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Samain…trigue.

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’étrange et des beignets aux pommes réunis, bonjour ! Nous sommes le images-24jeudi 31 octobre 2013, dixième jour de Brumaire dédié à la charrue. Autant dire que c’est la veille de la Toussaint, et donc revoilà, Halloween, All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints’ Day (Oíche Shamhna en Gaélique) c’est à dire, la veillée de la toussaint et c’est reparti pour un tour. Les marchands du temple ne désespèrent pas de nous refiler leur camelote. Messieurs les vendeurs de citrouilles, nous n’avons que faire de vos zombis de pacotille, vos Freddys ensanglantés et autres fantômes hollywoodiens… Nous, nous arrivons en ligne droite des Thuatha De Danann, nos épopées sont celles de Cûchulain et nous avançons vers Avalon. Chez nous, la Samain est celle des druides, bardes et ovates.

 

La Celtie n’a pas attendu l’évangélisation, fusse celle de St Patrick, pour ouvrir, une fois l’an, la porte entre la saison claire et la saison noire, entre le jour et la nuit, entre le monde des vivants et celui des morts. Si vous passez du coté de l’ile de Sein, le mercredi après midi, vous y verrez peut-être de vieilles Sénanes, tout de noir vétues, penchées sur laimages tombe de leurs disparus et, si vous approchez avec discrétion, vous les entendrez parler. Elles racontent aux défunts les évènements de la semaine. Pourquoi ne pas profiter de cette période de l’année et de cette tradition que les immigrants Irlandais et Ecossais ont emporté dans leurs bagages vers le nouveau monde avec la légende de Jack o lantern pour raconter aux enfants la très vieille et très ancienne tradition celtique. Son panthéon n’a pas à rougir de celui des Grecs ou des Egyptiens. Ses sagas n’ont rien à envier à l’Illiade, à l’Odyssée, aux milles et une nuits ni même à la bible. Oui mais voila, ça ne se vend pas ça, coco ! Alors, de grâce, épargnez nous vos orgies de cucurbitacées.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

La reculade des benêts rouges…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie contemporaine et du poulet au vinaigre réunis, bonjour !   Nous sommes le mercredi 30 octobre 2013, 9è jour de Brumaire dédié à l’alisier (pas la fosse, hein!). Vous qui suivez l’actualité de très près, vous n’avez pas été sans remarquer qu’en Bretagne, les bonnets rouges ont repris du service. Or, si en Bretagne on est bien placé pour savoir que dans le cochon tout est bon, il n’a pas fallu longtemps aux paysans de la FDSEA pour s’apercevoir qu’en communication il en va de même. Ainsi, avec le soutien gracieux de l’entreprise Armor-lux, ils ont ressortis les bonnets rouges, symboles d’un mouvement de protestation qui anima nos campagnes au milieu du XVIIè. Nous sommes en 1675, sous le règne de Louis le quatorzième et les caisses sont vides. Il faut faire absolument rentrer des recettes fiscales: papier timbré, taxes sur les francs-fiefs, l’administration royale ne manque pas d’imagination. Derrière Sebastian ar Balp (une sorte de Poujade de l’époque) la paysannerie va s’organiser et commence alors la mise à sac des bureaux de tabac et du papier timbré. Puis va suivre l’attaque des châteaux. Je vous passe les détails mais, la révolte sera réprimée impitoyablement: paysans pendus, églises et chapelles décapitées. Le Duc de Chaulnes chargé de la sinistre besogne s’en réjouit si bien que le gouverneur peut écrire au roi « les arbres commencent à se pencher du poids qu’on leur donne »… Je me souviens d’une soirée chez Armand à Saint-Brieuc au cours de laquelle Serge nous avait proposé cette gwerz.

