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Longtemps je me suis couché de bonne heure…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis Républicains, bonjour ! Nous voici donc le jeudi 14 novembre 2013, 24è jour de Brumaire et il est vrai que les frimas font leur apparition. Les initiateurs du calendrier qui nous intéresse, en ont fait le jour de l‘orange. Je me suis imagessouvent demandé d’où venait cette imagination débordante. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’appelait Fabre d’Églantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire qu’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Églantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de l’année de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux là.

Il y a un siècle paraissait Du côté de chez Swann , de ce bon Proust; vous savez: Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire: «Je m’endors.» Je ne sais pas pourquoi je vous raconte cela… Peut-être parce que c’est la saison des prix littéraires et que je vois que l’on vient d’attribuer leimages-1 Renaudot (dans la catégorie Essai) à Gabriel Matzneff.  pour « Séraphin c’est la fin ». Plusieurs dizaines d’années plus tôt, il publiait un autre essai, « Les Moins de 16 ans », au sein duquel il affichait clairement son goût pour les enfants. Voici un extrait de sa prose: « Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être – bien plus que ce que l’on entend d’ordinaire par cette formule – le véritable troisième sexe. Seize ans n’est toutefois pas un chiffre fatidique pour les femmes qui restent souvent désirables au-delà de cet âge. (..) En revanche, je ne m’imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année. (…) Appelez-moi bisexuel ou, comme disaient les Anciens, ambidextre, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais franchement je ne crois pas l’être. À mes yeux l’extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique. » Vous je ne sais pas; mais pour ce qui me concerne, je ressens comme un malaise comme disait l’autre. Le statut d’intellectuel place t-il au dessus des lois? Au café du commerce que je fréquente davantage que ne le font certainement les vieillards cacochymes du jury, on appelle ça un salopard. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.