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LA COMMUNE N’EST PAS MORTE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

Amis de la mémoire en chantant et du cassoulet réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 11 octobre 2013, 20è jour de vendémiaire dédié au pressoir. Poursuivant mon travail de dépoussierage des étagères je ressors un livre que les éditions La découverte ont eu la bonne idée de republier. Il s’agit des fameux Mes cahiers rouges que Maxime Vuillaume, PereDuchesneIllustre1_1_0cofondateur du Père Duchesne, écrivit au début du XXè siècle et qui représentent ses mémoires de communard. Une bonne occasion pour rappeler au petit Nicolas que, s’il entreprenait un come back, nous on pourrait se souvenir que… la Commune n’est pas morte. A l’heure où l’on s’interroge sur la meilleure façon de mettre à mal ce système qui étrangle les peuples un peu plus chaque jour, il est salutaire de se replonger dans de saines lectures. Ici restitués pour la première fois dans leur intégralité, Mes Cahiers rouges – parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy – constituent un classique de la littérature communarde.

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Durant l’Année terrible, leur auteur, Maxime Vuillaume 1844-1925, fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste. Engagé volontaire dans la Garde nationale, il participe aux journées insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et 22Vuillaume janvier 1871. À compter du mois de mars, c’est par la plume qu’il poursuit son combat, en fondant l’un des journaux les plus lus – et certainement le plus populaire – de la révolution communaliste : Le Père Duchêne. Au cours de la Semaine sanglante, enfin, il n’hésite pas à prendre les armes pour résister à l’assaillant versaillais.Rédigés dans un style franc et direct, Mes Cahiers rouges ressuscitent tout un pan de l’histoire de France, trop souvent négligé : l’opposition tumultueuse au Second Empire décadent, le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse, ses déboires et ses désillusions. Des pages plus sombres également : la brutalité et la férocité de la répression, la proscription et son lot de souffrances, le retour des exilés et la nostalgie d’un espoir assassiné. Aux antipodes de la solennité et du ton compassé qui caractérisent les traditionnelles Mémoires, l’écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le lecteur à travers la ville révoltée, le fait sursauter quand claque un coup de feu, l’emplit d’effroi lorsqu’un communard est exécuté. Un livre vivant. Bien vivant. À redécouvrir avec délectation. Pour mémoire, 900 morts du côté des versaillais, vainqueurs et 20 000 fusillés et 20 000 déportés du côté des vaincus… La chanson d’Eugène Pottier est interprétée par Germaine Montero. Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.