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CASSOULET BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour !

En ce samedi 20 avril 2013, premier jour de floréal, dédié à la rose, je ne peux faire autrement qu ’évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

Lionel HAMPTON, surnommé « Hamp », joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à 63879360_pses interprétations d’une virtuosité époustouflante. «  Mon oncle travaillait avec le célèbre gangster Al Capone, qui se montrait fort bon avec les Noirs, en particulier les musiciens de jazz  ». Avec de telles relations, il était normal que Lionel s’installe avec sa famille à Chicago pour tambouriner, non pas sur la tête d’Eliot Ness, mais sur la grosse caisse de l’orchestre d’enfants du Chicago Defender Newsboys Band qui l’accueille à partir de 1920.

1930 marque une étape importante puisqu’il rencontre Louis Armstrong avec lequel il enregistre le premier solo de vibraphone jamais effectué en jazz : «  Louis a été comme un esprit descendu du ciel ! Lorsque je me produisais avec lui, j’étais au paradis  ».

En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie. Sa 63879377_pcarrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big bands de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus. A partir de 1953, il part à la conquête de l’Europe et enregistre à Paris avec Mezz Mezzrow, Claude Bolling, Alix Combelle, Jean-Claude Pelletier et Guy Lafitte…

 

En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est victime d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer…  »Je ne peux pas décrocher… » dit « Hamp » qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car « Hamp » aime profondément la France où il a imagesd’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris. «  Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ca ne s’oublie pas  ». D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent « Cassoulet Blues » ? Car Hamp est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés…  Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme «  Hey-ba-be-re-bop  ». Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car Hamp s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X : «  J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir  ».

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Doucement les basses…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la contrepèterie et du boudin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 19 avril 2013, dernier jour de Germinal dédié au greffoir.

J‘ai souvent évoqué ici les bluesmen que j’aime, ils sont souvent noirs, issus du Mississippi, du Kentucky et ont fait leurs classes dans les clubs imagesde jazz de Chicago. Celui-ci a un nom imprononçable et un talent immense. Il est né de ce coté ci de l’atlantique, tout là haut dans ce beau pays du Dannemark. Niels-Henning Ørsted Pedersen, jazzman et contrebassiste danois est né le 27 mai 1946 à Osted, sur l’île de Zélande au Danemark. Il est décédé le 19 avril 2005 à Copenhague d’une crise cardiaque.

Et bien voilà, c’est la fin de Germinal et nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre à Keramoal de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le 52150948_pcerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à ceinturer le parc de leur bleu iroise. Le forsythia apporte son flamboyant jaune d’or au milieu d’une pelouse fraichement tondue et toutes les petites primevères, pensées, jonquilles et autres dont j’ignore le nom offre au regard du visiteur une vision enchanteresse comme ces tapisseries « millefleurs » qui firent le renom des ateliers d’Aubusson. Ici, la licorne captive symbole de la pureté prisonnière du temps…

Allez, je ne le répéterai jamais assez, vos visites sur le site « les cénobites tranquilles » est à chaque fois un réel plaisir. Portez vous bien, revenez quand bon vous semble et, fermez la porte en partant.

 

Vas-y Francky…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la poésie et de la tarte aux myrtilles réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 18 avril 2013, 29è jour de Germinal dédié à la myrtille, ceci explique cela.

Aujourd’hui, changement de style; foin des anarchistes austères, des jardiniers joviaux, des notaires véreux, des universitaires distingués, des éminents docteurs, des émérites chercheurs et place à la grosse déconnade style noces et banquets. Bon, c’est le printemps, le soleil fait sa réapparition, l’automobile est réparée, les urines sont claires et ma fiancée adore le personnage dont il est question maintenant.