Sébastien Le Balp sut organiser une armée bretonne de 6000 hommes – Bonnets rouges, mais 30 000 autres volontaires bretons le suivent sans avoir d’armes. Le nom de Bonnets rouges est lié au bonnet que les insurgés du Poher (Finistère centre) choisissent comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden (sud ouest du Finistère) avaient un bonnet bleu. On pourrait parler de révolte des Bonnets rouges et bleus mais le rouge sied mieux à l’image de révolte sans doute… Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1675,  Claude de Montgaillard, fidèle au roi Louis XIV qui l’a fait marquis quatre ans plus tôt, tue par surprise Sébastien Le Balp d’un coup d’épée à travers la gorge. Celui-ci était venu au château des Montgaillard dans l’espoir d’un ralliement des nobliaux à sa cause. Plus tard, Sébastien Le Balp est exhumé. On fait un procès à son cadavre qui est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé sur une roue. Il est décapité puis son corps est (re)enterré à l’église de Kergloff tandis que son crane est recueilli à la chapelle de Saint-Drézouarn (Kergloff). Les meneurs sont torturés, exécutés ou condamnés aux galères. Mon aïeule, qui se targuait de bien connaitre l’histoire bretonne, m’a raconté que c’est à la suite de cette répression que les femmes du pays bigouden ont décidé d’augmenter la taille de leurs célèbres coiffes pour protester contre le raccourcissement des clochers.

Et aujourd’hui, sur les ruines de l’agro-alimentaire breton, la droite réactionnaire, le député Marc le Fur en tête, organise une pseudo union sacrée des paysans, des pêcheurs, des patrons, des distributeurs (manque que les curés, quoique) comme à la « belle » époque du bloc agraire qui structure encore l’organisation de la société bretonne. Et, ce qui devait arriver arriva, le gouvernement des benêts rouges suspend l’application de l’écotaxe. Réfléchit petite scarabée, cette révolte là n’est pas la notre. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Ecce Homo…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 29 octobre 2013, ce jour, 8è de brumaire, est dédié à la scorsonère, dite salsifis noir dont la racine est censée guérir de la morsure des vipères (scorzone en italien).

Voici un court portrait d’un poète et philosophe libertaire, Jean-Marie GUYAU. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » 51412507_ppublié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno . Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.
Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure », et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais c’est surtout à ses derniers ouvrages « Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction » (1884) et «l’Irreligion de l’avenir » (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ».

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La « couille du Pape »

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 28 octobre 2013, 7è jour de brumaire dédié à la figue… 69532527_pSavez vous que Platon était un grand amateur de figue à tel point qu’il fut surnommé philosicos, celui qui aime les figues. On dit que la figue est sans doute le plus vieux fruit cultivé par l’homme, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l’intervention de l’homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de 11 400 ans.

Il existe à Vaison-la-romaine dans le Vaucluse une collection nationale de près de trois cents figuiers de toutes variétés. Mais le plus drôle c’est ceci : La couille du pape, est une confiture popularisée par le 69532593_pmaître confiturier Francis Miot et réalisée avec une variété de figue de Provence. La couille du pape, dite aussi marseillaise, était offerte aux mendiants à la sortie de la messe de minuit le soir de Noël. On en fait maintenant des confitures. On prétend que son nom vient de l’époque où les papes séjournaient en Avignon et dont on vérifiait, lors de leur élection, la virilité vraie. Ceci en raison de la légende de la papesse Jeanne, qui aurait contraint depuis l’Église à procéder à une vérification rituelle de la virilité des papes nouvellement élus. Un ecclésiastique doit examiner manuellement les organes génitaux, au travers d’une chaise percée. L’inspection terminée, il peut s’exclamer « Duos habet et bene pendentes » (« il en a deux, et bien pendantes »), ce à quoi le chœur des cardinaux répond : « Deo gratias » (« rendons grâce à Dieu »). C’est Francis Miot, fondateur à Uzos, de « La maison Francis Miot. Féerie gourmande », qui a lancé cette production dont il a déposé la marque au même titre que deux autres de ses productions phares Cucu la praline et les fameuses Coucougnettes du Vert Galant dont j’ai déjà parlé ici. L’homme ne manque pas d’humour, outre ses marques déposées, il a créé aussi les tétons de la Reine Margot et les Galipettes. A mon avis, on ne doit pas s’ennuyer dans sa cuisine.

Allez bonne semaine à tous, portez vous bien et à demain peut-être.

Lochu, est-ce que l’oie oit ?

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis du néo-Malthusianisme et de la pêche Melba réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 26 octobre 2013, c’est le cinquième jour de Brumaire et, c’est le jour de l’oie… Je ne sais pas si l’oie oit,  comme disait Raymond Devos, ni si ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle? mais, en attendant, oyez donc ceci.

