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Allez faire vos cochonneries ailleurs…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du porc-no-chic et des pieds paquets réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 25 novembre 2013, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du a-ecol-fleurcochon… Dans le calendrier des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine; ce qui me fait me souvenir que j’ai promis à ma fiancée de planter un lilas… Et comme le disait mon aïeule: pour la Sainte Catherine, le porc couine ! J’en profite aussi pour souhaiter une bonne fête à ma neveuse Katell. Oui, à l’Ouest du Pécos Couesnon, on dit Katell plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, il faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds et des bonnets rouges, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine… Ma doue beniget ! J’ai piqué le dessin de Goutal sur Les habits du dimanche, sans autorisation évidemment.

Bon, c’est pas tout ça, j’ai un billet à écrire moi. Ces histoires de cochon, de manif., d’agriculture productiviste, de modèle breton, me remettent en mémoire le magnifique et bouleversant film militant de Jean-Louis Le Tacon, sous la direction de Jean ROUCH, c’était en 1979 je crois. Le titre: Cochon qui s’en dédit est à lui seul tout un programme. Plus de trente ans et déjà tout y était. L’histoire: Cela fait trois ans que Maxime Duchemin essaie de faire vivre sa porcherie. Pour monter cet élevage hors sol, il s’est endetté auprès des banques et tout le travail qu’il produit ne lui sert qu’à 70388058_prembourser les intérêts de ces emprunts. Maxime est devenu une machine, un esclave de l’élevage. Il passe son temps à nourrir les porcs, à les faire se reproduire, à les castrer, à couper les incisives, les queues, à nettoyer les excréments qui s’amoncellent, à gaver les bêtes d’antibiotiques et de compléments nutritifs… Il est pris dans une spirale dont il n’entrevoit pas le bout. L’élevage le submerge totalement : il occupe toute sa vie, ses pensées et même ses rêves.. Ce pamphlet d’une rare violence nous fait ressentir physiquement de quoi est faite la machine capitaliste de production. Maxime produit à partir du vivant qui n’est plus ici considéré que comme de la matière première malléable, transformable à volonté. Les syndicats agricoles s’arrangent pour que ce soient des jeunes qui s’occupent des élevages hors sol afin que toute la tradition du métier soit oubliée, perdue, et qu’aucune voix contestant le bien-fondé des techniques employées ne puisse s’élever. La quantité de travail à fournir est telle, pour simplement rembourser les emprunts, que l’éleveur devient à son tour une pièce de la machine productiviste. Maxime sait qu’il n’est qu’une pièce parmi d’autre, que le système lui a volé sa vie.

A l’ère des nitrates et de l’azote, des algues vertes, et quand la FDSEA fait semblant de s’intéresser au sort des travailleurs de l’agroalimentaire il peut être bon de revoir ce film; je crois qu’on le trouve en DVD. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.