Francky Vincent est né à Pointe-à-Pitre le 18 avril 1956, en Guadeloupe, au sein d’une 220px-Franky_Vincentfamille modeste. Après une jeunesse difficile dans les quartiers chauds de sa ville natale, il abandonne ses études à deux mois du baccalauréat pour occuper un poste d’agent aux écritures au service immatriculation de la sécurité sociale de Pointe-à-Pitre, d’où il est licencié au bout de six mois. Parallèlement, il intègre un petit groupe de banlieue appelé Tabou no 2 en tant que percussionniste et sillonne la Martinique avec ses acolytes pour animer les mariages et les bals populaires. Le groupe sort deux albums, Ambitions et Ti Paulette, au sein des labels Debs music et 3A productions.

 

 

Finalement, il décide de faire cavalier seul et d’abandonner Tabou no 2 pour écrire et composer lui-même des chansons grivoises, voire choquantes. Son premier album solo, vendu sous le manteau, s’écoule à 50 000 exemplaires. Dès les années 80, il est connu de toute la communauté antillaise, vivant à Paris ou dans les Caraïbes, sous les surnoms de « Docteur Porno », « le Zoukeur X » ou encore « Francky malélivé ». DownloadedFileMalgré une interdiction d’antenne (qui est finalement pour lui une très bonne publicité), il perdure et plaît aux touristes. En 1990, il décide de devenir son propre producteur et monte Francky Vincent productions. Il se met à chanter davantage en français afin d’interpeller les Majors et de se développer au niveau national. Ainsi, l’année suivante, son album Alice ça glisse  fait un carton aux Antilles et se vend à plus de 70 000 exemplaires. Il signe deux ans plus tard un contrat de licence avec Arcade et sort la fameuse compilation Fruit de la passion (vas-y Francky c’est bon) qui est un énorme succès. Le titre-phare est le tube de l’été, et l’album rassemble de nombreux succès comme Alice ça glisse, Le Tourment d’amour, Viens dans mon duplex.

Bon et bien voilà, c’était histoire de rigoler, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

Un homme est mort…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 17 avril 2013. Le 28 de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un événement qui n’est, somme toute, pas si lointain. 

En 2010, à l’occasion du soixantième anniversaire de cet événement, 71677225_pj’avais commis ce billet mais, considérant le nombre de nouveaux lecteurs qui ont rejoint ce blog, je vous le repropose aujourd’hui. Nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une augmentation de salaire. Si, si, je vous jure que cela existait… Soudain, des coups de feu éclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE. Photo de gauche. 

 

A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier (à droite) qui venait de terminer Afrique 5O un brûlot dénonçant la politique coloniale, est71677271_p appelé pour réaliser un documentaire sur l’événement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la
89è lui est fatale. Il ne reste pas trace du film. Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau - Lulu femme nue) ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est emprunté à un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense                                                          Que ses bras ouverts à la vie                                                                                 Un homme est mort qui n’avait d’autre route                                                           Que celle où l’on hait les fusils                                                                                Un homme est mort qui continue la lutte                                                             Contre la mort contre l’oubli.

Les Goristes, groupe de chanteurs brestois en on fait une chanson. Aujourd’hui, 60 ans après les faits qui avaient entrainé la démission de l’abbé Pierre de son mandat de député du MRP, les archives s’ouvrent 51944730_penfin et la responsabilité des forces de l’ordre ne fait plus aucun doute. Pierre Cauzien,(à droite) figure du militantisme ouvrier local, s’est éteint dernièrement à l’age de 86 ans, blessé lors de la manifestation, il avait perdu une jambe. Son souhait le plus cher était de « tenir » jusqu’à l’ouverture au public des archives nationales… Aujourd’hui, banksters et patronat n’ont plus besoin de faire tirer sur la foule pour expédier le prolo ad patres, on va le faire bosser jusqu’à ses 70 balais.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Super Mann…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Grèce antique et de la montre en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 16 avril, 27è jour de Germinal dédié à l’Anémone. Quand à nous, nous allons dédié ce billet à un flûtiste des plus talentueux.