A plusieurs reprises, j’ai évoqué ici la figure de ce grand anarchiste révolutionnaire, à moins que ce ne soit l’inverse, je veux parler de Nestor Makhno. Et puisque le 26 octobre est le jour anniversaire de sa naissance, petite piqure de rappel. C’est par une nuit qu’il vit le jour  le58336366_p 26 octobre 1889 à Houliaïpole en Ukraine. Issu d’une famille d’anciens serfs, il a connu une enfance très miséreuse.. C’est sans doute cette condition qui va l’amener à se révolter très jeune. C’est en 1906, période de grande répression tsariste, qu’il fait la rencontre de paysans anarchistes de Goulaï Polié. A la suite des attentats contre le gouverneur de la province, il est arrêté mais échappe à la peine de mort grâce à son jeune âge. Il ne sortira de prison que neuf ans plus tard au moment de la révolution et va découvrir les idées de Kropotkine. Je vous renvoie à de précédents billets pour plus de détails sur le contexte de l’époque. Toujours est-il que L‘Ukraine, sous protectorat austro-allemand, est de nouveau confrontée aux exactions commises et au retour des Allemands et des propriétaires terriens. Septembre 1918 voit donc la naissance de la fameuse « Makhnovchtchina » (en vidéo la chanson écrite par Etienne Roda-Gil en 1961 et interprétée par Les Béruriers noirs) et de ses drapeaux noirs.

En moins de 3 mois, les makhnovistes libèrent une importante partie de l’Ukraine orientale. La réaction ne tarde pas à se réorganiser et le Général Dénékine compose une nouvelle armée que l’on appellera « les blancs » en opposition à l’armée rouge de Trotsky. Makhno est pris 58336404_pentre le marteau et l’enclume, il se soulève contre les blancs mais les rouges se méfient des anarchistes et ne tardent pas à les laisser tomber. Makhno mène la lutte jusqu’en 1919, contre les forces blanches et les troupes d’occupation allemandes et autrichiennes. Puis, les makhnovistes, déclarés hors-la-loi par les bolcheviques, prennent les armes contre les rouges . En août 1920, Makhno est blessé lors d’un combat contre l’armée bolchevique. Craignant pour sa vie, le Conseil décide de lui faire quitter l’Ukraine. On le retrouve à Paris où il reprend ses activités sous une forme plus théorique. Dans ses mémoires, « mes compagnons de Brest et d’ailleurs », préfacées par Léo Ferré, René Lochu dit avoir rencontré Makhno à Brest (Finistère) en 1927. Contre laimages-15 tyrannie des possédants, contre la dictature – fusse t-elle du prolétariat – contre le fascisme, contre le stalinisme, le Franquisme… Les anarchistes n’ont jamais hésité à se mobiliser. Peut-être un jour comprendra t-on que, quelle que soit la langue employée, Anarchisme, ça veut pas forcément dire «chaos,désordre, bordel ». En attendant, des petits blogueurs sur leur petit clavier continuent d’entretenir la mémoire.

Allez, je vous remercie d’être passé par ici, vous savez que vous pouvez revenir quand ça vous chante, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

A la St Gouenou le cénobite est mou du genou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour ! Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le vendredi 25 octobre 2013, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Goueznou, neuvième évêque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques (celles de Goueznou) en procession le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagneimages9 insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Goueznou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Coup de bol, Valls n’était pas encore à l’Intérieur. Un jour notre bonhomme rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  « autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. »

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Goueznoù lui succède ; il images-14dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle.

Bon et bien maintenant, vous savez tout… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Poètes, vos papiers…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie et de l’ormeau poêlé réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 octobre 2013, troisième jour de Brumaire dédié à la poire. L’actualité n’a vraiment rien de réjouissant par les temps qui courent. La série Léonarda commence sérieusement à me les briser menu, les états d’âme de l’équipe de France de fouteballe m’en touchent une sans faire bouger l’autre, et l’union sacrée contre les portiques écotaxe me confirme dans l’idée qu’on nous prend vraiment pour des perdreaux de l’année… Ecoutez Victor JARA avant de lire la suite.

