Kanaouenn an anaon…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la prétérition et du filet de cabillaud réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 02 novembre 2013, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée châtaigne d’eau, on dit que les69687375_p chinois en sont friands… En Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet. Au treizour, pas à mon aïeule…

Cette antique curiosité des Celtes pour les problèmes de la mort s’était conservée jusqu’au siècle dernier en Bretagne où l’on a vu apparaître de somptueux monuments funéraires avec des ossuaires souvent plus beaux que les églises, agrémentés de motifs sculpturaux parmi lesquels figure en bonne place le valet de la mort, l’Ankou. Alors qu’on s’efforçait kathryn-jacobi-14ailleurs, par mesure d’hygiène, d’éloigner des villages les cimetières, en Bretagne, cela était regardé comme des profanations et ceux-ci occupent en général le centre de la bourgade, au milieu des vivants.
Ce qui brouille la perception de cette filiation, c’est la grande prédication, intensifiée à la suite de la révolte « du Papier timbré » en 1675 (les fameux bonnets rouges), en vue d’arrêter la révolte et de prêcher la soumission à Dieu et au roi, à un pays peu ou mal christianisé. Elle fut menée à bien par des Jésuites, principalement le Père Maunoir et Michel le Nobletz , dans la moitié des paroisses et vit l’introduction de nouvelles pratiques: grandes processions, cantiques, culte de nouveaux saints et de la Sainte Famille avec Sainte Anne, qui ont continué de marquer la Bretagne. 

Venez chanter pour moi la complainte des trépassés,
ma parentèle, mes preux, mes freux, mes chevaliers,
mes aveugles, mes mal-chaussés, mes forestiers ! (Hubert Juin) illustration de Kathryn Jacobi

Le sort des âmes trépassées est marqué désormais par la terreur de l’enfer, les descriptions sadiques des supplices qu’on y enduraient et dont le « cantique » du P. Maunoir, l’Enfer,  est un saisissant condensé. Sources

Aujourd’hui même, les évêques bretons appellent leurs ouailles à rejoindre les manifestations en compagnie des patrons, des gros paysans de la FNSEA, du MEDEF, des pollueurs, des argousins, des gougnafiers et autres licencieurs de chez GAD, Marine Harvest,Tilly Sabco, Alcatel, Doux et autres marchands de cochonnaille… Allez, merci de cette sympathique visite, portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. babelouest

    De la mort vient la vie. Il y a deux jours décédait une entreprise que je connaissais bien. Presque toutes les grandes villes françaises sont sillonnées de ses bus, en particulier les très longs, articulés. Récemment je passais encore le long d’ateliers devenus bien trop calmes. En 1989 j’avais revendu mon premier ordinateur à un cadre de chez Heuliez, qui le destinait à son fils.

    Oui, nous repensons à nos chers défunts. Aussi bien ma chère femme (c’était il y a trois ans), que des blogueurs plus ou moins célèbres comme le Coucou de Claviers ( http://unclavesien.blogspot.fr/ ) l’année suivante,ou Jef ( http://blogajef.blogspot.fr/ ) cette année, qui m’avait si bien accueilli chez lui il y a un an. Pour lui ce fut très brutal, nous dialoguions sur son blog quelques heures avant la fin, il ne se doutait de rien.

    De ces morts rejaillira la vie, et heureux grand-père plusieurs fois j’en goûte la saveur. Le jour se lève, les escargots piaffent d’impatience, en avant !

    • erwandekeramoal

      Plus on avance en âge et plus ils sont nombreux ceux qui quittent le bateau avant notre ultime escale; nous laissant parfois bien seul sur le pont. Je repense souvent aux magnifiques billets du Coucou…

  2. MHPA

    Et évidemment dans ma ville de naissance, Quimper, vieille bigote bourgeoise. Content de m’en être cassé (bon, j’étais pas au courant, j’avais 2 ans à l’époque…), joli billet que voilà, ma douce ayant passé des années à Douarnenez elle n’en est toujours pas revenue, et moi qui ne la connais que très mal, hé bé j’y retournerais bien…
    Un copain de Quimper, qui se base l’été au sud d’Audierne : Pors Poulhan.
    http://www.caphorniers-quimper.com/album-1828850.html

    PDF sur Cap-Sizun (et sorcellerie) (peut-être te l’avais-je déjà envoyé – Une mine d’or/ Hyacinthe Le Caguet)
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_1297-7810_1966_sup_10_3_1528?_Prescripts_Search_tabs1=standard&#

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