Herbie Mann, de son vrai nom Herbert Solomon, est un flûtiste de jazz américain né le 16 avril 1930 et mort le 1er juillet 2003. Dès la fin des années 50, Herbie Mann a images-2contribué à faire de la flûte un instrument de jazz. Mann a souvent incorporé dans sa musique des éléments tirés de la musique africaine, la musique afro-cubaine, la musique d’Europe de l’Est, la musique moyenne-orientale, la musique indienne et de la musique brésilienne. Il débute avec l’accodéonniste Mat Mattews et la chanteuse Carmen McRae.

Dans les années 50-60, il joue avec de nombreux jazzmen ( Sarah Vaughan,Clifford Brown,Chet Baker,Bill Evans,…). Le voici en train de régler son compte au standard Harlem nocturne fameux thème du non moins fameux Mike Hammer. Tiens, on le dédie à Stéphane (il se reconnaîtra).

Précurseur de la world music, il enregistre des albums intégrant des élément puisés DownloadedFiledans les « musiques du monde ». On peut l’entendre avec des musiciens brésiliens ( Baden Powell, Joao Gilberto, Sergio Mendes mais aussi cubains,Carlos Valdes, Willie Bobo ). Fin des années 60, s’éloignant du jazz et de la bossa nova, il s’oriente vers un jazz fusion mâtiné de Rhythm & Blues et de Soul music.  Dans les années 70, il enregistre même quelques albums purement « discos » et des albums avec la chanteuse Cissy Houston. En 1974, il enregistre un album de reggae. Dans les années 80-90, on peut encore l’entendre aussi bien dans des contextes « totalement jazz » (avec Ron Carter,Phil Woods que dans des contextes Rock ou même pop avec Average White Band, Stéréolab…) Il décède à 73 ans à la suite d’une longue maladie comme on dit.

Quand à vous, portez vous bien et à demain peut-être.

TOUTE LA MUSIQUE QUE J’AIME…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la liberté d’expression et du Be bop a lula réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 15 avril, pas le moment de se découvrir d’un fil. Cette date correspond au 26è jour de germinal dédié au lilas ce qui me fait irrésistiblement penser à Serge Gainsbourg et son célèbre poinçonneur, c’était avant Gainsbar.

Si vous aimez le blues, vous aimez forcément Bessie SMITH. Bessie Smith est née le 15 avril 1894 à Chattanooga dans le Tennessee, elle est morte en 1937,images elle fut surnommée « l’impératrice du blues ». Élevée par une famille d’une pauvreté extrême, elle commença très tôt à gagner sa vie en chantant dans les rues de Chattanooga avec son frère Andrew. Devenue une jeune femme, elle rejoint le spectacle ambulant de William et Gertrude Rainey, connus sous le nom de « Ma and Pa ». En 1923,Bessie Smith fait ses débuts d’enregistrement chez Columbia Records avec sa première chanson, « Downhearted Blues » (le Blues abattu). Elle enregistrera finalement 123 chansons pour Columbia au cours de sa carrière musicale. Smith était aussi une des artistes afro-américaines parmi les mieux payées des années 1920, en gagnant quelque $2000 par semaine. Pourtant, sa carrière subit un ralentissement avec le commencement de la Grande Dépression des années 1930. Ecoutez Poor man’s blues (1928).

Le soir du 26 septembre 1937, Bessie Smith est tuée dans un accident d’automobile en traversant Clarksdale dans le Mississippi avec son ami Richard images-1Morgan (oncle du musicien de jazz Lionel Hampton). Bessie Smith a eu une influence musicale importante sur des chanteuses comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Dinah Washington, Nina Simone, Janis Joplin et Norah Jones. Sa voix puissante et son style de chant sont une contribution importante à l’histoire de la musique populaire. Hé oui, toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du Blues… Bon, l’actualité étant ce qu’elle est et toutes choses égales par ailleurs (j’adore cette expression !) vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale.

Mais, vous avez choisi de visiter les cénobites tranquilles à moins que votre présence soit le fruit du hasard et d’une navigation erratique sur le NET; en tous cas soyez en remercié et, repassez donc demain si le coeur vous en dit. C’est ouvert aussi le mardi. Allez, à demain peut-être.

