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ADIEU L’EMILE…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 28 juillet 2013, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir.

Vous ai-je déjà parlé de Emile MASSON, né à Brest un 28 juillet en 1869. Il ne fut  pas élevé en breton et n’apprendra la langue que plus tard non sans avoir 55537673_pobtenu deux licences, en philosophie et en anglais. A Paris il fréquente les mouvements Dreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue anarchiste en langue bretonne. Il a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais.

Son oeuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence…Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.

Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parce que ses idées anarchistes étaient faites55537807_p d’amour et de fraternité. Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci:  » …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton. »  Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire Les bretons et le socialisme  paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Supplément gratuit: Voici ce que m’a fait parvenir MHPA, fidèle parmi les fidèles. 1001676_129883757220989_696706424_nJe voulais en faire profiter tout le monde. 

Mais la libération, je crois pas que ce soit du goût de tout le monde, justement.
(ci-dessous dans les ruelles sympas de Rennes, alors que je faisais un footing…)

 

 

 

 

 

Bon et bien, je vous abandonne à vos méditations, mes tomates réclament leurs soins quotidiens et Dieu sait qu’il n’y a pas plus susceptible que la tomate…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.