qui va être content…

Avec Souvestre, Sébillot et Luzel, laurens de la Barre fut l’un des précurseurs de la collecte de la matière bretonne. Les contes et légendes qu’il rassembla, notamment dans les monts 69879892_pd’Arrée, eurent autant de succès que ceux d’Anatole le Braz quelques décennies plus tard. La plupart de ces auteurs, à l’instar de De la Villemarqué,et son Barzaz-Breiz, vont contribuer à ancrer dans l’esprit du petit peuple, l’image d’une Bretagne soumise, chrétienne et réactionnaire. Déguignet, auteur des mémoires d’un paysan bas-breton, dont je vous ai parlé ici, les traitera de « monarchisto-nationalisto-cléricafards bretons » et ajoutera: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ».

C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hableur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par 69878399_pla vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont retrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée… L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ici à gauche. Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avant Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne et à qui l’on doit cette fameuse citation: Eur vaghérès sent que l’on pourrait traduire par: une pépinière de saints… Comme le disait mon aïeule, plus pétroleuse que bigote: à bas la calotte…

Bon, je vous avais prévenu, faut pas me lancer la dessus, après je ne m’arrête plus. Résultat, je ne sais plus de quoi je voulais parler aujourd’hui… Ce n’est rien, portez vous bien et à demain peut-être.

A Montmartre le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi sept novembre 2013, 17è jour de brumaire dédié au cresson… Ce 07 novembre est le jour anniversaire de la mort d’un chansonnier anarchiste qui, à l’instar d’un Gaston Couté disparaît des mémoires. Offrons lui une place dans notre galerie de portraits.

Charles d’Avray est un poète et chansonnier anarchiste français né le 9 septembre 1878 à Sèvres, de Charles Henri Jean, architecte, et de Juliette Dédillière. Il arrive à Paris, ayant68038987_p terminé ses études secondaires, en 1898. Il a 18 ans, l’âge de toutes les ambitions, de tous les espoirs. Il n’est pas très chaud pour suivre les traces de son père. Ses préférences vont à la musique, à la chanson. Il compose ses premières œuvres, qu’il interprète dans des cafés-chantants. Ainsi naquirent les « chansons du trottoir« , les « chansons des veillées« . Un jour, il rencontra le compagnon de la mère de Jeanne Humbert, libertaire militant, qui l’introduisit dans les milieux néo-malthusiens, et lui fit connaître et partager l’idéal anarchiste qui l’animait. Charles fréquenta ce milieu, riche en militants, et parmi eux Sébastien Faure, grand orateur libertaire, qui eut sur lui une grande influence et dont je parle souvent ici. A cette époque naquirent les « chansons sociales« , les chansons rouges, les fous, les géants, loin du rêve, etc… qu’il interprétait dans les cabarets de la Butte et du quartier Latin, où elles firent scandale. Il anima lui-même le célèbre cabaret Montmartrois « Le Grenier de Gringoire » et fonda une école de Chant à Puteaux.

Écoutez Marc Ogeret chanter le triomphe de l’anarchie.

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Mais surtout, et durant toute son existence, il parcourut la France dans tous les sens, chezmoiorganisant des tournées de conférences par la chanson où les foules se pressaient. Il n’arrêta plus jamais d’écrire, de chanter, de lutter. Charles-Henri Jean (dit d’Avray) se rallia à l’anarchisme au moment de l’affaire Dreyfus et décida d’utiliser la chanson pour diffuser ses idées. Il en composera quatre-vingt pour dénoncer l’État, la religion, le militarisme, les prisons… et exalter la société libertaire. Il composera le célèbre Triomphe de l’anarchie. Ses conférences chantées étaient annoncées par des affiches où on lisait : « Avec le passé détruisons le présent pour devancer l’avenir. »

Charles d’Avray s’est éteint le 7 novembre 1960 à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la 88e division68039044_p (photo de droite). Voici ce qu’écrivait Maurice JOYEUX : « Un vent froid cingle les visages. Un vent aigre, qui trousse la douleur du vagabond, soulève le jupon de la fille, emporte l’âme du poète. Autour d’une fosse, une foule d’amis ! Charles d’Avray nous quitte ! Avec la dépouille du poète, un monde prodigieux disparait, dont il fut un des plus brillants animateurs, et la terre qui résonne lugubrement sur le cercueil semble donner le glas de la chanson humanitaire dont il fut le maitre incontesté et qui refuse de survivre à celui qui la nourrit d’une sensibilité et d’une fougue incomparables. ».