 

Daniel Guerin l’infatigable…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de la haute montagne réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 14 avril 2013, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Ce qui, bien entendu, n’a rien à voir avec ce qui suit. Simplement, le 14 avril est la date anniversaire de la disparition d’un bonhomme qui mérite bien de faire partie de notre galerie de portraits; Daniel GUERIN, militant infatigable et qui ne s’est jamais trompé de combat.

Il est né le 19 mai 1904, à Paris. Militant libertaire et homosexuel, historien et écrivain. Issu de la bourgeoisie (son père était un riche collectionneur d’art) il devient socialiste 64795110_prévolutionnaire, et anticolonialiste à la suite de séjours en Syrie et en Indochine en 1930. Exclu de la SFIO, on le disait proche de Trotsky avec qui il correspondait, il va d’ailleurs créer ce qui deviendra plus tard Lutte Ouvrière. En 1933, il voyage dans l’Allemagne nazie dont il tirera le livre « Fascisme et grand capital ». Durant le front populaire, il est un membre actif des occupations d’usines, et aussi co-fondateur des Auberges de jeunesse. En 1937, il dénonce les agissements des staliniens en Espagne. Envoyé à Oslo pour créer un secrétariat international contre la guerre, il est arrêté en avril 40 par l’armée allemande et interné civil jusqu’en 1942. Aux U.S.A en 1946, il prend part aux luttes des ouvriers et des noirs, avant d’être expulsé en 1949.

L‘écrasement des conseils ouvriers hongrois en 1956 confirme son orientation libertaire. En 1960, il signe « l’appel des 121″ pour le droit à l’insoumission dans la guerre DownloadedFiled’Algérie. Il est inculpé. Il soutient ensuite l’indépendance algérienne. Il prend part aux événements de mai 68 puis crée, avec Georges Fontenis, en 1969, le Mouvement Communiste Libertaire, avant de rejoindre l’U.T.C.L en 1980. Puis il participera aux actions des antimilitaristes, et militera également au F.H.A.R (Front homosexuel d’Action Révolutionnaire). Historien, il est l’auteur de « Ni Dieu, ni Maître, anthologie du mouvement libertaire » (1965), mais aussi de plusieurs essais traitant de politique ou de sexualité. Il meurt le 14 avril 1988. C’est ce que l’on appelle une ligne de conduite. Je lui dédie ce poème d’un autre combattant Armand ROBIN.

Je ne suis qu’apparemment ici.

Loin de ces jours que je vous donne est projetée ma vie.

Malhabile conquérant par mes cris gouverné,

Où vous m’apercevez je ne suis qu’un étranger.

Gestes d’amour partout éparpillés

Je me fraye une voie isolée, désertée.

D’une science à l’autre j’ai pris terrier,

Lièvre apeuré sentant sur lui braqué

Le fusil savant et sûr de la destinée.

Aucune terreur ne m’a manqué.

Allez, voilà pour aujourd’hui, jour du tro Bro Leon qui est peu notre Paris-Roubaix à nous qu’on a en Bretagne armoricaine. Portez vous bien et à demain peut-être.

La Berneri, mais pas en Retz…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour !

Nous sommes donc le samedi 13 avril 2013 et, c’est pas des salades, c’est le jour de la roquette. C’est aussi le jour de la « Giennoise », fidèle lectrice de ce blog, et je vous invite à vous joindre à moi pour lui souhaiter un excellent anniversaire en attendant de pouvoir le faire de vive voix. Bon, c’est pas pour me vanter mais…Il fait beau.

Le 13 avril 1949 voit la disparition d’une grande figure de l’anarchisme, Marie-Louise BERNERI, militante et propagandiste anarchiste.

