Grandola vila morena…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la mécanique quantique et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 25 avril 2013, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie. Ceux d’entre vous qui suivent ce blogue depuis un certain temps connaissent la ficelle; lorsque je suis un peu débordé par les aléas de la vie domestique, je poste un billet déjà paru il y a quelques mois ou quelques années. C’est le cas aujourd’hui et il se trouve que chaque année à cette période mon esprit vagabonde facilement du côté de lisbonne.

Or donc, les hasards de la vie et une amie lusitanophile m’ont permis de me trouver au Portugal à cette époque là. Il régnait dans les rues une ambiance comme je n’en ai images-1jamais rencontré nulle part ailleurs. J’imagine que les berlinois ont connu la même chose lorsque le mur est tombé. Je possède encore sur une vieille cassette l’enregistrement de la célèbre chanson, Grandola vila morena, qui, diffusée à la radio, déclencha les évènements. Des noms résonnent encore en ma mémoire: Cunhal, Suarez, De Carvailho, Eanes… Le 25 avril 1974, le Portugal se libérait d’un demi-siècle de fascisme. L’espace d’une nuit, une révolution pacifique fut menée par les forces militaires et fit tomber la dictature en place. Le pouvoir se rendit presque sans résistance, s’apercevant bien vite qu’il n’avait aucune chance, et qu’il s’était laissé dépasser par les événements.

Le 25 avril au matin, le soleil sur le Portugal était particulièrement radieux. Il n »avait plus la même couleur, car teinté de liberté, cette liberté qui coulait soudain à flots dans images-2les larmes de joie, et jaillissait à nouveau comme l’eau d’une fontaine abreuvant d’espoir tout un peuple jusque là opprimé. Les portugais, tous les portugais, enfin presque, se sont joints aux forces armées avec une ferveur indescriptible. On dansait, on jubilait, on criait autant que l’on pouvait le mot interdit jusqu’alors… le mot « Liberté », partout dans les rues. au petit matin nous étions dans la Confeitaria nacional dans la Baîxa pour déguster leurs fameux pastei de nata. Essayons d’imaginer un instant la vie de millions de portugais pendant une cinquantaine d’années, opprimés, sans aucune liberté d’expression, espionnés et enfermés à tour de bras par une police politique noire et pesante, dans une société sclérosée, fermée à tous égards sur elle même, et en complet déclin économique. Le Portugal pourrissait peu à peu, ses infrastructures se sont dégradées pendant des dizaines d’années, la misère battait son plein dans un pays situé en pleine Europe, et les portugais devaient émigrer vers dautres pays pour prétendre à un minimum de décence de vie. Maintenant, tout allait changer…Cette révolution du 25 avril 1974 fut un modèle, tant par son organisation que par sa non violence. Quelqu’un eut l’idée d’offrir à un soldat un œillet, qu’il s’empressa de mettre symboliquement au bout de son fusil. Tous les soldats l’imitèrent, et furent bientôt suivis par la population. Les œillets apparurent alors aux fenêtres, partout à travers le Portugal, en signe de joie, de victoire, de paix et de délivrance.Le mythe étaitimages-3 né. Cette révolution du 25 avril fut appelée « Révolution des œillets », depuis, les choses ont évoluées. On a oublié l’utopie, la terre redistribuée aux paysans, les coopératives ouvrières, les quartiers auto-gérés… Il a fallu géré les « retornados » c’étaient leurs pieds- noirs à eux, ceux qui rentraient des colonies portugaise libérées, Guinée-Bissau, Angola, Mozambique, Cap Vert. Le 25 avril est depuis cette date un jour férié au Portugal. Voilà donc un anniversaire qu’il ne fallait pas manquer. Chaque fois qu’une nation se libère du joug d’une quelconque dictature, on devrait en faire un jour férié dans le monde entier. Allez, merci de votre fidélité, portez vous bien et à demain peut-être. Aujourd’hui ce n’est plus la bande à Salazar qui impose au peuple portugais une politique inacceptable mais la troïka des banksters (UE,Banque centrale,FMI). Ah, que revienne le temps des oeillets et celui des cerises…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

2 commentaires

  1. Fabig

    C’est bien d’avoir une amie lusitanophile !

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