LES TROIS HUIT…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 27 avril 2013, huitième jour de Floréal dédié au champignon.

Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la CC_33776revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette
reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Et, puisque nous approchons du 1er mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Nous sommes le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste The Alarm afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.

 

Tiens, petite pause musicale en compagnie de Gaston Montéhus qui nous assure: y’a que des honnêtes gens dans l’gouvernement…

Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la spip.phppolice charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule). Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde. Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Voilà pour ce petit rappel historique du samedi. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

2 commentaires

  1. Glenn

    Super article !
    Bien illustré, savamment rythmé, simplement raconté…. j’ai tout compris !
    Non sérieux bel article. Nous pour le 1er mai, on envahit la rue de St Malo pour la fête de la paresse. A Rennes, on a encore des anar….

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