Que sont les Canuts devenus ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la vertu outragée et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le 09 avril 2013, vingtième jour de Germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1834, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 9 avril, met le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers 59155537_p
organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

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Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela 59155573_ppour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisée avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus. 

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

7 commentaires

  1. MHPA

    Ah Bordel, les enfoirés… « prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché », oui, nous font toujours et chaque jour un peu plus chier avec ce tissu de conneries !!!
    « La patience et la résignation » là j’ai l’impression qu’on est même bien plus loin, il faut expérimenter par toi-même le fait que ton esclavagisme est la (seule ?) meilleure chose à faire pour être en société (déliquescente mais c’est pas grave c’est à cause des étrangers et des fainéants)
    merci Erwan, bonne journée

  2. louise michel

    L’arrière petite fille de Canut te dit Merci, Salut et fraternité

  3. Sceptique

    C’était aussi l’époque où les guerres ne se terminaient que par un vainqueur et un vaincu. La nôtre reconnait l’avantage des solutions politiques. Pourquoi ne pas les appliquer aux conflits socio-économiques?

  4. Luc

    Bonjour,

    Par rapport à ce que l’on peut lire très souvent, cet article est intéressant. Mais il reste quelques erreurs. 1831 est une révolte ouvrière. 1834 une révolte politique, républicaine. En 1831 quand Soult entre dans Lyon, les tisseurs sont déjà au travail. Les tarifs du 25 octobre 1831 ne sont pas arrachés au préfet mais sont le résultat d’une discussion entre délégués des négociants et délégués des chefs d’atelier.
    Cordialement

    • erwandekeramoal

      Merci de ces précisions. Bien entendu ce blog n’a aucune prétention à faire oeuvre historienne. Simplement un rappel des luttes passées et des ressemblances avec les jours d’aujourd’hui. Encore merci de cette visite.

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