Fille aînée du militant et penseur anarchiste italien Camillo Berneri, elle est née le 1er mars 1918 à Arezzo (Toscane). Suite aux persécutions de son père par la police 63677618_pfasciste, la famille émigre en France en 1926, où Marie-Louise va faire ses études en psychologie infantile à la Sorbonne. Elle commence à militer avec des anarchistes français à la même époque. En avril 1936, elle part s’installer à Londres. Elle retourne ensuite en France, avant d’aller rendre visite à son père en Espagne. Elle retournera à Barcelone pour assister aux funérailles de son père, assassiné en mai 1937.

Elle rentre ensuite en Angleterre auprès de Vero Recchioni avec qui elle assurera la rédaction et l’édition du journal « Spain and the World » (1936-1939) et deviendra sa compagne en décembre 1937. Bonne oratrice, elle prend part à diverses conférences et actions militantes, récolte des fonds pour les orphelins de la guerre d’Espagne et anime l’Union des groupes anarchistes de 63677791_pGrande Bretagne. Elle sera également rédactrice des journaux « Revolt! »(1939), puis « War Commentary » (seul organe antimilitariste dans un pays en guerre). Elle fera également vivre les éditions « Freedom Press ». Elle entretiendra une importante correspondance avec les compagnons d’Amérique et d’Europe. En 1945, les autorités anglaises désirant mettre un terme à ces « activités séditieuses » (antimilitaristes) intentent un procès à Marie-Louise, Vernon Richards, Philip Sansom et John Hewetson, mais alors que ses compagnons sont condamnés à 9 mois de prison, elle est acquittée (grâce un article de la loi anglaise qui dit qu’une femme ne peut conspirer avec son mari (sic). Son action ne se limite d’ailleurs pas à la stricte propagande militante; passionnée par la psychologie, elle popularisera en Angleterre les ouvrages de Wilhelm Reich, et s’intéressera avec son compagnon à la photographie.

Après sa mort, se constituera un Comité en sa mémoire, lequel éditera ses ouvrages posthumes: « A tribute » (1949), » Journey through Utopia  » (Voyage à travers l’Utopie) 1950, « Neither East nor West »(1952) anthologie de ses articles de 1939 à 1948. A noter également que son nom sera donné, de 1951 à 1957, à une Colonie libertaire d’enfants (Colonia Maria Luisa Berneri), créée par sa mère Giovanna et Cesare Zaccaria, à Piano di Sorrento (Italie).

« Nous ne bâtissons pas notre mouvement sur d’obscures idées. Peut-être que nous devrions produire moins d’idées, mais nous devrions être capables de les comprendre complètement et de les expliquer aux autres à tout moment. » j’en connais qui devraient s’en inspirer.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

De Woodstock aux vieilles charrues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du flower power et du rhum arrangé réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 12 avril 2013, 23è jour de Germinal dédié au marronnier ce qui m’amène à rééditer mon billet de l’an passé (marronnier oblige). Pour ma part j’ai choisi d’évoquer la figure de Abbie Hoffman, décédé un 12 avril en 1989.

Abbott « Abbie » Hoffman était un activiste anarchiste sur la scène politique et sociale américaine durant les années 1960 et 1970. Il est connu entre autres pour être un des timthumb.phpfondateurs du Youth International Party (yippies). (ici à l’universite d’Oklaoma en 1969).  Encore maintenant, il reste un symbole de la rébellion et du courant révolutionnaire qui animait une partie de la jeunesse américaine. Hoffman est né dans la ville de Worcester dans le Massachusetts. Il est diplômé en 1959 à l’université de Brandeis, où il étudie Marcuse, un philosophe dont les soixantehuitards se souviennent. Mariage, enfants, divorce, remariage… Avant de s’engager dans le mouvement Yippie, Hoffman militait aussi au sein du Student Nonviolent Coornating Committee. Il organise également le Liberty House, qui vend des objets pour supporter le Mouvement des droits civiques dans le sud des États-Unis. Petite pause mucicale, admirez Joe Cocker dans ses oeuvres: Woodstock 1969.

