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Ca branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE


Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Mon petit calendrier républicain m’indique que le 21 mai, deuxième jour de Prairial, est64853403_p généralement dédié à l’Hémérocalle. Avouez que c’est une chance, Fabre d’Eglantine, l’un de ses inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non. Le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Outre le fait qu’il s’agit d’une très jolie fleur et que certains cuisiniers téméraires la mélangent à leurs salades, je n’ai pas la moindre idée de ce qui a présidé à un tel choix.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, entrent dans luce_communeParis par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une Semaine sanglante, la Commune de Paris n’existe plus… Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris».

Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers felix-vallotton-le-muret beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte. L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à droite émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père lachaise)

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Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Les Communards ripostent en faisant fusiller imagesenviron 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay… Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L’amnistie (pardon et oubli) ne viendra qu’en 1879 et 1880. Sources

Allez, souviens toi, Nicolas, la Commune n’est pas morte. En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à demain peut-être.