Charles d’Avray était franc-Maçon, membre du grand Orient et fréquentait la loge « Equité » à Pantin. Il figura en 1905 parmi les fondateurs de La Muse rouge, Groupe de propagande révolutionnaire par les arts, où en 1919 débutèrent Lucien Noël, qui devait devenir Noël Noël et André Isaac, le futur Pierre Dac.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Atmosphère, atmosphère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Nous sommes donc le mercredi 06 novembre 2013, c’est vous dire comme les choses vont bon train. Hier encore, oui bon, n’en parlons plus. C’est le 16è jour de brumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit…

Aujourd’hui donc, une pensée pour Henri JEANSON, journaliste, pamphlétaire, dialoguiste de cinéma et pacifiste libertaire. Faut-il rappeler qu’il était satrape du collège de pataphysique. C’est à lui que l’on doit le fameux dialogue entre Louis Jouvet et Arletty : « Atmosphère… atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? Puisque c’est ça vas-y tout seul à La Varenne… » Il est mort le 6 novembre 1970, à Équemauville, près de Honfleur (Calvados), France.
69789115_pFils d’un professeur, il naît le 6 mars 1900, à Paris. En 1917, après divers petits métiers, il devient journaliste au journal « La Bataille » organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il travaille ensuite dans divers journaux le »Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné » etc.
Passionné par le théâtre, il écrit de nombreuses pièces, mais c’est comme dialoguiste pour le cinéma qu’il atteint la notoriété avec des films comme « Pépé le Moko » et « Carnet de bal » en 1937, « L’Entrée des artistes » et « Hôtel du Nord » en 1938, etc.


Antimilitariste, ses articles publiés dans le journal « Solidarité Internationale Antifasciste » et sa signature du tract de Louis Lecoin, « Paix immédiate », lui vaudront d’être arrêté le 6 novembre 1939, à Meaux (où il avait pourtant répondu à l’ordre de mobilisation). Le 20 décembre 1939, il est condamné par un tribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Mais soutenu69789139_p par diverses personnalités du cinéma et de la littérature, il est libéré au bout de 5 mois. Durant l’occupation, il tente de faire sortir un journal indépendant « Aujourd’hui », mais début 1941, il est arrêté et emprisonné par les Allemands. Libéré, il restera dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste (au « Crapouillot », au « Canard enchainé », à « Combat », à « l’Aurore ») et de dialoguiste pour le cinéma « Boule de suif »(1945), etc. On lui doit aussi cette maxime, oh combien d’actualité:  » en ces temps où tout augmente, seule la liberté diminue. » Sources. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Le ballet des dindons…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la comédia del arte et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 05 novembre 2013, quinzième jour de Brumaire dédié au dindon. La manif des bonnets rouges qui s’est déroulée à Quimper samedi dernier et qui rassemblait dans une grande confusion les maîtres et leurs valets, me fait irrésistiblement penser aux dindons de la farce. Si j’en crois Claude Duneton, « il exista à Paris, pendant la longue période d’un siècle, une forme de divertissement forain que l’on appelait « le ballet des dindons ». L’argument du spectacle était le suivant : on plaçait quelques-uns de ces volailles placides sur une tôle surélevée et clôturée, formant une scène, puis on chauffait progressivement ce plancher imagesmétallique par en dessous. À mesure que la chaleur se faisait sentir dans leurs pattes, les dindons commençaient à s’agiter, à danser sur la tôle d’un air évidemment grave qui mettait en joie les badauds admis à contempler l’action. Il suffisait alors qu’un vielleux se prît à suivre le rythme des pauvres bêtes, qui s’accélérait tandis qu’on activait le feu sous leurs pattes, pour donner l’illusion d’un ballet endiablé soutenu par la musique. De quoi faire hurler de rire l’assistance, qui se tenait les côtes !… Le ballet des dindons fut supprimé en 1844, par une ordonnance du préfet de police, en même temps qu’étaient interdits les combats d’animaux tellement goûtés par le public, dont les derniers se déroulaient à la Barrière du Combat, précisément. »

Je crains fort que les salariés de l’agro-alimentaire breton n’aient guère retenu les leçons de La Boétie et qu’incessamment ils se retrouvent gros-jean comme devant en images-1train de danser sur les braises de leurs ex-activités. Leurs bons maîtres ayant déjà traité avec la Pologne ou le Brésil. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets, demain découpés sous des cieux plus cléments de l’agro bizness. Il se trouvera dès lors à n’en point douter quelques Cassandre pour les inviter à se retourner vers une agriculture moins intensive, plus raisonnée, utilisant les circuits courts et une production de qualité. Mais, les dés seront sans doute jetés ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