Pourtant, une brève a attiré mon attention de cénobite scrupuleux, toujours à la recherche de la petite bête. La justice du Qatar, un pays qui s’est posé en fervent soutien des soulèvements du Printemps arabe, a condamné hier un poète à 15 ans de prison pour un poème jugé critique envers le régime des Al-Thani. La Cour de cassationimages-1 de Doha a confirmé la peine de 15 ans de prison prononcée en appel contre Mohamed al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib, pour « un poème du jasmin » saluant le Printemps arabe et exprimant l’espoir qu’il s’étende aux monarchies du Golfe. « Il a été condamné en cassation à 15 ans de prison », a déclaré à l’AFP son avocat, Néjib al-Naïmi. 15 ans de prison ferme. Oui. Pour un simple petit poème d’une quinzaine de vers, soit un ratio de un an de prison par vers. Cela donne une idée du tarif de la liberté au pays du cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani. « Ainsi, il aura suffi d’un «petit poème» pour mettre à nu le régime de Doha.  Et, sur ce coup, le sourire «marketing» de Beckham n’occultera pas le verbe flamboyant de cet homme révolté. Oui, lui, Mohammed Al Ajami. Le griot qui a refusé d’être un «poète de cour». » extrait de:  El Watan.

Allez, c’est sympa d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Fine plume et gros cochon…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 23 octobre 2013, deuxième jour de Brumaire, dédié qui l’eut cru, au céleri. C’est rien de 58251542_ple dire, encore moins de l’écrire mais, il pleut sur Brest et, il vente aussi mais, madame Michu, le fond de l’air n’est pas frais pour la saison. J’hésite pourtant à enfiler les bottes pour une virée champignons. Mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud et qui avait un proverbe pour chaque jour, me l’a dit maintes fois: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Allez donc écrire un billet après cet échange de banalités. C’est pourtant  le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé.

Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans lesimages domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d’une existence et expose les tourments de l’auteur/narrateur comme à propos de la paternité – le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle.

Outre ses activités d’écrivain et d’éditeur, il semblerait qu’il agissait comme indicateur de la police royale ce qui a bien failli lui attirer de gros problèmes au moment de la révolution. Il va mourir dans la misèreimages-23 le 3 février 1806 et sera inhumé au cimetière sainte Catherine.
Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc, de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes; on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français », et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, enfin il fit l’objet de l’admiration (tardive) des surréalistes.
Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade... ».  Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand. À une époque où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui portaient le cachet de la vérité et de la franchise.

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à demain peut-être.

 

Mourir pour des idées…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! brumaireNous sommes le mardi 22 octobre 2013, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra ! Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur.

Il est né en 1921 à Sète qui autrefois se nommait Cette, ceci pour la petite histoire. En 1940, agé de 19 ans, il monte à Paris et trouve asile chez Jeanne Le Bonniec que l’on retrouvera dans ses chansons plus tard. « La jeanne » et « la cane de Jeanne », c’est pour son mari qu’il va écrire « chanson pour l’auvergnat ». En 1943 il est envoyé en Allemagne via le STO, service du travail obligatoire. Lors d’une permission, il s’évade et trouve refuge chez Jeanne où il se cache jusqu’à la fin de la guerre. Adhérent à la fédération anarchiste, il écrira de nombreux articles pour « Le libertaire »

En 47, il rencontre celle qui sera la compagne de toute une vie, Joha Heiman, d’origine estonienne, qu’il surnommait Püppchen, la petite poupée. Bien que ne vivant pas ensemble, ils resteront amants jusqu’à la fin. C’est pour elle qu’il écrivit « La non demande en mariage ». C’est brassensPatachou qui va le faire découvrir au public et en 52, c’est le premier 33t. A la fin des années soixante, le fameux duo qu’il composait avec Pierre Nicolas à la contrebasse, s’enrichit d’un jeune guitariste de talent Joël Favreau. Une de ses chansons, les Deux Oncles, (tonton Nestor, vous eûtes tort, je vous le dis tout net…) où il renvoie dos à dos les deux camps opposés de la Seconde Guerre mondiale, lui vaut des inimitiés. Il en fera état dans une chanson ultérieure, Mourir pour des idées, ici en vidéo.

 

 

Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré Paul Valéry, mais au cimetière du brel,brassensPy, juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer. Voici la photo culte qui immortalise la rencontre des trois monstres sacrés de la chanson française, Brel, Ferré, Brassens. C’était le 6 janvier 1969 à l’initiative du journaliste de « Rock’n Folk » François-René Christiani, la photo est de Jean-Pierre Leloir. Cela s’est passé dans un petit appartement de la rue Saint Placide à Paris.

