La serfitude…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des saintes écritures et des romans de gare réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 10 avril 2013, 21è jour de Germinal dédié au Gainier. Rien à voir avec le « bon culottier » de la chanson mais un arbuste encore nommé « arbre de Judée », au motif, me dit-on, que Judas s’y serait pendu. Si tous ceux qui trahissent l’imitaient, les promenades au bois de Keroual ressembleraient vite à la ballade des pendus chers à ce vieux Villon.

Je ne cesse de m’interroger sur cette capacité qu’ont les peuples à accepter le sort que la phinance internationale leur réserve. Cette aptitude à courber l’échine, cette images-2résignation évoquée dans mon billet d’hier; « patience et résignation » disait le président du Conseil en 1834 ! Aujourd’hui on nous dit: il n’y a pas d’alternative, il faut consentir à des sacrifices, soyez patients et la relance viendra… Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi donc est-ce ainsi que les hommes vivent.

J‘ai beau chercher, je ne trouve pas mieux… Pour moi, elle reste la plus belle quel que soit l’interprète. J’avoue tout de même avoir une petite préférence pour Marc Ogeret. Oui, en effet, on est en droit de se poser la question. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Exploités, courbés, saignés aux quatre veines, ils en redemandent. Il y a images-1pourtant longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait, il faut qu’ils y retournent. Cela fait plus de 450 ans que Etienne de la Boëtie, qui n’avait que 18 ans à l’époque, écrivit son discours dans lequel il posait la question: Comment se peut-il que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ». Aujourd’hui on nous explique, paroles d’experts à l’appui, qu’il va falloir travailler davantage et plus longtemps et plus longtemps encore pour une retraite pas garantie du tout. Et pour faire passer la pilule amère, on va vous donner de la télé et des jeux sur internet. La Boétie condamne ainsi ces « drogueries »: Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, lesimages tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. On dirait vraiment qu’il parle de TF1 ! Mais fort heureusement, La Boëtie ouvre une porte à l’espoir, celle de la résistance: « Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion … Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir. »

Je subodore, amis visiteurs que vous faites partie de ceux là et que ce modeste blog que vous me faites la joie de consulter saura vous encourager à pousuivre dans la voie de la résistance. Amen !  Allez  tiens, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Portez vous bien et a demain peut-être.

 

4 commentaires

  1. jancyve

    La culture coûte cher, essayez l’ignorance! c’est pas mal non plus?

  2. Corsico

    …Il y a longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait…
    … »Vous donne la roche à labourer
    vous dites les semailles sont difficiles
    avez-vous semé ?
    Vous donne le champ de roc et rocailles à germer
    vous dites la semence est fragile
    avez-vous glané ?

    Vous donne les pluies et bruines pour arroser
    vous dites nul n’est docile
    avez-vous chanté ?

    Vous demande si la duraille trahit
    pourquoi Dieu serais-je fidèle à mon pays ?

    vous donne les blés la saison est close. »
    C’est pas moi qui l’exprime, c’est Glenmor. D’ailleurs il intitule ça: VIVRE.
    Non mais, sans rire…….

  3. Sceptique

    C’est vrai, le présent est toujours difficile, mais le passé ne s’efface pas assez vite, et le souvenir de révolutions ayant abouti au goulag ou à la terreur n’est pas encore perdu. Patience, patience.

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