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Fine plume et gros cochon…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 23 octobre 2013, deuxième jour de Brumaire, dédié qui l’eut cru, au céleri. C’est rien de 58251542_ple dire, encore moins de l’écrire mais, il pleut sur Brest et, il vente aussi mais, madame Michu, le fond de l’air n’est pas frais pour la saison. J’hésite pourtant à enfiler les bottes pour une virée champignons. Mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud et qui avait un proverbe pour chaque jour, me l’a dit maintes fois: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Allez donc écrire un billet après cet échange de banalités. C’est pourtant  le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé.

Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans lesimages domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d’une existence et expose les tourments de l’auteur/narrateur comme à propos de la paternité – le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle.

Outre ses activités d’écrivain et d’éditeur, il semblerait qu’il agissait comme indicateur de la police royale ce qui a bien failli lui attirer de gros problèmes au moment de la révolution. Il va mourir dans la misèreimages-23 le 3 février 1806 et sera inhumé au cimetière sainte Catherine.
Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc, de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes; on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français », et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, enfin il fit l’objet de l’admiration (tardive) des surréalistes.
Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade... ».  Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand. À une époque où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui portaient le cachet de la vérité et de la franchise.

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à demain peut-être.