Georges Brassens a vendu environ 20 millions d’albums de son vivant, de 1953 à 1981, ce qui constitue un record pour quelqu’un ayant commencé à vendre de la musique dans les années 50 et dont le style était largement (et volontairement) hors mode en 1970. Avec Moustache et d’autres de ses amis, Brassens fit néanmoins une petite incursion dans le jazz avec Elégie pour un rat de cave, créé en hommage à sa compagne. Je crois bien que Brassens est le premier chanteur dont je me souvienne avoir entendu la voix à la TSF, mon père me faisait écouter Gare au gorille et ma mère ne trouvait pas ça drôle du tout, il ne m’a jamais quitté depuis. Je vais trouver une place tout en haut de ma galerie de portraits.

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LA COLERE…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la bamboche et du rhum arrangé réunis, bonjour! Nous sommes le lundi 21 octobre 2013, c’est le dernier jour de vendémiaire, dédié au tonneau…

Voici un billet, par votre serviteur écrit, il y a plus de deux ans; c’était avant les élections présidentielles; deux points ouvrez les guillemets. « J’appelle de mes vœux une véritable alternative. Une autre façon de voir et de concevoir la vie en société, frappée du coin de l’humanisme qui au siècle des lumières illuminait le monde. Cet immense espoir qui a irradié la planète en balayant les privilèges des nantis. Hélas, chassés par la porte ils sont revenus par lapouvoir fenêtre. Ils ont abandonné leur particule mais la bête est toujours vivante. Elle se repaît sans discontinuer de la sueur des travailleurs, de leur maigre épargne, de leur force de travail, et surtout de leurs illusions. Elle se dissimule sous le masque de la nécessité, de l’évidence du « on-ne-peut-pas-faire-autrement », je crois que c’est Bretch qui disait: l’évidence est le refus de comprendre ! Car il s’agit bien de cela, comprendre que libéraux et socio-démocrates ont abandonné le mandat qui leur était confié par les peuples souverains au bénéfice des argousins, de leurs fonds de pension, de leurs agences de notation. Comprendre, quoique en ait dit De Gaulle, c’était en octobre 1966, que la politique se fait à la corbeille et non plus au parlement. Oui, je crains que la gauche rose-bonbon, ne nous offre autre chose qu’une tiédasse alternance en mai 2012. Je crains qu’elle se refuse à s’attaquer aux racines du mal, tant les esprits sont aujourd’hui formatés à vénérer le veau d’or, le marché, le libéralisme, en un mot, le capitalisme. Je suis de ceux qui pensent que capitalisme et humanisme sont irrémédiablement inconciliables. Ces gens qui sont prêts (et qui sont près) à mettre à colère du peuplegenoux des États, des populations, des pans entiers de l’industrie, à néantiser tout ce qui relève du service non marchand, à diligenter des guerres post-coloniales pour sauvegarder leurs intérêts pétroliers, à obérer l’avenir des générations futures par leurs délocalisations, leurs déforestations, leur nucléarisation, leurs OGM, le pillage des ressources naturelles, ces gens là n’ont que faire de justice sociale, d’équité, de partage.

Et oui, je crains que cette période soit celle des protestations molles, des reculades, des Don-quichotteries, des petits arrangements entre amis, et des la-mondialisation-nous-oblige… voilà pourquoi il est impératif que la gauche de la gauche pèse le plus lourd possible au soir du premier tour ; et ne me faites pas le coup du vote utile, de l’épouvantail Le Pen au second tour ou de la fuite des capitaux. Les peuples doivent reconquérir le pouvoir dont ils ont été spolié et si cela ne se fait pas dans les urnes, alors, princes qui gouvernez le monde, craigniez la colère de la rue. Je me souviens de cette chanson de Dominique Grange en 68, ci-dessus en vidéo. »

Aujourd’hui madame Michu, la Gôche gouverne à droite, la droite attend le sauveur suprême, le FN se porte mieux que jamais, la colère est dans la rue et les lendemains qui déchantent font notre pain quotidien. Il y a des fois où l’on n’est pas forcément content d’avoir eu raison trop tôt. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.