Au cours de la guerre du Viêt-Nam, il utilise souvent l’humour et la comédie lors de manifestations. Par exemple, il tente de faire léviter le Pentagone en utilisant l’énergie Psychique. Un des plus brillants exploits de Hoffman est de se présenter avec un groupe d’activistes sur la galerie de la bourse de New-York. De là, il jette des faux billets de banque sur les gens qui se trouvent plus bas. Ceux-ci se ruent sur les faux billets. Depuis, on a installé des barrières à cet endroit pour éviter le même genre d’événement. Hoffman a été arrêté pour conspiration et incitation à une émeute pour le rôle qu’il a joué durant la Democratic National Convention en 1968 à Chicago. Il fait 1909719359_1partie du groupe connu sous le pseudonyme de Chicago Seven, parmi lesquels se trouvent également Jerry Rubin et d’autres activistes radicaux, dont le futur sénateur de Californie, Tom Hayden. Durant son jugement, Abbie Hoffman aurait conseillé au juge l’usage de LSD. Au festival de Woodstock en 1969, on se rappelle son interruption pendant le Spectacle des Who. Hoffman monta sur la scène et interrompit Towshend en criant « I think this is a pile of shit, while John Sinclair rots in prison… ». Mécontent, le musicien lui répondit « Back off! Back off my fucking stage! ».  Les versions divergent, mais il semble que l’anglais fit fuir l’activiste assez brutalement à coups de guitare. images-1Townshend déclara plus tard qu’il était d’accord avec Hoffman sur le sort de John Sinclair, un activiste anarchiste mis en prison, mais qu’il était prêt à recommencer si jamais il était pris dans la même situation. Vous vous souvenez Woodstock : Richie Havens, ravi Shankar, Joan Baez, Santana, Janis Joplin, The Who, Joe Cocker, Jimi Hendrix, Crosby-Stills-Nash & Young… Bon, allez, rendez-vous aux « vieilles charrues ». Hoffman est aussi l’auteur des livres Steal This Book et Fuck the System, où on apprend diverses choses, comme la culture de marijuana et la confection de bombes artisanales. En 1973, la police l’accuse de trafic de cocaïne. Après une chirurgie esthétique et des années de clandestinité Hoffman se livre aux autorités. On lui doit l’article déclenchant le débat sur les circonstances de la libération des otages américains détenu en Iran, connu sous le nom de October Surprise. Hoffman a été retrouvé mort le 12 avril 1989 d’une overdose de médicaments, la version officielle concluant à un suicide.

Personnage déconcertant mais qui a laissé son empreinte dans cette histoire des sixties. Normal qu’il se retrouve dans les colonnes des cénobites. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

DE LA COUPE AUX LEVRES…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 avril 2013, date qui correspond au 22è jour de germinal que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Je vais donc en profiter pour vous parler d’une galloise… En effet,  les celtophiles eux, célèbrent ce jour là Kerridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de laCerridwenStatueBronze fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et attribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est rempli d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Rassemblez vous autour de la cheminée et oyez l’histoire de Keridwen.

Femme de Tegid Foel (tedig ar moal en breton), elle donne naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de imagesla terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance pendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Morda et Gwion Bac’h, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bac’h qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bac’h). Ceridwen eut un autre fils, du nom de Morfran, qui était si laid que personne ne voulut le combattre lors de la bataille de Camlann car ils le prirent tous pour un démon tant sa laideur était grande.

Voila pour la petite histoire du jeudi. On le voit, la potion magique de Panoramix,images-1 méticuleusement concotée dans son chaudron, a elle aussi ses sources dans notre vieille histoire bien avant que les menhirs ne se transforment en croix, les fontaines sacrées en bondieuseries apostoliques et romaines (re-salade) et les déesses des Tuatha De danann en saintes nitouches…

Et si on s’arrêtait là pour ce jour. La route est longue et le chemin pentu comme disait un ancien premier ministre qui se piquait de philosophie. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.