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Le cénobite en goguette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’Internationale ouvrière et du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le jeudi 03 octobre 2013 mais, je n’y suis pour rien. Le treizième jour de bateaux port rhuvendémiaire était généralement le jour de l’Immortelle. Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez, le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu,on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son oeuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur.

Demain, nous célébrons sa naissance ( 4 octobre 1816 ) enfin, c’est Pottierfacultatif hein ! Poète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez. Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier, terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul doute La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou l’Internationale. En voici une qui colle à l’actualité de façon criante.

 

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Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux Etats-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards. Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr l’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Même si cette chanson fut récupérée par l’URSS, elle garde sa coloration libertaire.

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes,

Ni Dieu, ni César, ni Tribun,

Producteurs sauvons-nous nous-mêmes,

Décrétons le salut commun. »

Comme quoi, on peut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables. Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au débutDaumier des années 1900 et qui portaient le nom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont généré de nombreux « chefs- d’oeuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier Lillois Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ».

Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier.

Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et ou il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.