A Recouvrance…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des commémorations et du goulash de bœuf réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 04 novembre 2013, 14è jour de brumaire dédié à l’endive… Naître le jour de l’endive, avouez que cela ne s’invente pas. En effet,  il y a soixante cinq ans de cela, c’est par une nuit qu’il vit le jour  dans la maison familiale sur les bords du Port-Rhu à Douarnenez. Très tôt il 69759895_pmontra tous les signes du révolté chronique, vilipendant la famille, l’école, l’armée, les patrons, les curés, les flics et tutti quanti. Comme Jean kemener, de Recouvrance, il grandit puis il devint grand… Il fêta son vingtième anniversaire en 1968 ; autant dire que l’air du temps lui convenait parfaitement. Le stalinisme et les atermoiements de la sociale-démocratie achevèrent sa conversion et il se rangea définitivement dans le camp des libertaires non-encartés. Aujourd’hui, non sans avoir accumulé près de 45 ans de cotisation,  il coule des jours heureux dans son ermitage de Keramoal et vous abreuve quotidiennement de ses modestes billets sous le pseudonyme du cénobite.

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Or donc, avec votre permission, je me souhaite un bon anniversaire et vous donne rendez vous à demain peut-être.

Je hais les dimanches…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du positivisme scientifique et du pain perdu réunis, bonjour ! Et bien voilà, à force d’en parler ça devait finir par arriver, nous sommes le dimanche 3 novembre 2013. Treizième jour du mois de brumaire consacré au Topinambour. Curieuse plante à la vérité qui doit son nomimages à celui d’une tribu brésilienne dont certains membres furent amenés en France au début du XVIIè les Topinamboux (tupinambas) ce qui amena Carl Von Linné à croire en l’origine brésilienne de la plante. On la nomme aussi artichaut de Jérusalem; cela viendrait là encore d’une déformation linguistique de l’Italien Girasol, le topinambour appartenant à la même famille que le tournesol.

Et puis le 3 novembre c’est aussi la veille du 4. Et kékignia Mme Michu, le 4 novembre ? Alors là, on entrerait dans l’intimité de l’auteur, chose geluck-bougies-anniversaireque sa modestie et sa pudeur légendaire lui empêchent de faire. Ceci étant et toutes choses égales par ailleurs (j’adore cette expression chère à mon aïeule) « les cénobites tranquilles »  étant une œuvre reposant entièrement sur le bénévolat… Nous acceptons les dons; en liquide de préférence, quinze ans d’âge au minimum, non pas pour être en règle avec le code pénal mais pour apprécier à sa juste valeur le fruit des amours d’un pure malt avec un fût de xérès.

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Mais revenons à nos dimanches. Il existe une France profonde et je hais profondément ses dimanches. Ceux de la messe de onze heure, du PMU à midi, du repas de famille. J’ai la mémoire hantée par les mauvais souvenirs dominicaux. Ces jours là, enfants, on nous habillait en imagespropre, en dimanche quoi, et il y avait toujours un vieil oncle ou une vieille tante à visiter: »du café vous aurez ? » cette expression douarneniste est pour moi associée au dimanche et à ses rites. Depuis longtemps, je fuis les dimanches, je ne fréquente pas les dimanches, je me tiens à l’écart de ces jours peu recommandables, je songe à créer une association pour la suppression du dimanche; après tout, une semaine de six jours, c’est pas mal non plus. Attendons lundi, c’est un jour lunaire, comme le pierrot du même nom. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Kanaouenn an anaon…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la prétérition et du filet de cabillaud réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 02 novembre 2013, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée châtaigne d’eau, on dit que les69687375_p chinois en sont friands… En Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet. Au treizour, pas à mon aïeule…

Cette antique curiosité des Celtes pour les problèmes de la mort s’était conservée jusqu’au siècle dernier en Bretagne où l’on a vu apparaître de somptueux monuments funéraires avec des ossuaires souvent plus beaux que les églises, agrémentés de motifs sculpturaux parmi lesquels figure en bonne place le valet de la mort, l’Ankou. Alors qu’on s’efforçait kathryn-jacobi-14ailleurs, par mesure d’hygiène, d’éloigner des villages les cimetières, en Bretagne, cela était regardé comme des profanations et ceux-ci occupent en général le centre de la bourgade, au milieu des vivants.
Ce qui brouille la perception de cette filiation, c’est la grande prédication, intensifiée à la suite de la révolte « du Papier timbré » en 1675 (les fameux bonnets rouges), en vue d’arrêter la révolte et de prêcher la soumission à Dieu et au roi, à un pays peu ou mal christianisé. Elle fut menée à bien par des Jésuites, principalement le Père Maunoir et Michel le Nobletz , dans la moitié des paroisses et vit l’introduction de nouvelles pratiques: grandes processions, cantiques, culte de nouveaux saints et de la Sainte Famille avec Sainte Anne, qui ont continué de marquer la Bretagne. 

Venez chanter pour moi la complainte des trépassés,
ma parentèle, mes preux, mes freux, mes chevaliers,
mes aveugles, mes mal-chaussés, mes forestiers ! (Hubert Juin) illustration de Kathryn Jacobi

Le sort des âmes trépassées est marqué désormais par la terreur de l’enfer, les descriptions sadiques des supplices qu’on y enduraient et dont le « cantique » du P. Maunoir, l’Enfer,  est un saisissant condensé. Sources

Aujourd’hui même, les évêques bretons appellent leurs ouailles à rejoindre les manifestations en compagnie des patrons, des gros paysans de la FNSEA, du MEDEF, des pollueurs, des argousins, des gougnafiers et autres licencieurs de chez GAD, Marine Harvest,Tilly Sabco, Alcatel, Doux et autres marchands de cochonnaille… Allez, merci de cette sympathique visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Laisant et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des mathématiques modernes et du pigeonneau laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 1er novembre 2013, onzième jour de Brumaire dédié au salsifis. N’y voyez aucun rapport mais c’est un plaisir pour moi que d’évoquer devant vous ce grand bonhomme que fut Charles-Ange Laisant. Le 1er novembre 1841 en effet,naissance de Charles-Ange LAISANT, à La Basse-Indre, département de la Loire-58466248_pAtlantique. Militaire, mathématicien, député d’extrême-gauche, franc-maçon, il devient ensuite anarchiste, pédagogue rationaliste, libre-penseur, espérantiste. Parcours atypique que celui d’Ange Laisant, après de brillantes études au lycée de Nantes, il intègre l’École Polytechnique. Capitaine du génie lorsque éclate la guerre de 1870, il assurera durant le siège de Paris la défense du Fort d’Issy  jusqu’en janvier 1871. Après la chute de l’Empire, il se présente en février 1871 aux élections sur une liste républicaine (il sera battu) mais, en octobre de la même année, il devient Conseiller Général du canton de Nantes. Il se trouve en garnison à Tours lorsque la Commune de Paris est proclamée mais ses opinions avancées lui vaudront d’être muté en Corse puis en Algérie. Il quitte ensuite la carrière militaire pour se consacrer à la politique et sera élu député de Nantes le 20 février 1876 (à l’époque en Loire inférieure), il siégera alors sur les rangs de l’extrême-gauche (mandat qui sera renouvelé cinq fois). Le 29 novembre 1877, à Paris, il soutiendra avec succès deux thèses pour un doctorat ès sciences mathématiques. En 1885 il est élu député de la Seine, puis en 1889 à Paris (18ème) sous l’étiquette Boulangiste (il avait fait ses études avec Boulanger) puis Dreyfusard. Mais, dégoûté de la carrière politique, il y renonce en 1893 pour se consacrer à l’enseignement.

C’est par son fils Albert, devenu anarchiste, qu’il rallie à son tour les libertaires. Il sera un des responsables de la « Ligue internationale pour l’éducation rationnelle de l’Enfance » fondée par Francisco Ferrer et l’inspirateur de Freinet pour l’enseignement des mathématiques. Néo-malthusien, libre-penseur et franc-maçon, il écrit des textes éducatifs pour les enfants, 58466269_pen mathématique, physique, etc., et se passionne pour l’espéranto. Il collabore aux journaux « La Bataille syndicaliste » , « l’École rénovée », « l’École émancipée », « L’idée Libre », et écrit également des brochures ou des essais théoriques comme « La barbarie moderne » (1912). On lui doit la préface d’une édition moderne du « discours de la servitude volontaire » de Etienne de la Boëtie. Durant la première guerre mondiale, dans le sillage de Jean Grave et Kropotkine il signera le « Manifeste des seize » favorable à l’intervention contre l’Allemagne. Pourtant, ce grand mathématicien et philosophe est pratiquement inconnu en France, offrons lui la place qui lui revient dans notre galerie de portraits.

Et bien voila pour ce 1er novembre, jour de tous les saints (et Dieu sait si il y en a). Merci d’être passé en ce jour férié, profitons pendant qu’il y en a encore, portez vous bien et à demain peut-être.